26 septembre : Mattia se rengage pour le climat

Par

Marie-Pierre Demarty

Le

Ancien leader des jeunes pour le climat à Clermont, Mattia Geonget, étudiant à Sciences Po Paris, reprend du service dans l’organisation de l’appel national à manifester, le 26 septembre, pour le climat et le vivant. L’occasion de prendre de ses nouvelles et de comprendre ce qui se prépare.

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La réponse appartient à chacun de nous, et à nous tous collectivement.

Marie-Pierre

Trois infos express   [cliquer pour dérouler]

  • Après avoir été leader des mouvements de jeunes pour le climat, Mattia Geonget a suivi un cursus en sciences politiques et prépare à Sciences Po Paris un Master en droit de l’environnement et de l’urbanisme.
  • Ces années post-lycée lui ont fait prendre du recul sur les mouvements de lutte. Mais l’été des canicules et mégafeux a constitué un déclic pour lui redonner envie d’agir. Il a rejoint très tôt l’initiative « Marchons partout en France pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale », qui appelle à une grande mobilisation le 26 septembre. Mattia y est chargé de la communication nationale et du pôle des jeunes.
  • Ce mouvement a été lancé par un groupe de citoyens non affiliés, parti de l’association Bio Consom’acteurs. Il a lancé un appel sous forme de lettre ouverte au Président de la République, signé à ce jour par plus de 35 000 personnes. Il demande un plan d’urgence d’atténuation et d’adaptation prenant en compte la justice sociale. Et compte imposer le sujet comme enjeu majeur dans la campagne de l’élection présidentielle.

Mattia Geonget avait été un des leaders du mouvement des jeunes pour le climat à Clermont. Je l’avais rencontré en 2023, dans l’attente des résultats du bac, passé brillamment à presque 17 ans. À l’époque, son projet était de s’engager dans des études de sciences politiques, dans l’optique de devenir avocat spécialisé en droit de l’environnement.

Trois ans plus tard, on le retrouve dans le groupe des organisateurs d’un appel national pour « marcher partout en France pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale » le 26 septembre. Une occasion de prendre de ses nouvelles, et de décrypter le sens de cet appel.

Tikographie : Déjà trois ans que tu as quitté Clermont. Quel a été ton parcours depuis ?

Mattia Geonget : Sur le plan académique, j’ai passé ma licence à Sciences Po Bordeaux, avec une troisième année en Erasmus à Vienne en Autriche. Maintenant je suis en Master en droit économique à Sciences Po Paris, dans le but de faire du droit de l’environnement et de l’urbanisme.

Avec toujours l’idée de devenir avocat en droit de l’environnement ?

M.G. : J’ai un peu changé là-dessus. Je trouve robuste d’étudier le droit de l’environnement et c’est important d’avoir cette base théorique. Ce sont toujours les mêmes sujets qui me portent. Par contre, je me suis rendu compte que j’ai besoin de rencontrer beaucoup de gens, d’organiser des événements, de faire du « travail concret ». Je crains que la profession d’avocat soit un peu frustrante par rapport à l’impact concret qu’on peut avoir sur le cours des choses. Et il y a beaucoup de défaites devant la justice…

« Ce sont toujours les mêmes sujets qui me portent. »

Je voudrais plutôt jouer un rôle d’influence. Je me suis aussi beaucoup intéressé aux tiers-lieux et aux écoquartiers, même si ce concept est parfois controversé mais avec aussi des aspects positifs. Je ne sais pas encore si je m’orienterai plus vers le droit ou l’urbanisme. Ce sont des questions que je me pose et que je cherche à affiner dans mon Master.

Quand je t’avais rencontré, tu souhaitais tourner la page du militantisme pour agir sous d’autres formes « plus posées ». Est-ce que tu as concrétisé cette intention ?

M.G. : Je pense qu’à l’époque, je ressentais une certaine fatigue militante. Le mouvement des grèves était très porteur, très réussi mais intense, dans un milieu qui n’est pas spécialement tendre. Depuis, en trois ans, j’ai eu peu d’occasions d’agir. J’ai quand même participé à des actions, je me suis rapproché de groupes comme Extinction Rébellion, y compris en Autriche où il y a aussi des grands projets inutiles à combattre. Mais c’est surtout ce qu’on a vécu cet été qui m’a donné envie de passer à nouveau à l’action.

Après avoir passé sa licence à Sciences Po Bordeaux, Mattia prépare désormais un Master en droit de l’environnement et de l’urbanisme à Paris.

Comment as-tu vécu ce « réveil » ?

M.G. : Cet été a été marquant pour moi comme pour beaucoup de monde. Même si en un sens ce qui s’est passé était logique, presque « normal » au sens des normes scientifiques. J’ai ressenti vraiment en moi la volonté de me réengager de façon militante. C’était toujours dans ma tête, mais ça a été le facteur déclenchant. Et je crois que je ne suis pas le seul, surtout dans le contexte de l’élection présidentielle qui approche. Il faut que le sujet soit mis sur la table des débats. Il ne peut plus rester dans l’ombre ou faire l’objet de mesurettes.

« Il faut que le sujet soit mis sur la table des débats. Il ne peut plus rester dans l’ombre. »

Tu fais donc partie de l’organisation de ce nouvel appel à la mobilisation pour le climat et le vivant. Comment cette initiative s’est-elle montée ?

M.G. : Je suis arrivé très tôt dans la mobilisation, mais je n’étais pas dans le groupe qui en a pris l’initiative. Celle-ci part d’un mouvement citoyen, et plus particulièrement de quelques personnes engagées dans l’association Bio Consom’acteurs. Elles se sont dit, un peu comme je viens de le faire, que ce n’était plus possible, après un été comme celui-là, de fermer les yeux et de laisser le sujet en suspens. Et elles ont voulu très vite lancer une mobilisation, avec l’idée qu’elle soit nationale, et avec des mots d’ordre clairs.

Ce mouvement a pris progressivement une certaine ampleur. J’en ai entendu parler le jour où le média Vert a publié un article annonçant cette initiative, qui à ce moment n’avait « que » mille signataires. C’est là que j’ai rejoint les boucles d’information et fait connaître ma volonté de m’impliquer. Surtout qu’étant à Paris, c’est plus facile de pouvoir faire partie du groupe national.

En plus d’un appel sous forme de lettre ouverte au Président de la République, déjà signé par plus de 30 000 personnes [au jour de l’entretien], vous appelez à manifester partout en France le samedi 26 septembre. Quelle est l’intention ?

M.G. : Il y a le fond et la forme. Sur le fond, notre appel vise à obtenir un plan d’urgence d’adaptation et d’atténuation face au changement climatique, qui prenne aussi en compte les questions de justice sociale. Parce qu’on a tous été touchés par les canicules, mais les personnes vivant dans des bouilloires thermiques, les personnes sans domicile fixe ont été davantage touchées dans leur chair ; et des personnes âgées et de jeunes enfants ont parfois malheureusement succombé aux vagues de canicule.

« L’objectif est de faire porter le sujet, de montrer qu’on n’oublie pas le climat et la biodiversité. »

L’autre aspect est logistique. Notre but est de mettre du monde dans la rue, partout et quelle que soit la forme de la mobilisation. Chaque manifestation locale s’adaptera à son contexte : marche, village associatif, assemblée générale, etc. Car l’objectif est de faire porter le sujet, de montrer qu’on n’oublie pas le climat et la biodiversité et que nous sommes nombreux à nous en préoccuper.

Les choses s’annoncent comme vous le souhaitez ?

M.G. : Pour le moment nous sommes très contents. Déjà plus de 30 000 signataires à notre appel, ce n’est pas rien. En plus un autre groupe, avec Cyril Dion, a lancé sur la plateforme Avaz un autre appel qui va dans le même sens et cite notre appel. En tant que responsable de la communication nationale et du pôle jeunesse, j’observe que la communication fonctionne bien. Nous avons des événements bien relayés et une présence sur tous les réseaux sociaux.

« Nous avons déjà réussi à créer un mouvement robuste, réactif et mobilisateur. »

Pour un groupe qui a l’expérience de manifestations mais est surtout composé de simples bénévoles et d’organisateurs « débutants », nous avons déjà réussi à créer un mouvement robuste, réactif et mobilisateur. Dans les jours qui viennent, nous allons publier l’appel des jeunes ; il a été rédigé de façon très efficace. Tout cela est déjà une belle réussite.

Pour finir, quelle suite comptez-vous donner, après le 26 septembre ?

M.G. : Nous avons déjà prévu une autre action au moment de la prochaine COP en novembre. Puis nous avons pour objectif d’imposer ce sujet dans la campagne de la présidentielle. Ce sont nos objectifs à court terme, mais on n’a pas encore décidé quelles formes prendrait la mobilisation sur ces échéances ; la réflexion est en cours. L’intention à plus long terme étant de voir adopter les mesures que nous demandons.

Mais pour commencer, il y a l’échéance du 26 septembre : c’est une première étape pour mobiliser, créer un élan, mettre en place une inter-organisation, porter le sujet. Il y a mille façons de nous rejoindre, de participer à l’organisation : nous avons besoin de monde, y compris à la communication. Et bien sûr, on peut commencer par signer l’appel.

Pour découvrir et signer l’appel, connaître les lieux des manifestations, proposer un événement ou rejoindre l’organisation, consulter le site 26septembre.org.
Rassemblement à Clermont prévu à 10h place Delille.
En Auvergne, des rassemblements sont aussi prévus (pour l’instant) à Brioude, Vichy et Le Puy.

Entretien Marie-Pierre Demarty, réalisé (à distance) mardi 8 septembre 2026 ; photos fournies par Mattia. À la une : Mattia avec un groupe de bénévoles, en tournée de collage d’affiches pour l’appel du 26 septembre.

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