Emmanuelle Pannetier travaille sur l’économie circulaire car « c’est au niveau territorial qu’on aura le moins d’impact »

Au sein du Valtom, Emmanuelle anime de nombreux projets de filières et opérations de sensibilisation à l’économie circulaire. Consigne, réemploi, réduction de déchets… ces actions visent à grandement réduire notre impact environnemental.


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Ressenti de l’auteur

Nous avons à peu près tous l’habitude de jeter nos bouteilles dans les conteneurs verts. On ne réfléchit pas trop, mais cela pose la question de l’intérêt réel du recyclage : présenté un temps comme la panacée, il implique néanmoins une forme de déstructuration de la matière, donc de recomposition en aval. Concrètement, le verre jeté se brise, et il doit être refondu à très haute température pour en refaire des bouteilles. Cette pratique est-elle encore pertinente à l’ère de l’énergie chère ? Sans parler de l’impact indirect (production d’énergie, dégagement potentiel de gaz à effet de serre).

Bref, les initiatives d’économie circulaire s’orientent de plus en plus vers le réemploi, ou d’autres formes de valorisation qui ne passent pas par une transformation de la matière. Le projet Pampa est un exemple de travail concerté sur une filière locale, celle du verre, afin de favoriser ces approches plus respectueuses de l’environnement. Bien sûr, l’équilibre économique, l’organisation logistique et surtout le changement des habitudes sont des points délicats qu’il faut traiter.

Emmanuelle porte cette dynamique, avec l’aide des administrateurs de l’association mais aussi de nombreux partenaires et – dorénavant – d’un salarié, Guillaume. En rédigeant cet entretien mais aussi sa petite fiche biographique ci-dessous, je trouve remarquable qu’elle soit engagée dans l’économie circulaire depuis le début de ses études supérieures. Peut-être que la période actuelle, avec ses contraintes grandissantes sur l’énergie, le climat, mais aussi la moindre disponibilité des productions « mondialisées », favorisera-t-elle son travail : celui consistant à faire prendre conscience de l’importance de ne plus, simplement, « jeter ».

Damien

Les principaux points à retenir

  1. Le modèle de l’économie « linéaire », classique, est en perte complète de vitesse, et n’est plus adapté aux nombreuses crises écologiques ou économiques qu’il entretient. C’est le principe favorisant l’économie « circulaire » selon Emmanuelle, qui souligne la préoccupation croissante des habitants et acteurs locaux à ce sujet. Appliquée à toutes les étapes de vie d’un produit, le principe de « boucles » permet d’en optimiser l’usage et d’en réduire fortement l’impact environnemental. L’économie circulaire a aussi des avantages sociaux et économiques, surtout à l’échelle des territoires. Mais cette « pertinence économique » (travail en filière, volumes traités) reste capitale.
  2. Le territoire, d’après Emmanuelle, est le bon périmètre. Parce que les acteurs se connaissent, se font confiance, et parce que c’est notamment le transport des biens ou des déchets qui est impactant. Plusieurs projets à l’échelle de zones d’activités (comme à Riom) ou dans des filières voient le jour. Emmanuele insiste sur l’importance d’une vision transversale, comme avec l’étude du « métabolisme » d’un territoire (flux entrant et sortant). Egalement, elle espère un engagement fort des entreprises – auprès des collectivités et des habitants – car ce seront surtout elles qui pourront agir dans leurs process. La sensibilisation à l’économie circulaire a encore du chemin à parcourir.
  3. Emmanuelle anime le projet Pampa, qui cherche à développer l’économie circulaire par le réemploi du verre (sans le briser en conteneurs), et au niveau auvergnat. Soutenu par le Valtom mais aussi par de nombreux partenaires locaux, Pampa cherche à répondre à des préoccupations environnementales autant qu’économiques (coût de l’énergie pour refondre le verre). Le but est de renforcer la filière locale et d’atteindre des volumes suffisants, avec une logistique la moins contraignante possible. Cela pourra aussi avoir un impact positif sur les emplois en insertion. Mais les contraintes sont encore nombreuses, des difficultés rencontrées par certains partenaires au besoin de standardisation des contenants.
  4. Enfin, Emmanuelle œuvre aussi en faveur de la réduction des déchets alimentaires, dans le cadre de la politique du Valtom. Elle a travaillé sur ce sujet pendant plusieurs années auprès de la restauration collective, et mène aujourd’hui une opération intitulée « 00Reste » pour démontrer l’intérêt de l’accompagnement des foyers dans la réduction de leurs déchets alimentaires. Cela souhaite répondre à une forte hausse des déchets alimentaires observée depuis 2021, mais aussi aux obligations réglementaires proches (en 2024 !) de tri à la source de biodéchets.

L’intervenante : Emmanuelle Pannetier

Cheffe de projet économie circulaire au Valtom

Originaire de Bretagne, Emmanuelle a suivi un master en management de l’environnement et en développement durable spécialisé en économie circulaire, à l’université technique de Troyes. Elle y est restée quelques années, au sein du service recherche en économie industrielle et territoriale. « J’ai aussi travaillé comme conseillère dans les ‘espaces info énergie’, qui n’existent plus aujourd’hui. Ils proposaient des conseils sur les énergies renouvelables pour les particuliers », précise Emmanuelle.

En 2012, elle passe une année de volontariat au Maroc en 2012 auprès d’une association de recyclage des sacs plastiques et d’aide à l’autonomisation des femmes en milieu rural, en générant une activité de création d’objets à partir des sacs. « C’était super intéressant, humainement parlant, mais également très chronophage » résume-t-elle.

Par la suite, elle devient directrice du Centre Permanent d’Initiatives à l’Environnement (CPIE) du Mont du Pilat, où elle dirige une équipe de cinq personnes. Elle y accueille notamment beaucoup de « classes découverte ».

C’est en 2018 qu’elle arrive au Valtom, en tant que cheffe de projet économie circulaire. Elle travaille sur de nombreuses initiatives de structuration de filières d’économie circulaire comme Pampa sur le verre. Elle a aussi développé des actions de réduction de déchets alimentaires dans la restauration collective et commerciale, ce qu’elle continue à faire en 2023 à travers l’opération « 00Reste ».

Contacter Emmanuelle par téléphone (sauf le vendredi) : 04 73 44 24 25

Information sur notre prochain événement

Ton sujet de travail porte sur l’économie circulaire…

C’est en effet une préoccupation importante des habitants, mais aussi des collectivités et de nombreuses entreprises. On le voit dans la communication grand public, et de plus en plus dans les dispositifs mis en place – récupération de la chaleur fatale notamment.

De plus, les crises à répétition sur le climat, les matériaux ou les approvisionnements, nous obligent à questionner le modèle de l’économie “linéaire”, classique. Passer à l’économie circulaire, c’est un vrai changement de paradigme qui apporte de nombreux avantages.

Quels sont ces avantages selon toi ?

L’objectif premier de l’économie circulaire est un impact environnemental fortement réduit. On peut appliquer des “boucles” d’économie circulaire à toutes les étapes de vie d’un produit, de sa conception à son recyclage, en passant par l’extraction des matériaux, la transformation, le transport et la consommation. C’est aussi pertinent sur les services !

« Les crises à répétition (…) nous obligent à questionner le modèle de l’économie “linéaire”, classique. »

L’économie circulaire a également un impact économique et social intéressant, surtout à l’échelle des territoires – certains modèles générant des activités et de des emplois durables et non délocalisables. Mais le principe économique reste primordial, avec un volume de produits ou une offre de service associés à la présence d’acteurs sur le territoire pour atteindre cet équilibre économique, en local. Or, cette pertinence économique, à inscrire dans le temps long, est capitale pour le bon fonctionnement de ces nouveaux modèles.

Le concept d’économie circulaire, et notamment de recyclerie ou de réemploi de matériaux, émerge fréquemment à partir des envies des habitants. Ici, en marge du week-end d’idéation Solidarium du 26 juin 2021, organisé par la Maison de l’Economie Solidaire, dans l’Oise / Crédit photo : Maison de l’Economie Solidaire (DR)

Pourquoi le territoire serait un périmètre plus intéressant ?

C’est surtout au niveau de l’impact du transport que ça se joue. Si l’on conçoit le produit sur une base d’économie circulaire – une forme d’éco-conception – on diminuera son empreinte écologique simplement en s’assurant que toutes les étapes du cycle de vie se font en proximité. C’est au niveau territorial qu’on aura le moins d’impact.

« Le principe économique reste primordial. »

On le voit par exemple sur des projets d’économie circulaire, appliqués à des périmètres restreints. Comme une zone d’activités – je pense au projet Eco Res’PEER près de Riom, mené par Riom Limagne et Volcans, le Syndicat du Bois de l’Aumône et l’Association du parc européen d’entreprises de Riom. 

J’avais aussi travaillé dans l’Aube sur des synergies inter-entreprises sur un même parc d’activités. Mais c’est encore mieux si ces parcs sont conçus pour faciliter la mutualisation, via leurs infrastructures.

Lire l’entretien : Les « entreprises de territoire », modèle de développement économique et coopératif porté par Rachid Cherfaoui

C’est ce qu’on appelle l’écologie industrielle et territoriale…

Oui, mais je trouve qu’elle porte mal son nom. Elle me semble surtout territoriale, et pas “que” industrielle. Le principe de cette approche consiste à s’interroger sur un périmètre et sur les liens que l’on peut faire avec les acteurs en place, pour créer des boucles d’économie circulaire. Cela revient aussi à identifier les flux entrants et sortants sur le territoire, autant que les besoins internes ou externes. Et à mettre tout cela en relation.

Quels sont les acteurs locaux qui s’engagent dans l’économie circulaire ?

Parfois la démarche émane de chefs d’entreprises qui se posent la question et établissent eux-mêmes des relations. Parfois, ce sera la collectivité qui montera des propositions pour les entreprises. Le rôle de ces dernières est donc capital, et il me semble que la meilleure manière de procéder est d’être en contact avec elles, via notamment les clubs d’entreprises ou des réunions thématiques.

« L’expression “économie circulaire” est de plus en plus connue, mais les gens n’y voient pas forcément un intérêt. »

Cela dit, l’expression “économie circulaire” est de plus en plus connue, mais les gens n’y voient pas forcément un intérêt. Il y a encore beaucoup de travail à mener avant d’en faire une stratégie intéressante pour le plus grand nombre. Car, comme je l’indiquais, cela nécessite de repenser la manière dont on fonctionne, de prendre du recul.

« Sprint circulaire » chez Picture Organic Clothing, organisé avec l’incubateur Cocoshaker / Crédit photo : Cocoshaker (DR)

Et la logique de filière joue-t-elle un rôle ?

Tout à fait ! C’est d’ailleurs à la fois une nécessité et le meilleur moyen de développer l’économie circulaire pour un type de produit. Au Valtom, je travaille sur les projets de réduction de déchets, la prévention et la sensibilisation de tous les acteurs. Nous travaillons par exemple sur le sujet du textile, avec le souhait d’avoir une filière complète de traitement et de valorisation en local : c’est une vraie problématique pour les collectivités adhérentes.

Mais le travail en filière ne fonctionnera que si les acteurs sont capables de le faire en local, et si les quantités traitées sont suffisantes pour la pertinence économique. 

Voir le reportage : Plastique fantastique: l’univers de Jurassik’Plastik

Un projet de filière représentatif de ton travail est celui de Pampa…

Pampa cherche à développer l’économie circulaire à toutes les étapes de la filière du verre sur le territoire, notamment via le réemploi [qui évite de briser les contenants, NDLR]. Cela a commencé avec l’association ADML63, qui porte la monnaie locale la Doume : en 2017, elle réalisait une pré-étude de faisabilité pour l’ouverture d’une laverie de contenants en verre. Très vite, le Valtom a été intéressé dans le cadre de sa mission de valorisation des déchets ménagers.

« Envisager un vrai projet de territoire autour du réemploi du verre. »

En effet, le verre est très bien “capté” [récupéré en conteneurs] et valorisé, mais le principe de détruire les contenants pour les refondre devrait être secondaire par rapport au réemploi (cf.hiérarchie des modes de traitement). Il est aussi de plus en plus problématique à cause des coûts de l’énergie. Aujourd’hui, c’est même devenu un point critique, avec des prix qui explosent, et une pénurie pour certains contenants comme les pots de miel.

C’est donc la mission de Pampa : établir un dialogue des acteurs en présence sur l’Auvergne pour identifier les “trous dans la raquette”, évaluer les volumes en jeu, et envisager un vrai projet de territoire autour du réemploi du verre.

Quels sont les moyens dont dispose Pampa ?

De collectif d’acteurs locaux, Pampa est devenu une association loi 1901 en octobre 2020, en préfiguration de SCIC [Société Civile d’Intérêt Collectif]. Elle rassemble une dizaine d’adhérents de toute  la chaîne de valeur, producteurs (miel, confitures, bières), distributeurs, collectivités, ou encore Bio63 et l’atelier de lavage de bocaux Avenir, à Riom. Nous avons aussi été accompagnés par Macéo, qui participait à la réflexion à l’échelle du Massif Central.

« L’originalité de Pampa est de traiter tous les types de contenants en verre, et pas que les bouteilles. »

Elle fonctionne grâce à des subventions variées, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes à l’ADEME, en passant par France Active Auvergne, la Fondation Carrefour, CITEO ou encore Biocoop. Mais nous espérons à terme développer les revenus du service de la consigne pour nous passer de ces aides extérieures. Ces services consisteront en de la vente, lavage et collecte de contenants en verre, mais aussi de l’achat mutualisé, les actions de sensibilisation et pourquoi pas des boutiques de producteurs. Cela reste à définir.

Enfin, l’originalité de Pampa est de traiter tous les types de contenants en verre, et pas que les bouteilles. Le périmètre auvergnat était nécessaire pour atteindre la “masse critique” que j’évoquais tout à l’heure. Elle permet également de se rattacher à l’identité forte de la région, en valorisant ses producteurs. Cela pousse les consommateurs à s’engager, certains pour des raisons écologiques, d’autres pour le développement du territoire.

Pampa a mis en place plusieurs « ateliers citoyens » pour sensibiliser et fédérer le grand public autour de la thématique du réemploi du verre / Crédit photo : Pampa (DR)

Peux-tu nous résumer les apports et les contraintes d’un tel projet ?

La consigne du verre permet bien sûr de réduire les déchets et l’énergie nécessaire dans le processus. Il économise également de l’eau, bien qu’il faille laver les contenants, mais l’ADEME a montré que c’était moins que pour la “refonte”.

Le projet Pampa a aussi pour ambition de soutenir l’emploi local, et notamment l’insertion. C’est le modèle de l’atelier Avenir à Riom – une unité de lavage – mais aussi des élus locaux qui soutiennent le projet.

« Le projet Pampa a aussi pour ambition de soutenir l’emploi local, et notamment l’insertion. »

L’un des problèmes que nous rencontrons tient à la variété énorme des contenants en verre. Certains producteurs se démarquent avec des modèles originaux, en termes de forme, de taille ou d’éléments en relief : cela complique beaucoup la consigne. La question d’une forme de standardisation se pose, également au sujet des étiquettes.

Entretien complémentaire avec Véronique Guiraud, administratrice de Pampa

Véronique était salariée de l’association Macéo qui a co-fondé Pampa. Désormais indépendante et bientôt retraitée, elle reste très motivée par le projet qu’elle accompagne qu’elle accompagne en tant qu’administratrice de l’association.

Quel est le plan d’action 2023 pour Pampa ?

Le principal changement qui impulse beaucoup de choses est l’arrivée de notre premier salarié, Guillaume, depuis février. C’est une énorme bouffée d’air pour le projet !

En outre, nous avons décidé de travailler spécifiquement sur des solutions de lavage de bouteille. En effet, la demande locale est importante pour ce type de contenants : viticulteurs, brasseurs, même un producteur de kombucha nous ont manifesté leur impatience pour la consigne de bouteilles.

Quelle solution avez-vous trouvée ?

Il n’y a pas d’atelier de lavage de bouteilles en Auvergne. Cela nous a poussé à nous rapprocher de “Ma bouteille s’appelle reviens”, une initiative associative déjà fonctionnelle, près de Valence. Précisons que, dans la partie “Rhône-Alpes” de la grande région, trois initiatives –  Ma bouteille s’appelle reviens, Rebooteille et Alpes Consigne – sont déjà en place, et se sont même regroupées au sein d’une société coopérative de type SCIC. Cela leur a permis d’investir ensemble dans un outil de lavage industriel à Valence.

Nous les connaissions déjà, bien sûr, mais il n’y avait pas eu de vrai rapprochement. C’est chose faite, car les astres se sont finalement alignés. Cela nous permettra de mieux échanger nos expériences et d’avancer plus vite sur la collecte, la consigne, etc.

Comment cela se traduit-il concrètement sur le territoire de Pampa ?

Nous allons initier dans les prochaines semaines nos premiers investissements opérationnels, comme l’achat de “palox” et de casiers 12 bouteilles pour la collecte et le transport des bouteilles. 

Sur la base de premiers critères – certains formats de contenants et surtout des étiquettes qui se décollent à l’eau – nous avons aussi identifié des stocks de bouteille en attente de lavage, chez les producteurs. Cela représente environ 6 à 8 000 bouteilles qui vont nous permettre d’organiser dès avril une première opération de lavage !

Nous allons en parallèle poursuivre le référencement des producteurs qui respectent d’ores et déjà ces critères, sensibiliser et accompagner ceux qui faire évoluer leurs pratiques pour pouvoir eux aussi passer au réemploi. 

Enfin, nous nous préparons à lancer les premiers cycles de consigne sur le territoire. Les distributeurs et magasins partenaires seront progressivement équipés avec des meubles dédiés, des casiers logotés Pampa, etc. Nous espérons traiter 15 à 20 000 bouteilles cette année, sachant que nous commencerons en avril.

L’association Avenir vient d’annoncer sa liquidation judiciaire. Comment cela va-t-il impacter Pampa ?

Avenir était en situation difficile depuis plusieurs mois, ce n’est donc pas une surprise. De plus, c’était un acteur fondamental de Pampa, et cela nous pousse à nous réorganiser: l’un des chantiers support d’insertion d’Avenir était un atelier de lavage de contenants “à large ouverture”. Il lavait donc pour Pampa les pots et bocaux utilisés par les producteurs mais également pour les écocup dans l’événementiel, la vaisselle de traiteurs, ou encore les plats de Raboule! Par contre, il n’est pas équipé pour laver les bouteilles à petit goulot (type vin, bière, etc.)

Cet atelier de lavage fait partie des activités reprises par le Groupe SOS. Nous sommes donc en attente d’en savoir plus sur les orientations qui vont être prises dans ce nouveau contexte. Mais cela a d’autant plus motivé notre choix de nous concentrer prioritairement sur lavage des bouteilles 

Pour conclure, quel est ton état d’esprit, toi qui a soutenu le projet Pampa depuis ses débuts ?

Je suis ravie du changement de rythme lié à l’arrivée de Guillaume dans l’équipe. “Enfin”, si j’ose dire ! Car le projet a souffert des difficultés de plusieurs partenaires publics et privés, certains ayant carrément disparu depuis un an : Avenir bien sûr, mais aussi les Marchés de Max et Lucie ou encore la Petite Réserve. Et bien sûr Macéo, dont je faisais partie. 

Voir le reportage : Les Marchés de Max et Lucie, une épicerie à visage trop humain

Heureusement, les individus au sein de l’équipe, très souvent bénévoles, restent motivés. Et nous avons toujours le soutien capital de structures comme le Valtom, c’est fondamental pour nous ! Je n’attends désormais qu’une chose : que l’on puisse aller trier les bouteilles en attente de lavage chez les producteurs, pour passer à l’action.

Y a-t-il un retour d’expérience sur la consigne dans le Puy-de-Dôme ?

On pense surtout à Raboule ! à Clermont, qui propose des contenants alimentaires consignés pour les produits à emporter. L’enseignement principal est que les gens sont motivés par le réemploi des contenants en verre, mais que sans système de consigne monétaire, les taux de retour sont plus faibles.

En fait, si la motivation initiale est environnementale, il est nécessaire que ça ne coûte rien, et que le processus soit le plus simple possible pour le consommateur. Cela nous pousse, chez Pampa, à développer un maximum de points de récupération des contenants en verre. Mais aussi à soutenir activement les producteurs locaux engagés.

Et quel sera le développement de Pampa en 2023 ?

Nous disposons d’un nouveau collaborateur depuis le 1er février, Guillaume Angot, qui développera l’offre de services. Le but de l’année à venir est de finaliser le modèle économique, de sensibiliser les consommateurs et de mettre en œuvre la consigne. Cela passera sans doute par un événement de lancement en cours d’année.

« Il est nécessaire (…) que le processus soit le plus simple possible pour le consommateur. »

Cette sensibilisation se fera en magasin, par des présentations dans des marchés de producteurs ou des événements sur l’environnement, la nourriture (comme l’Etonnant Festin), etc. Il faut un lien avec les producteurs locaux ! Nous essayerons aussi de mobiliser notre communauté de partenaires pour qu’ils soient ambassadeurs du projet. Je suis convaincue que tout le monde a à y gagner.

Tu travailles également sur la question des déchets verts et alimentaires…

Sur ce sujet, il y a une volonté forte des élus membres du Valtom pour aboutir à une vraie réduction des volumes. Depuis 2019, le territoire bénéficie d’un Schéma Territorial de Gestion des Déchets Organiques, avec de nombreux emplois mis en œuvre pour des actions sur le compostage, la collecte sélective ou encore la valorisation des déchets verts. Nous sommes pionniers dans ce domaine !

« On l’a vu en 2021, il y a eu une vraie explosion du gaspillage alimentaire. »

Pour ma part, j’ai développé, à travers le Valtom, des actions de lutte contre le gaspillage alimentaire au sein de la restauration collective. A partir du 5 avril, nous menons par exemple l’opération “00Reste” sur le territoire de Clermont Métropole. L’idée est de faire participer dix foyers dans une réduction active de leurs déchets alimentaires, avec un accompagnement et un suivi.

Voir le reportage : L’Archipel des Salins milite pour une circularité des biodéchets dans la ville

Ainsi, on pourra comparer les situations avant, pendant et après la période de l’opération – deux mois – à travers différentes actions pour améliorer les pratiques. Par exemple, une sensibilisation à la réutilisation des restes, des conseils et ateliers pratiques pour les cuisiner, bien conserver les aliments, savoir lire les étiquettes de péremption…

Emmanuelle a travaillé sur plusieurs actions de lutte contre le gaspillage alimentaire. Ici, un diagnostic effectué en restauration collective / Crédit photo : Emmanuelle Pannetier (DR)

Les déchets alimentaires sont-ils en voie de réduction ?

Hélas non : on l’a vu en 2021, il y a eu une vraie explosion du “gaspillage alimentaire”, avec de nombreux produits consommables jetés tout emballés ! 

En janvier 2024, la loi AGEC [Anti-Gaspillage et Economie Circulaire] a prévu une obligation de tri à la source des biodéchets dans la poubelle grise. Les collectivités devront donc proposer des moyens de prise en charge spécifique, par une collecte dédiée, ou du compostage de proximité. Ce sera très complexe à mettre en œuvre… mais on va y arriver ! Au Valtom, c’est aussi notre rôle que d’accompagner les acteurs locaux dans ces démarches.

Pour aller plus loin :
Agir – « Prendre le guide des alternatives publié par Alternatiba 63. Il comporte plein d’idées de structures et d’actions à mettre en place »

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Propos recueillis le 9 février 2023, mis en forme pour plus de clarté et relus et corrigés par Emmanuelle. Crédit photo de Une : Damien Caillard, Tikographie