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Le pourquoi et le comment [cliquer pour dérouler]
S’il y a un point de vulnérabilité majeur pour l’agglomération clermontoise, c’est bien l’amplitude des canicules à venir. Ce printemps de tous les records nous le rappelle bien. Et si on continue à mettre les sujets environnementaux sous le tapis, ils pourraient se montrer bien plus dévastateurs que les faits divers les plus médiatisés du moment, aussi alarmants soient les faits en question.
Prenons tout de même les choses par leur côté heureux et encourageant, comme on essaie de le faire le plus possible dans le « média du vivable » qu’est Tikographie. La métropole se transforme, ça fait râler du monde, ça ne va pas assez vite, mais ça va aussi trop vite et c’est parfois perçu comme brutal. Cependant dans tout ça, il y a des havres de paix, de fraîcheur et de verdure où on peut se réfugier : du bruit ambiant, des polémiques, de la chaleur…
En cette mi-juin où la canicule est déjà de retour après celle de mai, allons prendre un bain de fleurs, d’ombre douce et de tranquillité.
Marie-Pierre
Trois infos express [cliquer pour dérouler]
- Le parc Saint-Jean, conçu comme un îlot de verdure et de fraîcheur dans un quartier en pleine mutation, a été ouvert au public il y a un an. Il démontre déjà la pertinence de ses aménagements en rupture avec les parcs urbains traditionnels : pas de clôture, des espaces laissés en libre évolution, des brumisateurs pour se rafraîchir, des petits îlots pour créer une intimité, une zone humide pour recueillir l’eau des rases, des étendues d’herbe plus proches de la prairie que du gazon ras et uniforme.
- La végétation remplit déjà bien ses fonctions, notamment grâce à de grands arbres préservés des époques antérieures, à partir desquels le parc a été conçu. Une grande allée de platanes, notamment, prodigue déjà une belle ombre, appréciable aux heures chaudes. Et la plupart des végétaux ajoutés autour d’eux se sont bien acclimatés. Le fleurissement foisonnant, la diversité des espaces et des cheminements achèvent de rendre le site agréable et séduisant.
- Peu à peu, les habitants et travailleurs du quartier s’approprient le lieu. Des classes d’écoliers viennent parfois prendre un cours en plein air dans son théâtre de verdure. Mais la prochaine étape lui apportera probablement plus d’animation, car il est prévu une opération immobilière sur le terrain adjacent. Ce projet devrait être défini d’ici à la fin de l’année.
| Pour comparer avec la version « en cours d’élaboration » du parc, lire le précédent reportage, paru le 25 mars 2025 : « Le parc urbain du futur prend forme à Saint-Jean » |
Retourner sur les lieux d’un parc public qu’on a visité uniquement durant le chantier de son aménagement a quelque chose de spectaculaire. Un an après son ouverture, même en cette fin de canicule précoce où je l’ai visité, la végétation est devenue luxuriante. Elle prodigue ombre et fraîcheur, invite à s’étendre dans l’herbe et réjouit l’œil.
Joint par téléphone, Romain Sarry, le responsable du projet pour la SPL, confirme la réussite de celui-ci : « Un constat de plantation a été fait avant l’ouverture, puis à l’automne, car les arbres plantés ont une garantie. Nous avons été amenés à remplacer seulement quinze arbres sur près de 420, ce qui est un très bon résultat. Les plantes vivaces se sont bien tenues aussi. Le choix de l’arrosage au goutte-à-goutte a sans doute joué. Les massifs sont denses, ils restent frais et ombragés. »
« Aucun dysfonctionnement majeur n’est constaté. »
Il a pu constater aussi que le quartier s’est bien approprié les lieux : peu de dégradations, des écoles qui viennent occuper l’amphithéâtre pour un cours, le terrain de pétanque investi quasi quotidiennement aux beaux jours, des brumisateurs qui ont été bien utilisés l’an dernier, a-t-il constaté. Il précise les rares améliorations qui ont été nécessaires : « Les sièges tulipes colorés ont été victimes de leur succès et nous avons dû mettre des pavés de basalte à leur pied car l’herbe avait disparu. Nous avons ajouté des accoudoirs aux bancs. Et les usagers évoquent parfois qu’il manque peut-être un ou deux jeux sur l’aire réservée aux enfants. »
Il reste quelques points en suspens. La clôture restée optionnelle est toujours à l’étude. « Ce sera à la nouvelle municipalité de décider de son déploiement, poursuit Romain Sarry. Une solution de caméras de surveillance est également possible. Mais nous faisons un point régulier avec les services de police municipale et aucun dysfonctionnement majeur n’est constaté. »
Vous n’avez pas encore visité ce petit îlot refuge entre les zones commerciales et industrielles du quartier Saint-Jean ? Allons-y…
Se balader
Le parc n’est pas immense, mais il est une vraie invitation à l’arpenter dans tous les sens. D’abord grâce à la diversité des espaces, mais aussi par la qualité même des allées. Et même, dès l’abord, par la facilité à y entrer.




S’activer
S’activer ? En fait, pas trop. En tout cas, un jour de semaine en milieu d’après-midi, quand il fait plus de 25°C, je peux témoigner qu’il n’y a pas grand monde pour s’agiter.

Se poser





Contempler
Car tout compte fait, qu’on y vienne pour se reposer, pique-niquer, courir, bavarder ou s’amuser, ou pour trouver un refuge à la chaleur, cette ambiance accueillante est entièrement créée par un élément central : le végétal. Dans l’ensemble, la place qui lui est laissée est moins contrainte que dans un parc traditionnel. La pelouse a des allures de prairie. La plupart des plates-bandes ne sont pas disciplinées et donnent une impression de fouillis naturel et luxuriant.





À suivre…
Et pour conclure ? Elargissons la focale. La prochaine étape de l’aménagement du quartier sera immobilière. Tout un espace attenant au parc a été réservé à la construction d’immeubles de logement. « Nous espérons avoir un projet à la fin de l’année, pour une livraison d’ici à 2030 environ », indique Romain Sarry.
Cette opération va conditionner les aménagements paysagers suivants : d’un côté, un mail végétalisé qui traversera cet îlot d’immeubles pour relier le parc au boulevard. De l’autre, un espace formant comme une enclave derrière le gymnase et le lycée voisins. Car l’idée, pour cet espace, est de proposer des fonctions que le parc n’offre pas : potagers, équipements sportifs… « Mais nous prévoyons une co-élaboration avec les premiers habitants », précise le responsable de l’aménagement du secteur. Un point de plus pour la réussite de ce quartier-du-futur.
Reportage (texte et photos) Marie-Pierre Demarty, réalisé jeudi 21 mai 2026. À la une : une après-midi paisible au parc Saint-Jean, entre l’allée bordée de platanes (premier plan) et l’amphithéâtre (en arrière plan).
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