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Le pourquoi et le comment [cliquer pour dérouler]
Vous pensez tout savoir sur les tourbières après mes deux premiers articles ? Mais nous n’en avons visité qu’une seule alors qu’il y en a des centaines ! J’ai donc éprouvé le besoin de vous montrer la diversité de ce trésor naturel.
Ce dernier article vous paraîtra peut-être un peu décousu. Il se veut tout sauf exhaustif. C’est une sorte de survol de sites divers et d’infos variées, où se mêlent les incontournables et d’autres endroits plus secrets, des tourbières qui m’ont tapé dans l’œil et des histoires qui m’ont étonnée.
Bref, un petit patchwork humide et spongieux pour vous donner, au minimum, l’envie d’aller vous balader et de contribuer à les protéger. Car il faut bien continuer à le seriner et à le rabâcher : notre climat s’assèche et se réchauffe globalement, nos comportements ne prennent pas vraiment le chemin nécessaire pour freiner le mouvement. Et nous allons avoir besoin de tout le potentiel du vivant pour maintenir autour de nous les conditions d’un territoire vivable.
Dans cet immense défi, les tourbières sont et seront de splendides alliées. Ne l’oublions pas.
Marie-Pierre
Trois infos express [cliquer pour dérouler]
- Notre département compte plusieurs centaines de tourbières, réparties dans les zones montagneuses : particulièrement dans le Livradois-Forez, le Cézallier et l’Artense, mais aussi dans le Sancy et la chaîne des Puys. Elles occupent des fonds de vallées, d’anciens lacs, des replats sur les pentes, des sources. Elles sont boisées ou non, petites ou très vastes, parfois difficilement repérables et mal connues. Mais peu à peu on découvre leur richesse en termes de biodiversité, car elles représentent une variété de milieux humides rares, sans compter leur rôle précieux pour retenir l’eau sur le territoire et stocker le carbone.
- Elles ont cependant subi par le passé diverses dégradations plus ou moins anciennes, chacune ou presque ayant une histoire singulière : asséchées pour les transformer en pâturage, grignotées pour une exploitation familiale comme combustible pour le chauffage, exploitées de façon plus industrielle quasiment comme des carrières, drainées pour y planter des épicéas…
- Depuis quelques décennies, on a commencé à recenser, étudier et restaurer les plus intéressantes. Les deux parcs naturels régionaux, les communes, le Conservatoire d’espaces naturel et d’autres organismes (y compris pour de la compensation carbone) s’y emploient, et s’efforcent de sensibiliser le public à leur intérêt. Entre autres mesures de protection, une (longue) démarche, menée par le parc des Volcans et ses partenaires, vient tout juste d’obtenir la labellisation Ramsar pour le réseau des tourbières et lacs de l’Artense et du Cézallier : ce label exigeant consacre la reconnaissance de leur intérêt à l’échelle internationale.
| Lire aussi les deux premiers volets : « Tourbières #1/3 : des éponges hyper puissantes pour stocker l’eau et le carbone » et « Autopsie d’une tourbière morte » |
Un site de quelques hectares à lui seul ne peut pas grand’chose face à l’ampleur des problématiques de climat, d’eau et de biodiversité. Mais un ensemble de quelques centaines de tourbières à l’échelle d’un territoire comme le Puy-de-Dôme est beaucoup moins anecdotique. Et nous avons cette chance d’en être environnés. Les nombreuses appellations locales « sagnes » et « narses » en attestent ; elles désignent des endroits marécageux en général, mais sont souvent liées à des sites tourbeux. Après avoir décortiqué un de ces sites dans les deux articles précédents, dézoomons pour finir.
Où les trouve-t-on ? À quoi ressemblent-elles ? Quelles problématiques rencontrent-elles ? Que fait-on pour s’assurer qu’elles restent (ou redeviennent) fonctionnelles ? Le tableau n’est pas simple à dresser : parce que ces milieux sont encore mal connus, parce que leur aspect, leur situation, leur histoire et leur état sont très variés, parce que les acteurs qui s’y intéressent sont eux aussi divers. Essayons de procéder par ordres de grandeur et par l’exploration de différents sites.
En commençant par cette première question : où sont les tourbières dans le Puy-de-Dôme ? Et une première réponse générale : elles sont à l’étage. Autrement dit : en altitude, là où une relative fraîcheur contribue à maintenir leur humidité.
Mille sites possibles
Côté Livradois-Forez, le parc naturel régional a effectué un recensement des milieux tourbeux de son territoire en 2021, d’après les données connues. 1124 sites ont été repérés comme tourbeux ou soupçonnés d’être tourbeux, pour un total de 4924 ha. Parmi ces sites potentiels, les tourbières avérées représentent 2769 ha, répartis sur 377 sites. Comme nous l’avons constaté précédemment, les milieux tourbeux ne sont pas faciles à repérer, notamment lorsqu’ils sont boisés. Certaines tourbières, installées dans les creux ou dans les pentes, sont très petites et discrètes, mais jouent leur rôle pour entretenir l’humidité d’un sous-bois. D’où cet écart entre sites potentiels et avérés : il y a encore des découvertes à faire.

Mais certaines sont devenues emblématiques, à l’instar de la vaste tourbière de Baracuchet, qui occupe 27 hectares. Elle est l’un des haut-marais les plus importants d’Auvergne. Et elle s’avère particulièrement riche en biodiversité, regroupant différents milieux humides, boisés de pins ou de bouleaux, ou découverts. Elle abrite cinq espèces végétales protégées – l’andromède, la droséra, la canneberge et deux types de laîches – et une faune spécifique où se retrouvent la vipère péliade, ainsi que des libellules et papillons remarquables.
« Quand l’exploitation est récente, on peut assez vite restaurer le fonctionnement de la tourbière. »
Bénéficiant d’un plan de gestion géré par le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) d’Auvergne depuis 30 ans, ce site offre un bel exemple de ce qui peut être entrepris pour restaurer un site tourbeux et le préserver. Car elle a été mise en pâturage depuis beaucoup plus récemment que celle de L’Olme, et sa tourbe a été exploitée comme combustible durant la Seconde Guerre mondiale. Mais ces traces de dégradation ont pu être effacées.
« Quand l’exploitation est récente, on peut assez vite restaurer le fonctionnement de la tourbière, explique Katia Ducroix, chargée de projets au CEN. Si la tourbière a été drainée, on va boucher les fossés de ces drainages pour permettre de recharger la nappe d’eau et de ré-irriguer la zone. »
| Sur un autre site, parsemé de petites zones humides, où le CEN intervient également, lire aussi le reportage : « Dans le Forez, une vallée glaciaire à reconquérir » |
Aussi à l’ouest
Au total, dans le département du Puy-de-Dôme, le Conservatoire a pris en charge la gestion de 22 sites, qui représentent une superficie de 305 ha : 133 ha ont été acquis par l’association et pour le reste, elle est missionnée par des collectivités, le plus souvent par des communes. Mais ces zones étudiées, restaurées, protégées ne représentent qu’une minorité de tourbières. Elles se répartissent non seulement sur le Livradois-Forez, mais aussi sur le sud-ouest du Puy-de-Dôme et le nord du Cantal.
Car de ce côté, la zone où se concentre la plus grande partie des tourbières se situe à cheval sur les deux départements, dans l’Artense et le Cézallier : quelque 240 sites tourbeux y sont recensés à ce jour. Le relief façonné par les glaciers a favorisé les creux propices à la présence d’une eau stagnante. L’altitude élevée a joué là aussi.

En complémentarité et en partenariat avec d’autres acteurs, le CEN est présent notamment en Artense depuis une vingtaine d’années et a en charge un plan de gestion pour neuf tourbières réparties sur ce secteur. Soit au total 74 ha de surfaces préservées. « Les objectifs sont de restaurer le fonctionnement hydrologique lorsque celui-ci a été dégradé, ou sinon de le maintenir en bon état, de concilier les usages, agricoles et sylvicoles notamment, de sensibiliser le grand public aux enjeux de préservation de ces tourbières et d’enrichir les connaissances naturalistes », résume Émilie Dupuy, responsable Cantal du Conservatoire.
Elle cite dans les travaux récents la tourbière de Coussounoux à Saint-Genès-Champespe et indique pour la suite : « Nous devrions lancer une étude de faisabilité technique de restauration des deux tourbières de Larodde à Condat côté Cantal, et de l’Arbre-Broussoux à Saint-Genès-Champespe côté Puy-de-Dôme. »
Sur la réserve
Ce plan de gestion œuvre dans une relative discrétion. Mais d’autres tourbières sont plus connues et plus emblématiques, à commencer par les sagnes de La Godivelle. Ce sont quatre zones tourbeuses de fond de vallée glaciaire, à 1200 m d’altitude, regroupées en une réserve naturelle nationale qui attire l’été de nombreux visiteurs. Elle est gérée par le parc des Volcans, acteur majeur dans la préservation des tourbières de ce secteur, et c’est la plus ancienne réserve que compte le département. À sa création en 1975, il s’agissait surtout de protéger les oiseaux nicheurs. Mais ces tourbières, dont la plus importante prolonge le lac d’En-Bas (inclus lui aussi dans la réserve), ont depuis révélé une richesse bien plus importante.

Sur une surface totale de 144 ha, on y a recensé plus de 2 500 espèces animales et végétales, dont une centaine possède une valeur patrimoniale. Quatorze espèces végétales sont exceptionnelles, dont la rossolis à feuilles rondes, une plante carnivore protégée, ou la ligulaire de Sibérie, une « rescapée » de la période glaciaire, rare en France. Ajoutons, côté faune : la loutre d’Europe, le tarier des prés, la bécassine des marais, la pie-grièche, le bruant des roseaux, ou encore l’agrion à lunule, libellule endémique du Massif central.
Dans ces paysages de pelouses rases du Cézallier où le bois est rare, la tourbe avait été exploitée par les habitants pour se chauffer. Et la tourbière du lac d’En-Bas avait même été drainée dans les années 1960, pour assécher le lac et y exploiter une carrière de diatomite. Les traces de ces dégradations ont été effacées depuis. L’ensemble bénéficie aujourd’hui d’une protection et d’une mise en valeur qui, en 50 ans, ont permis de redonner toute leur fonctionnalité à ces milieux.

| Sur les lacs naturels de la zone des volcans, lire aussi : « Nos lacs volcaniques en 10 questions » |
Pelleteuse et origamis
Un peu plus loin, en Artense, la tourbière de Jouvion à Saint-Donat fait, elle aussi, l’objet de mille soins. Divers acteurs se sont penchés sur le berceau de ce milieu précieux, alors qu’il était victime de l’exploitation de la tourbe et du surpâturage. La tourbière abritait pourtant une faune particulière qu’il était nécessaire de sauvegarder, et en particulier des insectes : criquet des palustres, azuré des mouillères, cordulie arctique et bien d’autres. Le Département et la commune, le parc des Volcans et le Conservatoire d’Espaces naturels, un classement Espace naturel sensible et la zone Natura 2000 de l’Artense… même sans réserve en bonne et due forme, les attentions et mesures de protection ne lui manquent pas. Le public peut d’ailleurs s’en faire une idée, car un parcours de visite a été spécialement aménagé pour faire découvrir le site.
Autre lieu, autre histoire. À Picherande, commune qui abrite une quinzaine de sites tourbeux, le plus important était la tourbière de Gayme. Mais après la Seconde Guerre mondiale et jusqu’en 1973, une entreprise l’a exploitée de façon industrielle pour l’horticulture : une extraction à la pelle mécanique, après assèchement du site, beaucoup plus destructrice que les modestes trous creusés traditionnellement pour le chauffage familial. Sur une épaisseur de 2 à 4 mètres, la moitié du site a été creusé. Puis à la fin de l’exploitation, le trou a été remis en eau pour former un lieu hésitant entre étang et marais.

En attendant de redevenir tourbière au fil des millénaires, le site constitue un lieu de balade mis en valeur par des panneaux qui racontent son histoire. Il a retrouvé une naturalité propice à la biodiversité. Et il peut même servir occasionnellement de support à des réalisations artistiques, pour peu qu’un invité des installations Horizons-Sancy soit inspiré par cette vaste zone humide. En 2012, Antoine Milian, plasticien de la région parisienne, y avait installé une centaine de cocottes en papier géantes, comme si une colonie de poétiques oiseaux migrateurs avait choisi d’y faire escale.
Si on poursuit notre survol, on notera au passage qu’un des deux torrents donnant naissance à la Dordogne, sur le flanc nord du Sancy, prend sa source dans une tourbière de pente. Laquelle va elle aussi faire l’objet de mesures de restauration, dans le cadre d’un vaste projet de renaturation de la Haute Dordogne.
| Lire aussi la série d’articles sur ce projet, notamment le deuxième volet : « Haute-Dordogne #2 : chantiers en cascade » |
Enfer et glaciation
Et puisque nous sommes dans les volcans, transportons-nous du côté de la chaîne des Puys, qui abrite aussi des sites de tourbières. Arrêtons-nous sur deux d’entre elles. Près du village de Fontfreyde (commune de Saint-Genès-Champanelle), une zone de marais n’avait pas attiré l’attention jusqu’à assez récemment. Mais à partir de 2012, les universités de Clermont et de Saint-Etienne se sont penchées sur cette zone de 2 hectares, où la faune n’a rien d’exceptionnel, mais où ont été repérées des plantes étonnantes à cette altitude, notamment la ligulaire de Sibérie.
Dans un programme d’étude qui s’est achevé en 2024, il a été montré que sous le marais, formé sans doute à la suite d’un aménagement humain de la fin du Moyen-Âge, se dissimule une tourbière de 8 mètres de profondeur. Une aubaine pour les chercheurs, qui ont pu y étudier l’histoire du climat, de la végétation, des occupations humaines… Et une aubaine aussi pour la métropole clermontoise, zone très urbanisée qui a tout intérêt à préserver ces zones humides en proximité.

Un peu plus au sud-ouest, la narse d’Espinasse est un autre cas d’école, d’abord géologique. Elle occupe le cratère d’un volcan, plus précisément un maar, ces formations volcaniques dont la lave a rencontré une nappe phréatique avant d’émerger à la surface, comme c’est le cas pour le lac Pavin, le gour de Tazenat ou la place de Jaude à Clermont. En l’occurrence, sur ce petit volcan situé entre Randanne et Saulzet-le-Froid, on distingue nettement, vu de loin, le fond du maar occupé par la tourbière, et le cirque formé par les scories rejetées lors de la formation du volcan, et qui ont formé le puy d’Enfer. Sur les pentes : des résineux. Sur le fond : des saules.
Vu de plus près, ces derniers forment un réseau buissonnant, qui cloisonne des prairies de hautes herbes, infiniment variées et étonnement verdoyantes en plein cœur de l’été caniculaire : une tourbière. La narse d’Espinasse bénéficie elle aussi d’une protection dite « forte », depuis 1988 : un arrêté préfectoral de protection de biotope. Celui-ci a permis de stopper le pâturage de ce fond de volcan, pour le laisser en libre évolution et permettre le rétablissement de la tourbière. On y rencontre notamment, là aussi, une rare et abondante colonie de ligulaires de Sibérie, ces plantes à fleurs jaunes témoignant de la lointaine période de glaciation de la région.

Compenser dans le Forez
Rassurez-vous : nous n’allons pas continuer à passer en revue toutes les tourbières de notre région. D’autant plus, répétons-le, que celles qui sont connues, étudiées et protégées ne représentent qu’une minorité de ce précieux patrimoine. Terminons-donc par un focus sur deux initiatives d’ampleurs diverses, pour mettre l’accent sur d’autres aspects de la préservation de ces sites.
La première nous fait revenir dans le Forez, pour voir à l’œuvre d’autres acteurs de la protection. On peut s’étonner de voir apparaître sur le site de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes une consultation du public, qui a eu lieu courant août pour des travaux de restauration sur deux sites de la commune de Saint-Anthème. Car la demande émane d’une filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, qui a acquis ces deux sites en amont du barrage des Pradeaux, pour un total de 56 ha. Il s’agit notamment de restaurer le fonctionnement de 15 ha de tourbières qui ont été drainées et plantées d’épicéas dans les années 1960 : encore un autre type de dégradations que les zones humides ont pu subir par le passé. L’intention affichée par le projet actuel étant d’appliquer à cet ensemble un plan de gestion sur 32 ans.
Que vient faire cette filiale de la CDC, en l’occurrence la « Caisse des Dépôts et Consignations Biodiversité », dans ce coin reculé du Forez ? De la compensation. Depuis 2016, pour des projets d’aménagement ou de construction impliquant une artificialisation des sols, la loi contraint d’éviter au maximum la perte de biodiversité, et pour ce qui ne peut pas être évité, de « compenser » en finançant (ailleurs) des travaux de renaturation ou de restauration de milieux naturels.
La CDC Biodiversité a pour fonction d’entreprendre ces types de projets bénéfiques pour la biodiversité, et de les financer, au moins en partie, par la vente d’unités de compensation. Le projet de la zone des Pradeaux et de La Tuile, dans sa globalité, a été estimé à 56,55 unités de compensation/restauration/renaturation de 1 ha, apprend-on dans la présentation de la consultation du public. Révélateur de notre époque qui continue à vouloir bétonner…

Reconnaissance internationale
Moins anecdotique, l’autre projet d’actualité a une toute autre finalité. Au terme d’une démarche de presque dix ans, le parc des Volcans, entouré de nombreux partenaires, vient d’obtenir début septembre une reconnaissance beaucoup plus vaste et emblématique pour les tourbières de l’Artense et du Cézallier : une labellisation Ramsar. De quoi s’agit-il ? La convention internationale signée à Ramsar (en Iran) en 1971 vise à créer un réseau mondial de zones humides reconnues d’importance internationale : une sorte d’équivalent du classement patrimoine mondial de l’Unesco. L’objectif est d’enrayer leur disparition et de favoriser leur conservation. La France compte aujourd’hui une cinquantaine de sites Ramsar, dont 16 de tourbières.

Le parc des Volcans a entamé cette démarche en 2017. Elle concerne l’ensemble de lacs naturels et de tourbières connectés au réseau hydrographique, sur 36 communes du Cézallier et de l’Artense. « C’est d’abord la densité en habitats tourbeux, lacs et ruisseaux en bon état de conservation qui rend le site exceptionnel. Le réseau ainsi constitué permet à de nombreuses espèces endémiques, menacées ou protégées, de poissons, de plantes, d’insectes ou de mammifères, d’y trouver les conditions favorables pour accomplir tout ou partie de leur cycle de vie. La densité de milieux humides fait du site un lieu d’accueil idéal pour plusieurs espèces d’oiseaux comme la Bécassine des marais », indique notamment la fiche de présentation du site labellisé.
« C’est d’abord la densité en habitats tourbeux, lacs et ruisseaux en bon état de conservation qui rend le site exceptionnel. »
La démarche a été longue car elle « repose sur des critères écologiques et prend en compte les aspects économiques, sociaux et culturels du territoire candidat », indique le site du parc des Volcans. Et elle doit à la fois justifier de l’intérêt et de la volonté du territoire de les préserver. En plus de l’intérêt écologique de ces zones humides, la labellisation vient reconnaître, indique le site du parc, « les mesures de gestion existantes mises en œuvre avec 4 sites Natura 2000, 3 réserves naturelles, 5 espaces naturels sensibles, 5 arrêtés préfectoraux de protection du biotope et la Réserve de biosphère du Bassin de la Dordogne, ainsi que les travaux d’amélioration des connaissances et de préservation menés avec l’ensemble des acteurs concernés (collectivités, scientifiques, associations, acteurs socioprofessionnels, habitants) ». Cet ensemble d’actions avait donné lieu à un beau carnet de terrain publié en 2019.
Alors que les sécheresses estivales deviennent de plus en plus catastrophiques, cette insertion dans « l’élite mondiale » des zones humides constitue un bel encouragement pour permettre à notre territoire d’affronter l’avenir. Et c’est peu dire qu’on en a besoin…
| QU’EST-CE QUE JE PEUX FAIRE ? Les particuliers n’ont certes pas la capacité d’aller restaurer des tourbières dans le Cézallier ou le Forez, mais on peut tous agir à notre niveau. 1. Au jardin, prendre l’habitude de cultiver sans tourbe. C’est largement faisable ; il y a plein de tutos, de formations et autres endroits où trouver de quoi prendre de bonnes habitudes. Par exemple ici. 2. Visitez les tourbières, imprégnez-vous, allez-y en famille ! Ce sont des sites étonnants, dans des paysages magnifiques. Des sentiers et panneaux pédagogiques vous permettront de comprendre ce qui se joue sous vos yeux, notamment autour de celles de La Godivelle, Jouvion, Gayme, Baracuchet. Testez aussi les randos qui longent ou tournent au tour des tourbières, par exemple celle du puy de Combegrasse et narse d’Espinasse, ou la rando de Jassy au départ de La Godivelle. Enfin (pour l’an prochain), prenez note que la réserve des Sagnes de La Godivelle propose de nombreuses balades guidées et animations de découverte, tout l’été sur réservation. 3. Pour aller plus loin dans les connaissances Le site du Pôle-Relais tourbières, animé par la Fédération nationale des Conservatoires d’espaces naturels, est une mine d’information et de documentation. |
Exploration (texte et photos) Marie-Pierre Demarty, réalisée durant l’été 2026. À la une : le cœur de la tourbière de la Plaine Jacquot, qui constitue un des sites de la réserve naturelle nationale des Sagnes de la Godivelle.
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