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Le pourquoi et le comment [cliquer pour dérouler]
À l’heure où la Gironde n’en finit pas de se consumer, où l’usage de l’eau est restreint et où s’amorce déjà la quatrième canicule de l’été, il apparaît plus que jamais pertinent de comprendre comment fonctionnent (ou pas) les mécanismes à l’œuvre pour maintenir un climat tempéré, une biodiversité sereine, une eau suffisamment abondante, un air respirable, etc.
Beaucoup de ces mécanismes peuvent se lire dans le paysage. Ou du moins celui-ci peut nous aider à comprendre ce qui se joue.
J’ai été ravie, tout au long de ce mois de juillet, de poser à votre place toutes ces questions idiotes ou au moins un peu naïves. Et de tenter d’y apporter des réponses un peu intelligentes. Continuez à vous en poser plein. Les questions idiotes sont souvent les plus intéressantes.
Marie-Pierre
| Vous avez manqué les précédents ? Découvrez les paysages 1 à 7 ici ; les paysages 8 à 14 ici ; les paysages 15 à 21 ici. Et en introduction, un entretien : « Le paysage est une partie de nous-mêmes », nous dit Yves Michelin |
22. Boule à zéro
Quoi, ma trogne ? Qu’est-ce qu’elle a ma trogne ?
Les arbres têtards sont une pratique ancienne des campagnes et ils ont fortement marqué le paysage, dans les haies, en arbres solitaires, en alignement le long d’un chemin ou entre deux parcelles.
Le principe était de tailler l’arbre à ras du tronc, façon « boule à zéro », pour laisser repousser de jeunes tiges nombreuses et vigoureuses.
Pratiquées depuis le Moyen-Âge, ces tailles permettaient de récupérer du bois de chauffage, de la litière, du fourrage. Ajoutez aujourd’hui du broyat. Bien pratiquées, elles rendent l’arbre plus robuste. Et le tronc vieillissant, surmonté d’un houppier tout jeune, peut constituer un habitat propice à la petite faune des campagnes.
Avec le remembrement, la mécanisation et le chauffage central, les trognes étaient devenues inutiles. Leur taille a été totalement abandonnée dans le Puy-de-Dôme. Mais les anciennes trognes redevenues arbres ordinaires se reconnaissent encore par leur tronc court et leurs branches proportionnellement trop fines.
La pratique est aujourd’hui un peu relancée, car elle va dans le sens de l’autonomie des fermes. De sorte qu’on peut à nouveau trouver ce type de paysages en cherchant bien.
Ébouriffant, non ?
| Pour en savoir plus, lire le reportage : « Pourquoi renouer avec la pratique des trognes champêtres ? » |
23. Faire carrière
Peut-on rayer de la carte un volcan vieux de plusieurs dizaines de milliers d’années ?
Durant longtemps, on a beaucoup grignoté les volcans pour utiliser la pouzzolane, cette roche violette, résistante mais légère et poreuse, issue des scories volcaniques. On l’a beaucoup utilisée comme matériau « tout venant », pour fabriquer du béton ou assurer la sécurité sur les routes verglacées.
Aujourd’hui on autorise son extraction uniquement pour des usages spécifiques, notamment liés à ses propriétés absorbantes et drainantes. Par exemple pour des ouvrages d’épuration et de filtration, en jardinage ou pour des parpaings isolants. Elle est même utilisée en cosmétique, pour des produits exfoliants.
On compte d’après wikipédia au moins une centaine d’anciennes carrières, légales ou illégales, la plupart de petite taille. Une soixantaine ont été actives légalement durant les deux derniers siècles. La plupart n’ont pas vraiment « défiguré » le paysage et beaucoup ont été soigneusement réhabilitées et renaturées, pour éviter ou effacer les dépôts sauvages.
Deux sont encore en activité, strictement encadrées, sur le puy de Ténuzet. Et une troisième, sur le puy de la Toupe, a fermé récemment, avec des obligations de restaurer le milieu naturel.
Un seul volcan a été complètement rasé : le puy de Lemptégy. Il a au moins le mérite d’avoir été suivi par des scientifiques et d’avoir aujourd’hui un rôle pédagogique.
Au fait, saviez-vous que le nom « pouzzolane » vient de la ville de Pouzzoles ? Celle-ci est en effet située sur une grande caldeira volcanique au nord de Naples, dans cette zone éruptive dominée par le Vésuve.
En à peine moins spectaculaires, nos carrières abandonnées accentuent le côté lunaire de nos paysages.
Et si on y faisait un grand pas pour la biodiversité ?
24. Avec ou sans précipitation ?
Le Puy-de-Dôme est-il l’un des coins les plus arrosés ou des plus secs de France ?
Les deux !
Le contraste est saisissant entre la pluviométrie de l’Artense et des Combrailles à l’ouest, et celle de la Limagne. Comment, en quelques dizaines de kilomètres, passe-t-on de 1500 mm de pluie annuelle à Saint-Genès-Champespe, à 563 mm à Clermont-Ferrand (soit une moyenne équivalente à celles de Marseille ou Perpignan) ?
L’explication est dans les montagnes. Les nuages arrivant de l’océan grâce aux vents d’ouest dominants se heurtent aux monts Dore et Dôme et, par un phénomène nommé « effet de foehn », ils déversent leur eau sur les versants ouest. Une fois franchis les sommets, les vents arrivent bien asséchés côté est.
L’Artense, à cheval sur le Puy-de-Dôme et le Cantal, a d’autres originalités. Épargnée par le volcanisme, elle est un plateau granitique qui a été modelé, raboté, creusé, chamboulé par un glacier mouvant, alimenté par les glaces descendant du Sancy au nord et du Cantal au sud. Il semble avoir été le plus bas en altitude de toute l’Europe.
C’est ce qui donne à l’Artense cette allure tout en creux et bosses, avec de gros rochers érodés et comme semés dans le paysage, des zones humides abondantes, des prés caillouteux que les habitants ont patiemment rendus viables en érigeant des murets de pierre le long des chemins.
L’Artense est un des joyaux les plus méconnus de notre région, avec pour horizon, de chaque côté, les massifs volcaniques. Et entre les deux, des paysages originaux à découvrir.
Mais n’oubliez pas votre imperméable.
| Pour découvrir les paysages singuliers de l’Artense, de belles balades et petites randos à faire notamment sur la commune de Saint-Donat. |
25. Domaine skiable ?

Est-ce que ça sent le roussi pour le ski alpin ?
C’est à craindre… En tout cas dans le Puy-de-Dôme, comme dans toutes les stations dont le domaine skiable se trouve au-dessous de 1800 mètres. Le Mont-Dore, Super-Besse et le petit Poucet Chastreix se partagent depuis les années 1960 les pentes glissantes du massif du Sancy. Mais pour combien de temps ?
Entre 2012 et 2020 à Super-Besse, il a neigé entre 21 et 42 jours sur l’année. Jamais moins. Depuis 2021, entre 5 et 18 jours. Jamais plus. À quand la première occurrence d’une année « zéro jour de neige » ?
La station du versant sud a misé sur de gros investissements pour assurer des pistes viables en hiver, le plus longtemps possible. Elle est aujourd’hui équipée de plus de 400 canons à neige et 10 unités de production de neige fonctionnant même quand la température est positive. On y fabrique de la neige artificielle à partir du mois d’octobre, afin d’être prêt à ouvrir pour les vacances de Noël. Peu importe qu’il fasse 20°C à cette période, comme l’année dernière (car le changement climatique, c’est aussi en automne).
L’équipement bessard est considéré par les uns comme le top de la technologie pour préserver l’économie des sports d’hiver.
Par d’autres comme le summum de la maladaptation, c’est-à-dire l’adaptation qui paie peut-être à court terme, mais contribue à dégrader la situation. Les skieurs sont contents. Les défenseurs de l’environnement beaucoup moins. Même la Chambre régionale des Comptes s’est montrée sceptique. « En l’absence de scenario alternatif, ce modèle économique toujours très dépendant du ski interroge quant à sa pérennité », estime-t-elle dans un rapport de 2023.
Mais a-t-on demandé leur avis aux arbres qui semblent prisonniers des pistes ? Pour eux au moins, on dirait bien que ça sent le roussi…
26. Vachement belles
Les races locales, c’est pour le folklore ?
Déjà, les Salers étaient très décoratives et faciles à reconnaître par le touriste s’aventurant en Auvergne. Mais voilà qu’apparaît – ou plutôt réapparaît – une autre vache pittoresque, avec sa robe bicolore aux motifs variés, en grands aplats façon peinture abstraite ou en semis genre tâches de rousseur.
S’invite aussi dans le paysage un mouton à la toison épaisse et mal peignée. Nez busqué, pattes grêles, tâches noires sur la tête et les jambes.
Mais pourquoi ne pas se contenter des vaches montbéliardes si productives en lait ? Ou adopter le mérinos qui a l’élégance de nous fournir des pulls tout doux ?
Fut une époque où on a suivi ce genre de raisonnements. Les Ferrandaises (côté bovin) et les Ravas (chez les ovins) ont été proches de disparaître, dans cette période d’après-guerre où on a cherché la productivité maximale. Montbéliardes et Salers ont gagné du terrain pour produire le Saint-Nectaire. Et les brebis ont été abondamment croisées avec des races bouchères performantes.
Mais dès les années 1970, on a commencé à se dire que ce n’était pas une bonne idée. Ouf !
Et pourquoi c’est si intéressant ?
1. Adaptation : les Ferrandaises, comme les Ravas, sont des races rustiques, bien adaptées à leur territoire. Les unes comme les autres savent trouver leur nourriture quand elle est peu abondante ou que leur herbe préférée n’est pas disponible : pas difficiles, quoi. Elles sont aussi véloces et bien équipées, côté sabots, pour crapahuter dans la montagne : des randonneuses de choc. Mamans campagnardes, elles mettent bas facilement, sans réclamer le vétérinaire. La Ferrandaise est polyvalente, pouvant fournir du lait et de la viande. Elle a aussi l’avantage de vivre longtemps, ce qui a aidé pour la préserver.
2. Biodiversité : comme les espèces sauvages, de très nombreuses variétés végétales cultivées et races animales d’élevage sont en voie de disparition et on assiste à l’échelle mondiale à une uniformisation de notre alimentation. Avec des risques croissants sur les capacités d’adaptation au dérèglement climatique et de résistance aux maladies. Est-ce vraiment ce qu’on veut ?
Elles ne sont donc pas là pour agrémenter le paysage.
Tout de même, ça fait de jolies photos, non ?
| J’ai pris cette photo récemment, au cours de cette rando superbe, plus courte et moins physique que celle-là, également grandiose, à faire en complément si vous avez du temps et de bons jarrets. |
27. Tourbillon
Sachant qu’on peut y enfoncer une tige métallique sur un bon 1,50 mètre de profondeur, cette tourbière du Forez a-t-elle pu naître à l’époque de Louis XVI, de Clovis ou de Neandertal ?
Réponse : Clovis, roi des Francs, qui régna autour de l’an 500 de notre ère.
On estime qu’une tourbière s’épaissit à raison de 0,2 à 1 millimètre par an. Les plus anciennes de France ont commencé à se former il y a environ 12 000 ans, à la fin de l’âge glaciaire. Même celles-là n’ont donc pas connu l’homme de Neandertal, disparu il y a 30 000 ans.
Celle de notre paysage du jour est donc toute jeune.
Une tourbière se forme dans des milieux tellement humides que les plantes ne se décomposent quasiment pas. Vous pouvez en déduire deux caractéristiques qui méritent qu’on les préserve : ce sont de très efficaces puits de carbone puisque la matière végétale reste intacte en profondeur ; et elles sont d’incroyables éponges, bien plus performantes que n’importe quelle méga-bassine pour retenir de l’eau toute l’année sur nos territoires.
On a la chance d’avoir pas mal de tourbières dans notre région, réparties un peu partout sur les massifs de moyenne montagne. Ce sont aussi de bons spots de biodiversité.
À condition bien sûr qu’elles ne soient pas drainées et asséchées pour les transformer en pâturage ou allez savoir quoi d’autre. Ce qui est le cas de la moitié de celle-ci.
D’ailleurs Tikographie vous raconte ça très bientôt. Un peu de patience…
28. Plus haut, toujours plus haut…
Si toutes les espèces montent en altitude pour s’adapter au changement climatique, où vont aller celles qui vivent sur les crêtes ?
Nulle part. Elles vont tout simplement disparaître. Et cela n’a rien d’anecdotique.
De la vie sur les crêtes du Sancy, il y en a beaucoup. Ces pelouses rases, qui (pour l’instant) se couvrent de neige en hiver, forment ce qu’on appelle « l’étage subalpin », entre 1500 et 1800 mètres environ.
Espèces locales emblématiques : la Jasione d’Auvergne, une sous-espèce de cette petite fleur bleue des montagnes qu’on ne trouve qu’ici, et l’Apollon arverne, une variante endémique de ce papillon blanc éclaboussé d’orange qui n’existe nulle part ailleurs.
Quand il fera trop chaud pour la Jasione, quand il n’y aura plus de combes enneigées pour dissimuler l’Apollon, quand les fleurs et les insectes habitués à la fraîcheur, au vent et à la neige se retrouveront coincés entre les genêts et le ciel, ils n’auront pas d’échappatoire.
Et quand des espèces disparaissent, c’est un peu de biodiversité en moins. Et donc un peu moins de chances de fonctionner correctement pour les écosystèmes. Car ils sont huilés pour une évolution lente où tout le Vivant est en interdépendance.
Y compris la Jasione. Y compris l’Apollon. Y compris nous.
| À relire : je l’ai déjà cité, mais je tire ces informations de l’article « Chastreix-Sancy #1 : une approche novatrice de protection de la biodiversité » À faire : la rando des crêtes du Sancy est tellement courue que vous n’aurez qu’à suivre les marcheurs pour repérer l’itinéraire. J’ai plutôt envie de conseiller aux plus courageux la « boucle longue » à faire en plusieurs jours, pour avoir des vues de loin et de près, d’en haut et d’en bas, avec et sans plein de gens autour. Un joli programme pour vos vacances zéro carbone ! |
29. Éclairage
La lumière est-elle une composante du paysage ?
On peut en décider…
La lumière rasante du soir d’été, le soleil réapparaissant à l’horizon sous ce ciel d’orage modèlent les faibles reliefs de ce fond de Limagne. Ils font ressortir les parties boisées qui accompagnent les cours d’eau et font remparts autour du village médiéval de Montpeyroux. Ils attirent l’œil sur le donjon protecteur. Ils dramatisent l’arrière-plan des montagnes. Et habillent le panorama d’un doux camaïeu de verts tendres.
Cette lumière dorée nous raconte que le plus dur de cette journée, hésitant entre l’orage et la canicule, est enfin passé, et que la nuit arrive, apaisante. Il n’est pourtant pas certain que cette nuit de fin juin dernier ait été apaisante pour tout le monde.
Mais au moins la lumière toujours différente de nos paysages familiers nous aide à comprendre qu’ils ne sont pas immuables.
À propos de lumière et de changement, ce paysage champêtre dissimule deux centrales de production d’énergie, issue de deux ressources bien plus inépuisables que le pétrole. Saurez-vous les retrouver ?
| À faire, à lire : Si par extraordinaire vous n’avez pas encore visité Montpeyroux, classé parmi les « plus beaux villages de France », voici une petite balade facile de 2h15 pour le découvrir ainsi que les bords de l’Allier. Suggestion : en arrivant à l’intersection avec la petite route du château de Chadieu, prenez à gauche et faites un petit crochet jusqu’au Charlet pour découvrir (sur la rive gauche, côté droit du chemin) les aménagements inspirés des castors, que je vous avais raconté ici puis là. |
30. Casser, réparer
Quelles fissures, quelles fêlures, quelles fractures allez-vous déceler dans les paysages de vos balades d’été ?
Dans le Puy-de-Dôme, la fragilité est inscrite en profondeur et marque le paysage. Symbole tectonique, la faille de Limagne nous rappelle que rien n’est immuable, que les blessures peuvent laisser des traces irréversibles.
Les cassures nous divisent comme elles séparent deux zones du paysage. Ici, il y a clairement l’ouest et l’est, le haut et le bas, la montagne et la plaine, la campagne et la ville.
Comment pouvons-nous œuvrer pour que de part et d’autre de nos failles, ça tienne ensemble ?
| À lire : « Carnet de voyage : en dévalant la faille et la Limagne », un itinéraire qui part du plateau, dévale la faille et se termine en Limagne, raconté par un personnage très très singulier qui connaît bien le parcours. À faire : une balade à la découverte de la faille, accessible en bus depuis Clermont ; ou pour retrouver l’atmosphère du carnet de voyage ci-dessus, celle-ci à partir de Blanzat. |
31. À vous de jouer…
Saurez-vous désormais questionner les paysages que vous contemplez ?
Il est temps de vous laisser poursuivre l’exercice, au cours des balades et voyages de vos vacances.
En ces temps où les fractures sociales et environnementales semblent s’accentuer, où les territoires brûlent et où nous avons tendance à ne regarder que le mégot mal éteint, engrangeons la beauté des paysages et pensons à tout faire pour préserver leur harmonie et l’harmonie entre tous ceux qui les habitent, humains et non humains.
Et pour ne pas terminer sur cette note un tantinet moralisatrice, Tikographie vous offre cette dernière vue panoramique. Elle vous semblera d’ailleurs familière si vous êtes des lectrices ou lecteurs assidus depuis au moins trois ans.
Mais où l’avez-vous déjà vue… ??? (En un peu plus pâle, car l’image n’était pas bien ressortie à l’impression.)
Voilà !
Ce paysage qui embrasse un bout de la Limagne des buttes, un morceau de Clermont, la trace de l’Allier, l’entremêlement de la campagne et du « périurbain » et la silhouette de la Chaîne des Puys faisait la couverture de la première édition de « L’année Tiko », en 2023. Ce n’est d’ailleurs qu’une partie de ce paysage, qui s’offre à 360° depuis le sommet du puy Saint-Romain, le plus haut sommet de la plaine de la Limagne.
Alors voyons, quelles questions pourriez-vous soulever en le contemplant ?
Vous avez tout le mois d’août pour y réfléchir. Car Tikographie va se mettre au vert jusqu’au 1er septembre. Malgré les inquiétudes et les problèmes, nous vous souhaitons un bel été !
| Pour admirer en vrai ce paysage, une dernière suggestion de balade (attention, ça grimpe un peu mais on est récompensé au sommet !). Et enfin, pour comprendre pourquoi ce dernier paysage me tient à cœur, vous pouvez lire cet article : Comment j’ai plongé dans « L’eau du Saint-Romain » |
Rédaction et photos Marie-Pierre Demarty. À la une : troupeau de brebis Ravas près de Valbeleix (voir paysage n°26).
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