Pampa veut convertir l’Auvergne au réemploi du verre

Par

Marie-Pierre Demarty

Le

Lavage de verre pour Pampa

Des bouteilles et bocaux consignés, lavés et récupérés par les producteurs locaux pour être réutilisés : c’est le système vertueux que Pampa veut déployer en Auvergne. Un projet (enfin) en phase de concrétisation.


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Le pourquoi et le comment

Déjà à l’époque où nous avons écrit le livre « Si on ne le fait pas, qui le fera ? », Véronique Guiraud, alors directrice de Macéo qui a été le porteur du projet jusqu’à début 2022 nous avait raconté les nombreuses péripéties de Pampa, avant de se mettre en retrait et de transmettre la mission de nous répondre à Maxime Fritzen, un autre fervent défenseur du projet. Car Macéo était en pleine liquidation.

Un an plus tard, j’avais voulu m’enquérir de l’avancée du projet pour un reportage ici-même. Mais cette fois, c’est l’entreprise d’insertion Avenir qui s’était montrée réticente : elle était à son tour en dépôt de bilan.

Ce n’était là que deux péripéties parmi beaucoup d’autres d’un projet qui a émergé après de nombreuses années de gestation. Malchance ? Peut-être, mais cela illustre aussi la complexité qu’il faut prendre en compte quand on veut être le plus vertueux possible sur le plan social, écologique, territorial, démocratique et en même temps assurer la viabilité économique de ce qu’on imagine. Car il faut tenir compte de toutes les contraintes, des motivations et impératifs de toutes les parties prenantes, passer du temps à discuter et convaincre, avancer pas à pas pour ne pas trébucher, combiner différentes temporalités, et souvent, amalgamer des petits bouts de solutions pour faire tenir tout cela dans la durée.

Pas étonnant que les solutions plus simples aient été longtemps préférées. Du genre : un opérateur unique, beaucoup d’argent, beaucoup d’énergie (fossile de préférence), des fournisseurs pas chers quitte à aller les chercher au bout du monde, le moins d’employés possible…

Alors pourquoi s’embêter à faire compliqué quand on peut faire simple ?

Pour être plus solide, plus durable et plus résilient, pardi !

Marie-Pierre

Quelques chiffres

En théorie, une bouteille peut être réutilisée jusqu’à 50 fois, et en pratique jusqu’à 20 fois en moyenne.

Le réemploi réduit les déchets et l’extraction de matière première.

Par rapport au recyclage, il diminue l’impact environnemental de 76% sur la consommation d’énergie, 33% sur celle de l’eau et 79% sur l’émission de gaz à effet de serre.

Par rapport à un contenant à usage unique, une bouteille réemployable émet 85% de CO2 en moins qu’une bouteille en verre, 70% de moins qu’une bouteille en plastique et 57% de moins qu’une canette en alu.

Données sourcées à retrouver sur le site de Pampa.


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On commence à les repérer dans les premières supérettes bio de la région qui participent à l’opération. Dans les rayons : des bouteilles ou des bocaux étiquetés « Je suis consignée ». Et à l’entrée des magasins, des casiers qui s’empilent, estampillés « Pampa ».

Pour les plus anciens, cela rappelle de lointains souvenirs : ceux où l’on allait à l’Économat du quartier avec le panier métallique garni de six bouteilles vides que l’on restituait avant d’en acquérir autant de pleines.

Pour les plus jeunes, pour peu qu’ils soient sensibles aux questions écologiques, ils se réjouissent de voir apparaître ce geste simple qui peut sembler une évidence : celui qui va contribuer à substituer le verre réutilisable au plastique jetable. Mieux que le recyclage, le réemploi fait son apparition en Auvergne et est dans les starting-blocks pour se déployer à une échelle intéressante.

« 90 % des Français sont favorables au retour de la consigne. »

Guillaume Angot

« Le sujet n’est pas clivant ; les études montrent que 90 % des Français sont favorables au retour de la consigne », confirme Guillaume Angot, coordinateur de Pampa, embauché en début d’année pour faire passer le processus retour-lavage-réemploi du verre de l’idée à la réalisation. Enfin.

Parcours d’obstacles

Il y avait des prémices : une organisation circulaire dans la métropole clermontoise avec Raboule, des producteurs en vente directe qui ont leur lave-vaisselle et s’arrangent avec leur clientèle, et même une première expérimentation du projet Pampa en 2022…

Il y a eu aussi toutes les embuches rencontrées dans la création de Pampa : la longueur des discussions dans un projet qui se veut très collectif, la fermeture successive de deux partenaires centraux dans le projet, la difficulté à engager une dynamique sans moyens humains suffisants pour convaincre les acteurs potentiels, la complexité des questions techniques, logistiques, organisationnelles dans un monde où tout (ou presque) est organisé pour jeter systématiquement ce dont on ne se sert plus…

Avec tout ça, le projet a failli capoter plusieurs fois mais s’est toujours relevé, d’abord grâce au volontarisme de ceux qui le portaient. Car ils n’ont jamais douté de sa pertinence, à l’image de Véronique Guiraud : ancienne directrice de Macéo – porteur initial du projet qui a été liquidé en 2022 – elle est restée bénévolement aux commandes de l’association pour assurer la réorganisation et la pérennisation de cette initiative. A l’image aussi du Valtom, qui soutenu le projet par un financement significatif qui sera poursuivi autant que nécessaire.

« C’est un outil à plusieurs millions d’euros, et une capacité de traiter 8 millions de bouteilles par an. »

Guillaume Angot

Pampa, c’est l’acronyme accrocheur qu’ont trouvé les partenaires de la « Plateforme d’activités mutualisées des producteurs auvergnats » pour populariser cette initiative. L’association créée en 2020 se veut cependant plus qu’un groupement de producteurs, mais plutôt une véritable filière locale, comme le reflète son conseil d’administration où sont représentés aussi bien des producteurs ou transformateurs que des structures comme le Valtom déjà cité, l’Association pour le développement des monnaies locales (qui gère la doume), la ressourcerie du Pays d’Issoire, l’agglomération du Pays d’Issoire et deux particuliers (dont Véronique Guiraud).

Lire aussi le reportage : « A la ressourcerie d’Issoire, tout ce qu’on veut et tout ce qu’on ne veut plus »

La grande vaisselle

En quoi consiste-t-elle précisément ? En un vrai projet d’économie circulaire à l’échelle de l’Auvergne, dans le sillage des quelques pionniers qui l’ont précédé, comme en Rhône-Alpes, en Alsace, dans le Jura, à Toulouse ou Bordeaux.

La circularité s’organise en quatre points cardinaux. Le premier est celui des producteurs ou transformateurs de produits alimentaires. Ils fabriquent près de chez vous de la bière, des soupes, du jus de pomme ou de la compote, des confitures et même du kombucha. Jusqu’à présent, chaque « fournée » de leurs produits était conditionnée dans des contenants neufs. Solides, pas chers, importés allez savoir d’où.

Essuyage des bouteilles et bocaux aux Brigades Nature
Essuyage des bouteilles et bocaux aux Brigades Nature. L’atelier de Riom emploie quotidiennement 14 personnes. – Photo Marie-Pierre Demarty

Avec Pampa, ils vont récupérer bocaux et bouteilles lavés dans deux unités de lavage : le deuxième des points cardinaux. « Pour les bouteilles classiques, qui sont standardisées, nous nous sommes rapprochés d’un outil de lavage créé à Chabeuil, près de Valence, par trois structures de réemploi centrées sur Lyon, Grenoble et Valence. Ce n’est pas si loin et toujours en région Auvergne-Rhône-Alpes, avec trois partenaires qui travaillent dans le même état d’esprit. C’est un outil à plusieurs millions d’euros, et une capacité de traiter 8 millions de bouteilles par an. Cela ne valait pas la peine d’en créer un nouveau, même plus près, tant que celui-ci n’atteint pas sa pleine capacité », explique Guillaume Angot.

« Les bouteilles sont toutes au même format. On ne trie pas les contenants de chaque producteur. »

Christophe Chouvy

Le deuxième outil est plus modeste : c’est une structure d’insertion située à Riom du nom de Brigades Nature. L’atelier de Riom prend en charge, de façon artisanale, les bouteilles à gros goulot et les bocaux (voir encadré ci-dessous). Avec une complication pour ces derniers : ils sont beaucoup trop divers pour être retournés de façon indifférenciée chez n’importe quel producteur. C’est pourquoi le producteur, dans ce cas, amène ses propres bocaux qu’il se charge de récupérer et de livrer à Riom lui-même. Mais Pampa a quand même un rôle à jouer dans la mise en relation de Brigades Nature avec les clients.

A la découverte de l’atelier Brigades Nature (cliquer sur le bandeau noir)

A Riom : un lavage artisanal pourvoyeur d’emploi

L’atelier de lavage se situe dans un des bâtiments du site riomois des Brigades Nature – qui appartenaient à l’entreprise d’insertion Avenir jusqu’à sa reprise au printemps dernier – entre Riom et Ennezat. Un établissement qui a en parallèle une activité d’entretien des espaces verts, plus classique dans les structures d’insertion.
Pour le lavage, il emploie treize personnes, presque toutes en parcours d’insertion professionnelle. Pas pour le lavage proprement dit, qui se fait dans un gros lave-vaisselle, mais pour le prélavage, qui permet notamment de décoller les étiquettes et d’enlever les gros résidus alimentaires, par trempage dans l’eau chaude… Pour les résidus trop secs qui résistent, il faut même secouer la bouteille après y avoir mis vinaigre et gros sel.

Prélavage des bouteilles pour Pampa à Riom
Le prélavage prend du temps : il faut faire tremper les bouteilles dans l’eau chaude, décoller les étiquettes, éliminer les résidus de nourriture… – Photo Marie-Pierre Demarty

Main-d’œuvre également nécessaire pour l’essuyage, qui se fait pièce par pièce, au torchon. Une dernière étape permet de contrôler l’état des bouteilles et bocaux avant de les empiler dans des racks pour les restituer au producteur client.

Question de format

« Les bouteilles sont toutes au même format, explique Christophe Chouvy, le responsable de l’atelier. On ne trie pas les contenants de chaque producteur ; nous veillons simplement à lui restituer le même nombre que ce qu’il nous a apporté. »
Pour les bocaux, c’est différent : chaque lot apporté est restitué à son propriétaire. « Il y a une multitude de modèles, tous différents mais qui se ressemblent parfois beaucoup. Une de mes clientes m’a expliqué qu’elle stérilise les bocaux empilés par couches de 50. S’il y en a un qui dépasse légèrement, ce sont les cinquante qui risquent d’être cassés. On ne peut pas prendre ce risque. Il nous faut donc être rigoureux », poursuit-il.

« Pampa nous permet d’avoir un interlocuteur unique, qui va chercher des clients. »

François Ménard

Avec un lave-vaisselle qui nettoie 36 bouteilles en même temps, l’atelier a la capacité de laver 600 bouteilles par jour. Ou un nombre de bocaux difficilement quantifiable car il dépend bien sûr de leur taille.

Le lave-vaisselle de Brigades Nature
L’atelier de Brigades Nature est équipé d’un gros lave-vaisselle, qui peut laver 36 bouteilles à la fois. – Photo Marie-Pierre Demarty

Pampa facilitateur

« Nous ne travaillons pas uniquement dans le cadre de Pampa mais aussi pour des producteurs qui n’en font pas partie, dont deux gros clients réguliers », explique le directeur de l’établissement, François Ménard. Dans le cas du lavage à Riom, Pampa ne se charge pas de la logistique, mais l’intégration à ce dispositif apparaît tout de même intéressante : « Pampa nous permet d’avoir un interlocuteur unique, qui va chercher des clients, poursuit M. Ménard. Cela apporte aussi un cahier des charges commun à tous et amène les producteurs clients à utiliser des contenants standard, de la colle hydrosoluble. Cela nous facilite les opérations et nous permet de nous développer. »
De fait, l’achat d’un deuxième lave-vaisselle est d’ores et déjà envisagé. Et qui sait, avec les perspectives annoncées par Pampa, jusqu’où ira le petit atelier riomois…

L’art de la collecte

Mais pour les bouteilles, un troisième acteur entre en jeu : les points de collecte. Pour l’instant, il s’agit logiquement des magasins bio – donc déjà sensibles aux démarches écologiques – qui vendent les produits commercialisés par les producteurs partenaires de Pampa. Et même provenant d’autres régions, pourvu qu’ils soient engagés dans la démarche du réemploi. « Nous collectons toutes les bouteilles consignables, qui peuvent contenir par exemple du vin produit hors de la région mais consommé en Auvergne. Nous les livrons à Chabeuil, qui nous trouve des marchés pour celles qui ne conviennent pas à nos producteurs locaux. Les bouteilles de type bordelais que nous collectons vont ainsi être revendues dans le sud-ouest », poursuit Guillaume Angot.

Les casiers de Pampa à Biovic
Biovic, la supérette de Vic-le-Comte, est un des trois premiers magasins à accueillir le système de consigne de Pampa. Les casiers pour récupérer les bouteilles sont installés à l’entrée du magasin depuis octobre. – Photo Marie-Pierre Demarty

Les trois premiers magasins à avoir accueilli le système de consigne, dès septembre dernier, sont deux Biocoop, à Riom et Bellerive, ainsi que la supérette indépendante Biovic à Vic-le-Comte. Guillaume Angot est heureux d’annoncer qu’un accord a été passé avec la marque Biocoop pour pouvoir collecter dans tous ses magasins en Auvergne. Mais pas seulement : « Nous prévoyons d’ouvrir un à deux points de collecte toutes les semaines jusqu’à la fin de l’année, puis d’accélérer le déploiement en 2024, détaille-t-il. Il y a une cinquantaine de magasins bio dans la région, mais nous visons d’autres endroits aussi : des magasins de producteurs, d’autres lieux engagés, voire des déchetteries ou des recycleries. A terme, pourquoi pas, même chez des particuliers – la limite étant l’opération de déconsignation… mais peut-être ne sera-t-elle plus nécessaire à terme. »

« Il y a une cinquantaine de magasins bio dans la région. »

Guillaume Angot

La déconsignation, ce sont les 50 centimes qui vont être restitués au consommateur qui a fait l’effort de rapporter une bouteille vide – pourvu qu’elle soit estampillée de l’étiquette qui le stipule. Car bien sûr, la circularité ne serait pas possible sans ce dernier acteur : le consommateur.

Lire aussi l’entretien : « Emmanuelle Pannetier travaille sur l’économie circulaire car « c’est au niveau territorial qu’on aura le moins d’impact »

Le réemploi, facteur d’emploi

Car il est indispensable qu’il joue le jeu. C’est un des points que l’expérimentation de l’an dernier a soulevés : si tout le monde ou presque trouve le principe très bien, dans la pratique le client a besoin d’un coup de pouce. « Au départ, nous avons lancé l’opération sans déconsignation, poursuit Guillaume Angot. Nous avions un assez bon taux de retour, mais on se rend compte que la consigne remboursée le multiplie par trois, le faisant monter à 50 ou 60%. »

« La fin annoncée du plastique nous pousse à nous intéresser en premier aux bouteilles. »

Guillaume Angot

Guillaume rêve de pouvoir embarquer les collectivités et établissements publics. Ils ont tout intérêt à voir diminuer les volumes de verre à recycler ou directement jetés à la poubelle ou dans la nature, mais aussi à voir se développer des emplois locaux, y compris dans l’insertion. En ce sens, ils pourraient jouer un rôle de poids sur l’engagement du territoire, à l’image du Sictom de Montluçon, nouvel adhérent qui s’apprête à engager un vrai travail de développement territorial sur le sujet.

Autres acteurs à mobiliser : les associations et autres collectifs engagés, pour sensibiliser le plus largement possible, car avec un salarié et bientôt deux, Pampa ne peut évidemment pas tout faire.

Bouteilles consignées avec le logo de Pampa
Le consommateur a aussi son rôle à jouer en rapportant les contenants vides. Sur certains, il peut même récupérer 50 centimes de déconsignation. – Photo Marie-Pierre Demarty

Car les enjeux sont considérables, notamment avec l’évolution de la règlementation qu’il est préférable d’anticiper. « La fin annoncée du plastique nous pousse à nous intéresser en premier aux bouteilles, car les verriers se préparent déjà à fabriquer beaucoup plus de contenants et nous avons tout intérêt à être présents dès maintenant », poursuit le coordinateur du projet.

Une question de coût

L’anticipation de la règlementation est un des motifs qui poussent les producteurs à intégrer Pampa. Car le prix du réemploi n’est pas spécialement avantageux, au mieux équivalent aux contenants neufs grâce à l’apport de Valtom ou d’autres subventions, en attendant de pouvoir équilibrer l’économie du projet avec des tarifs concurrentiels. « Les coûts de lavage vont diminuer au fur et à mesure que les volumes vont augmenter, car ils permettront de rentabiliser les investissements », prévoit Guillaume Angot.

« Il faudrait que le consommateur accepte de payer plus cher la bouteille ou le bocal, couplé à un système de consigne. »

Pierre Sauvat

Pierre Sauvat, producteur de pommes au Verger de l’Étoile à Saint-Sandoux, est l’un des vingt-cinq producteurs partenaires de Pampa. Il confirme : « Ma motivation est uniquement la conviction écologique et pas financière, car on est à la limite de perdre de l’argent : le lavage a à peu près le même coût que l’achat de contenants neufs, mais il y a toute la logistique de collecte en plus, que je fais bénévolement. »

Engagé dès la période d’expérimentation, il fait transformer ses fruits en jus et compotes bio, mais ne pratique la réutilisation des contenants que pour les bouteilles. « Parce que l’un de mes trois prestataires n’accepte que les bocaux neufs, les autres étant plus fragiles », explique-t-il, revenant sur la nécessité d’impliquer davantage les consommateurs : « Une des solutions passerait par l’utilisation de contenants plus épais, qui coûtent beaucoup plus cher à l’achat mais peuvent être réutilisés plus facilement. Il faudrait que le consommateur accepte de payer plus cher la bouteille ou le bocal, couplé à un système de consigne plus développé, qui lui permettrait au final de s’y retrouver financièrement. Mais cela nécessite une sensibilisation beaucoup plus importante, qui dépasse l’initiative de Pampa. »

Essuyage d'une bouteille
Une même bouteille peut être réutilisée dix à vingt fois. – Photo Marie-Pierre Demarty

Objectif à 1 million de bouteilles

Celle-ci est cependant saluée comme un premier pas important, qui se met en place progressivement… mais sûrement, en avançant au rythme autorisé par la complexité du projet. Car l’épaisseur du verre n’est pas la seule problématique. Il s’agit aussi de tendre le plus possible vers l’harmonisation des formats de bocaux, de façon à rendre la logistique plus fluide. Également de standardiser les étiquettes, de les coller avec une colle hydrosoluble facilement décollable (mais aujourd’hui plus chère). Ou encore d’organiser la logistique de la façon la plus fluide et rationnelle possible, en utilisant des camions de livraison qui repartiraient à vide (ou inversement), en groupant le transport des contenants, en triant le mieux possible, en massifiant les points de collecte et de stockage…

Sachant qu’une bouteille peut être lavée et réutilisée jusqu’à vingt fois, Pampa a aussi en projet de mutualiser des commandes de verre neuf, sur des contenants – cela va de soi – les plus standardisés possible.

« L’outil Pampa appartient à tout le monde. »

Guillaume Angot

L’idée de la consigne paraît toute bête a priori. Mais on voit que dès qu’on envisage de la développer à grande échelle, les choses se compliquent. Pampa ambitionne cependant d’avancer désormais rapidement. D’ici à la fin 2023, le dispositif aura permis de laver pour réutilisation 25 000 bouteilles et 20 000 bocaux, et d’ici à 2028, l’objectif est de parvenir au lavage d’un million de contenants par an, « chiffre atteignable », estime Guillaume Angot.

L’objectif est aussi de fédérer au maximum le territoire autour de ce projet, en impliquant le plus de partenaires possibles, en mobilisant les citoyens pour qu’ils s’emparent aussi du projet, participent, mais aussi qu’ils poussent la demande auprès des producteurs et distributeurs. En mobilisant aussi d’autres acteurs de l’économie circulaire ainsi que les collectivités. Avec l’intention de transformer l’association en société coopérative d’intérêt collectif (Scic) en 2025, pour intégrer toutes ces parties prenantes à la gouvernance. Le coordinateur conclut : « Nous sommes là pour accompagner, monter une filière et faire en sorte que le territoire garde la maîtrise de celle-ci. L’outil Pampa appartient à tout le monde. »

Pour en savoir plus, consulter le site internet de Pampa, récemment rajeuni et en cours de mise à jour sur les points de collecte et fournisseurs participants.


Reportage réalisé du 14 au 27 novembre 2023. Photo de Une Marie-Pierre Demarty : dans l’atelier de lavage des contenants en verre des Brigades Nature à Riom.

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