Les Marchés de Max et Lucie, une épicerie à visage trop humain

Par

Marie-Pierre

Le

Maxime Fritzen et Lucie Vorilhon, alias Max et Lucie

Distribution de paniers et épicerie de produits locaux : Les Marchés de Max et Lucie portaient un projet autant social qu’économique. A l’heure où ils baissent le rideau, on analyse avec eux la portée de ce qu’ils ont construit, les raisons de leur fermeture, la trace qu’ils laisseront dans les cœurs…


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Mon ressenti

Ayant fait partie de l’équipe qui portait le tiers-lieu Épicentre Factory, lequel était point de dépôt pour les paniers commandés dans le quartier, je fais aussi partie de ceux qui ont vu chaque jeudi la petite camionnette faire halte devant notre vitrine, et Lucie débouler chargée de ses sacs en kraft d’où dépassaient poireaux et bottes de carottes. Courant quasiment, elle lançait un « Bonjour! » radieux à la cantonade, récupérait l’enveloppe des paiements, et disparaissait, nous laissant la même impression qu’un éphémère rayon de soleil par une journée de novembre.

Nos projets, ainsi que celui de LieU’topie et quelques autres, étaient nés et avaient grandi plus ou moins ensemble, à partir de ces années 2013-2014 où soufflait un vent d’audace créative, d’envie de faire naître dans la société civile des projets très affirmés, questionnant les modèles de notre société. Nous n’étions pas encore complètement tournés vers les questions d’écologie et de résilience, mais on parlait de collaboration, de coworking et de colunching, de circuits courts, de solidarité, d’innovation…

Est-ce le covid qui a fait retomber le soufflet ? Épicentre a fermé ses portes en 2020. Les projets autour de l’alimentation sont à la peine. La crise économique pousse les consommateurs comme les entrepreneurs à baisser les bras.

Évoquer le parcours de Maxime et Lucie, c’est un peu faire le bilan de toute une époque.

Sans trop de nostalgie tout de même, car d’autres projets naissent, sans doute différents, plus pragmatiques, peut-être plus modestes dans leur ambition mais aussi plus nombreux. Des crises, on en aura d’autres – c’est tout le sujet de Tikographie – et de nouvelles énergies peuvent prendre le relais des pionniers pour relever les défis. Il est temps de réinventer notre époque. En s’appuyant sur l’expérience de ceux qui ont fait leur part…

Marie-Pierre

La structure : Les Marchés de Max et Lucie

Commerce en ligne et en boutique de produits locaux d’épicerie, avec un modèle social original et politiquement affirmé


Les Marchés de Max et Lucie ont été créés en 2014 à Clermont-Ferrand par Lucie Vorilhon et Maxime Fritzen. Dans un premier temps, la SARL propose une offre de paniers de produits locaux, livrés en points relais ou à domicile. Ils se chargent eux-mêmes de sélectionner les producteurs, d’aller chercher les produits à la ferme ou chez les transformateurs, d’assembler et de livrer les paniers.

En 2017, en complément de cette activité, ils ouvrent une épicerie avenue Charras, dans le quartier de la gare en cours de réhabilitation, et y commercialisent les mêmes produits. Ils embauchent Sarah, leur première salariée, que rejoint Amandine deux ans plus tard.

Leur modèle se veut humain et questionne les modèles de distribution, prônant l’accessibilité pour tous à des produits sains, et le soutien aux petits producteurs. Ils participent à des initiatives dans ce sens : paniers à prix réduits pour les étudiants, frigos solidaires, distribution d’invendus bio pour lutter contre la précarité alimentaire…

La crise sanitaire déstabilise leur modèle encore fragile, provoquant un afflux brutal de commandes, puis une chute presque aussi rapide.

La société est finalement fermée début 2023.

Les principaux points à retenir

  1. Après dix ans d’activité, Les Marchés de Max et Lucie ferment définitivement. Ils s’étaient développés sur le modèle de la distribution de paniers de produits locaux dans la métropole clermontoise, puis d’une épicerie dans le quartier de la gare.
  2. Bien que structurés en SARL, leur modèle se rapprochait de celui de l’économie sociale et solidaire, avec une volonté politique forte de questionner les modèles de l’alimentation, de prôner la possibilité pour tous d’accéder à des produits sains et locaux.
  3. Leur positionnement était aussi celui d’un soutien aux petits producteurs, souvent isolés et peu aidés.
  4. Maxime et Lucie insistent aussi sur l’aspect humain de leur entreprise : une volonté forte de tisser des liens tant avec leurs fournisseurs qu’avec leurs clients, de participer à la vie de leur quartier. De fait, l’élan de sympathie et de tristesse à l’annonce de leur fermeture témoigne de la proximité qu’ils avaient su établir avec tous.
  5. La crise sanitaire leur a apporté un brusque afflux de commandes, qui les a contraints à embaucher et à se développer. Mais une fois les confinements passés, les commandes ont chuté, les charges sont restées et les difficultés ont commencé.
  6. Après avoir tenté de s’adapter, notamment en développant une activité de buffets-traiteurs, ils ont fini par jeter l’éponge, devant l’épuisement, la hausse des charges d’énergie, la baisse des commandes…

Exemplaires en vente à la librairie des Volcans d’Auvergne

En cette fin de mardi après-midi, les clients entrent et sortent de l’épicerie presque sans discontinuité. Pourtant les étagères sont presque vides. Le soir-même, l’attachante boutique de l’avenue Charras à Clermont va tirer définitivement son rideau de fer et écoule ses derniers stocks de produits locaux : il reste de la bière, des jus de fruits, du miel, des savons…

Max, Lucie et Sarah cassent les prix, s’activent, mais continuent à sourire et prennent le temps de discuter avec ces consommateurs qu’ils interpellent souvent par leur prénom. Amandine s’est absentée, mais elle a fait aussi sa part dans la journée. Il flotte dans l’air un mélange de gaité et de nostalgie. « On a vu des clients pleurer », confie Lucie, presque incrédule devant tant de témoignages de sympathie.

« Les gens se sentaient comme chez eux ici »

Lucie Vorilhon

Pourtant cette sympathie s’explique facilement, car « Les Marchés de Max et Lucie » n’étaient pas un commerce ordinaire. « C’était un projet politique », dit Maxime. Une aventure de dix ans pour tenter une autre façon d’aborder la question alimentaire : en soutenant les petits producteurs locaux, en pratiquant des prix accessibles, en réfléchissant aux questions de gaspillage ou de précarité alimentaire et surtout, en mettant l’accent sur le lien humain, sur toute la chaîne. « Parce qu’on avait constamment le sourire, parce qu’on mettait la musique à fond, qu’on prenait le temps de discuter, les gens se sentaient comme chez eux ici. Ce qu’on avait réussi à créer était bien plus qu’un commerce de proximité ; c’était un lieu ouvert avec du lien, de la vie pour le quartier », résume Lucie.

Max, Lucie et Sarah (Amandine, absente, complétait l’équipe) auront gardé le sourire jusqu’au dernier jour de la boutique ! – Photo Marie-Pierre Demarty

C’était aussi des semaines très intensives et beaucoup d’énergie – sans doute trop : « Un projet social porté par une SARL, c’est forcément compliqué. Nous aurions pu le créer en SCOP ou en SCIC [Société Coopérative Ouvrière, et Société Coopérative d’Intérêt Collectif] , mais à l’époque, l’économie sociale et solidaire était balbutiante, pas très recommandée pour gagner la confiance des agriculteurs, et ça aurait impliqué de sortir des salaires pour tous ; ce n’était pas envisageable au début », analysent-ils.

Lire l’entretien : Pour Lucie Vorilhon : « c’est très dur de trouver des maraîchers en local »

Le choix de soutenir les petits producteurs

Gagner la confiance : c’était la première gageure qu’avaient eu à relever Maxime Fritzen et surtout Lucie Vorilhon, elle qui avait en charge d’aller convaincre des agriculteurs de s’impliquer dans leur projet. Tous deux avaient 24 ans à l’époque. Le projet, en 2013, consistait à vendre des paniers de produits 100% locaux, commandés sur internet et distribués en points relais ou à domicile.

« On a le sentiment que les petits agriculteurs forment un corps de métier sacrifié. »

Lucie Vorilhon

« Nous ne nous sommes pas positionnés sur le bio qui a déjà un réseau assez structuré, mais sur des petits producteurs plus isolés, qui galèrent, n’ont pas d’aides financières et qu’on a voulu soutenir », explique Max qui, tout en conservant un travail salarié, portait parallèlement la gestion de la communication, des commandes, du développement.

Pendant ce temps, Lucie circulait à bord de sa petite camionnette depuis les fermes jusqu’aux points de dépôt, toujours pressée, énergique, rieuse. Ce qui n’empêche pas une certaine gravité à l’heure du bilan : « Avec le recul, on a le sentiment que les petits agriculteurs forment un corps de métier sacrifié. Quand nous avons connu les premières grosses difficultés, nous avons fait le choix de continuer pour ne pas les abandonner. Jusqu’à ce que ce ne soit plus tenable. »

Le témoignage de Béatrice, apicultrice

« C’était leur force d’avoir tissé de vrais liens avec les producteurs »

Béatrice Peyrachon, apicultrice à Bort-L’Etang, fournissait le miel des paniers et de l’épicerie depuis les tout débuts des Marchés de Max et Lucie.

Comment ressentez-vous cette fermeture ?

Ma réaction, c’est d’abord une énorme déception. Ils représentaient un modèle différent de distribution des produits locaux, au contact de la ville. Leur fermeture est le signe que notre société n’est pas prête à changer.

Pourtant leur modèle économique semblait intéressant ; ce n’était pas juste une utopie. C’est ce moment de crise qui a provoqué leurs difficultés. Les gens se tournent vers la facilité, n’ont plus envie de faire d’efforts pour soutenir ce genre d’initiatives. En raison des difficultés économiques, ils font des choix qui ne vont pas dans le sens de leur santé et de la qualité des produits.

Comment la disparition des Marchés de Max et Lucie vous impacte-t-elle ?

Économiquement parlant, cela m’impacte, car je vendais grâce à eux une partie de mon miel. Mais au-delà de la vente, ils avaient une proximité avec les producteurs, pour pouvoir vendre bien. Ils portaient les mêmes valeurs que nous qui produisons des produits locaux de qualité. L’impact pour moi est donc non seulement économique, mais aussi sociétal, humain. C’était leur force d’avoir tissé de vrais liens avec les producteurs.

Ces difficultés se ressentent-elles aussi chez d’autres distributeurs que vous fournissez ?

Globalement, oui, par exemple en magasins de producteurs.

Cela se ressent aussi sur des porteurs de projets, car Max et Lucie étaient un modèle qui a inspiré beaucoup de gens qui s’installent aujourd’hui. La fermeture de leur affaire est aussi en train de faire des vagues sur ces personnes, qui pourraient se décourager.

Même au moment d’arrêter, cette attention ne s’est pas diluée. Lucie s’inquiète pour certains fournisseurs, moins pour d’autres parce qu’ils ont arrêté eux aussi, ont baissé les bras ou prennent leur retraite. Le choix a été fait de profiter des toutes dernières semaines pour écouler au maximum les marchandises afin de payer autant que possible ces fournisseurs avant la liquidation. Et un arrangement a été trouvé avec le tiers-lieu étudiant LieU’topie pour qu’un des maraîchers continue à fournir les paniers subventionnés pour les étudiants.

Un quartier à faire revivre

Depuis 2013, le service initial fondé sur la distribution de paniers a connu de nombreuses évolutions, mais toujours en restant fidèle à sa philosophie avant tout humaine et sociale.

La première étape avait été l’ouverture de l’épicerie en complément des distributions, dans un quartier de la gare aux allures très dégradées, que la municipalité clermontoise cherchait à réhabiliter. Les Marchés de Max et Lucie constituaient une première pierre – la Ville est propriétaire du local – suivis de la réfection de la rue. Ce qui n’a pas (encore) suffi à rendre une dynamique au quartier.

La devanture des Marchés de Max et Lucie
Les Marchés de Max et Lucie avaient créé un lieu de vie dans le quartier de la gare. Ils baissent le rideau… – Photo Marie-Pierre Demarty

Dans ce contexte social, le volontarisme des jeunes épiciers prenait tout son sens. Ils prennent ainsi l’initiative d’installer un « frigo solidaire » permettant des dons d’aliments. Ils passent cet accord avec LieU’topie pour fournir les étudiants en aliments sains et abordables, grâce à une subvention du Service de Santé Universitaire. Ils organisent des distributions de nourriture avec un collectif de copains-citoyens – la Brigade de la Fringale – en récupérant les invendus encore consommables des magasins bio…

Le témoignage de Mathieu, co-président de Lieu’Topie

« Cela pose des questions de fond sur les habitudes alimentaires »

Les Marchés de Max et Lucie étaient un partenaire privilégié du tiers-lieu étudiant LieU’topie, où la question de l’alimentation est très présente. Grâce à une subvention du Service de Santé Universitaire, les étudiants pouvaient commander des paniers de produits frais à petit prix, à retirer au tiers-lieu. Max et Lucie livraient encore dernièrement une moyenne de 40 paniers étudiants par semaine, et jusqu’à 120 avant la pandémie.

Mathieu, co-président de ce lieu très engagé, témoigne de ce qui a été partagé avec ces complices épiciers.

Comment réagit l’équipe de LieU’topie à l’annonce de cette fermeture ?

Cela fait mal au cœur de voir disparaître un acteur de plus de l’alimentation locale, après d’autres comme la Petite Réserve. C’est triste pour nous de perdre un acteur structurant de l’alimentation locale.

Les Marchés de Max et Lucie étaient aussi pour nous un partenaire de longue date ; depuis six ans nous travaillions ensemble sur le projet des ‘SSUper-paniers’ étudiants, un dispositif emblématique de LieU’topie en collaboration avec le Service de Santé Universitaire.

Au quotidien, une page se tourne car on ne verra plus Lucie livrer les paniers chaque semaine. En même temps nous sommes rassurés car nous savions que la situation n’était pas facile et c’était désagréable de voir des personnes dans un beau projet se tuer à la tâche. On leur souhaite le meilleur, et de rebondir sur d’autres beaux projets.

Le système des paniers va-t-il pouvoir perdurer ?

Nous sommes en train de nous réorganiser pour récupérer en direct la fourniture des légumes par le producteur. Mais cela va impliquer une nouvelle charge de travail pour notre équipe salariée pour la gestion des commandes et l’assemblage des paniers. Ce dispositif va donc pouvoir en principe survivre. En attendant les étudiants ont d’autres solutions pour s’approvisionner : nous proposons ici des invendus bio, un peu de légumes de la ferme de Sarliève et il y a d’autres possibilités dans l’agglomération. Nous espérons pouvoir relancer les paniers d’ici à un mois… Et nous engageons des travaux pour créer une cantine, avec des plats cuisinés qui n’étaient pas encore trop présents dans notre dispositif alimentation.

Cette fermeture remet-elle en question votre approche de la question alimentaire ?

C’est effectivement compliqué, aussi, de perdre des partenaires et amis sur une thématique du bien-manger local qui est forte à LieU’topie. Nous avions l’habitude de nous croiser sur différentes actions ou événements sur ce thème. Ce n’était pas seulement des commerçants avec qui on travaillait ; il y avait une solidarité, un rapport de proximité fort.

De notre côté, nous sommes engagés sur des actions qui vont dans le sens de favoriser l’accès au bien-manger ; mais quand on voit qu’un des principaux acteurs de cette chaîne-là n’arrive pas à tenir, même si on ne perd pas espoir, cela demande de se réinventer. Cela pose des questions de fond sur les habitudes alimentaires… Comment on approche le manger-local à Clermont-Ferrand ? Comment la population s’approprie cette question ? Et finalement, qu’est-ce qui fait que ça fonctionne mal ?

Tout cela à cent à l’heure, et en s’impliquant encore dans d’autres projets qui portent, eux aussi, une certaine vision politique de la question alimentaire, comme Pampa pour le développement du réemploi des bocaux en verre, ou l’Étonnant Festin, événement clermontois aussi festif que culinaire.

Affronter la crise

Si Maxime et Lucie admettent que leur affaire a toujours été « complexe et fragile », les vraies difficultés surviennent dans le sillage de la crise sanitaire.

Pas tout de suite. « Pendant le premier confinement et les mois suivants, la demande de paniers a explosé. Nous avons perdu les paniers étudiants et la soixantaine de commandes groupées de Michelin, mais nous sommes passés brusquement de 60 demandes de particuliers en moyenne par semaine à 300 », calcule Lucie. Maxime enchaîne : « Ça a été l’hystérie. Nous avions besoin de bras. Nous avons augmenté le temps de travail d’Amandine, embauché une personne supplémentaire, relevé les salaires. Nous avons aussi profité de cette manne pour réaliser des investissements nécessaires, mais que nous repoussions faute de moyens. »

« Nous n’avons reçu aucune aide car nous faisions partie des gagnants de la crise sanitaire. »

Maxime Fritzen

La fragilité se fait sentir quelques mois plus tard : les clients se détournent peu à peu de cette offre qui leur avait tant rendu service. « A partir de début 2021, c’est devenu critique. Nous sommes tombés en dessous du niveau d’avant covid. Mais nous n’avons reçu aucune aide car nous faisions partie des gagnants de la crise sanitaire. Sauf que nous avions des salariées supplémentaires, des charges… »

A cette époque, pas question d’abandonner. Toujours souriante mais assez éprouvée, l’équipe se lance dans une nouvelle activité de buffets traiteur. Concoctées dans la minuscule cuisine de l’arrière-boutique, les bouchées gourmandes et tartines inventives font leur apparition dans les événements chics, les séminaires sociaux et autres rendez-vous locaux.

Mais ça ne suffit pas. Ça aggrave même l’état des troupes. « Ça a permis de tenir financièrement, mais c’était beaucoup trop de travail avec les trois activités. Ce n’était pas tenable dans la durée », explique Lucie. Cela combiné aujourd’hui avec la hausse des coûts de l’énergie… La conclusion a fini par s’imposer.

Une question politique

Alors maintenant ? Dans l’immédiat, il y aura pour Max et Lucie à gérer la procédure de liquidation. Pour Lucie, Sarah et Amandine, la recherche d’un boulot de salarié un peu plus tranquille.

« Tout ce côté humain, qu’on a cultivé avec nos fournisseurs et transmis à nos clients… »

Lucie Vorilhon

Mais il restera les souvenirs et les questionnements. Pour ces derniers notamment, la problématique du modèle à créer – à la fois macro et micro – pour assurer aux populations une alimentation saine, abordable et autant que possible locale. « Nous sommes loin d’être les seuls à arrêter », constate Lucie, qui énumère : Végédôme, La Petite Réserve, le volet itinérant de L’Auvergne en Vrac« Même les supérettes bio sont impactées, ajoute Maxime. Les politiques s’en préoccupent, mais leurs délais d’action sont très lents. Et c’est surtout une question qui doit se régler à plus haut niveau : c’est d’abord la politique agricole commune qu’il faudrait repenser. »

Voir le reportage (avant leur fermeture) : La Petite Réserve assume son engagement et amorce le virage du numérique

Quant aux souvenirs, Lucie est embarrassée pour choisir les plus marquants… « Ils sont tellement nombreux ! » Elle cite tout de même : « Tous nos anniversaires, qu’on marquait en faisant intervenir des artistes… Les maraudes avec la Brigade de la Fringale… Mais aussi les livraisons chez les gens qu’on a vus évoluer en dix ans, avec des enfants qu’on a vus grandir… Tout ce côté humain, qu’on a cultivé avec nos fournisseurs et transmis à nos clients… »

Souvenirs et questionnements, finalement, se rejoignent dans cette question que pose Maxime : « Est-ce que l’économie sociale et solidaire ne doit reposer que sur l’énergie humaine ? »

Pour le plaisir et pour les recettes : voir les chroniques de Tikographie avec les Marchés de Max et Lucie (2020-2021)


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Reportage réalisé le mardi 31 janvier 2023. Photo de Une : Marie-Pierre Demarty, Tikographie