Le Court en route vers le durable

Par

Marie-Pierre Demarty

Le

Festial du Court Métrage de Clermont-Ferrand
Le Festival international du Court Métrage de Clermont-Ferrand travaille depuis plusieurs années à devenir un événement éco-responsable. Une démarche structurée et progressive, qui avance en cohérence sur tous les axes. Passons-les en revue.

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Le pourquoi et le comment   [cliquer pour dérouler]

Reportage réalisé hier et rédigé à chaud… parce que ça vaut la peine de voir sur le vif comment une politique de transformation se met en place.

De ce fait, je n’ai pas eu le temps de faire court… un comble !

Mais ça vous fera une belle occupation pour vos dernières files d’attente…

Marie-Pierre

Trois infos express   [cliquer pour dérouler]

  • Le festival international du Court Métrage, qui se termine aujourd’hui, est entré depuis quelques années dans une démarche d’éco-responsabilité à 360°, en s’efforçant de réduire au maximum ses impacts. Ses actions se sont structurées notamment grâce à un engagement dans le label Evénement Eco-Responsable du réseau REEVE. Ce label permet une démarche progressive à 3 niveaux d’engagement. Le festival vise cette année le plus haut niveau, qui doit valider un minimum de 75 actions.
  • Ces actions se situent dans tous les domaines où un événement de cette ampleur peut avoir un impact : mobilier éco-conçu et réutilisable, gestion et tri des déchets, matériels réutilisables, réduction de l’utilisation du papier ou du plastique, fontaines à eau, transports, alimentation, etc. Une « Brigade verte » de volontaires est chargée de sensibiliser le public et de lui faire remplir un questionnaire entrant dans les outils d’évaluation.
  • Certains impacts sont encore difficilement maîtrisables. Notamment la restauration des festivaliers, qui n’est pas gérée par le festival. Et le transport des invités, d’autant plus impactant pour le bilan carbone quand la programmation met à l’honneur une région du monde lointaine, comme cette année l’Asie du sud-est. La solution – imparfaite – passe par la compensation carbone, et par des partenariats, par des incitations auprès des partenaires et fournisseurs, des recommandations… Peu à peu, la manifestation s’efforce d’entraîner tout son écosystème dans cette dynamique.

Si vous êtes un habitué du festival du Court Métrage, l’événement phare de la vie culturelle clermontoise, vous avez peut-être remarqué quelques innovations ces dernières années : des poubelles de tri, des fontaines à eau, bien moins d’affiches dans les couloirs et escaliers, des bénévoles affichant sur la casquette leur rôle de « Brigade verte », qui vous en ont peut-être dit un peu plus sur le sujet…

Mais peut-être ne l’avez-vous même pas remarqué, car ces touches d’amélioration apparaissent discrètes quand la foule des festivaliers envahit le hall de la Maison de la Culture et les autres lieux qui participent à l’effervescence festivalière. Car avec ses 155 000 entrées en une semaine, ses 380 bénévoles, et ses 4500 accrédités arrivant du monde entier, la démarche environnementale du « Court » apparaît une belle gageure.

Tri des déchets, place plus réduite laissée à l’affichage… Discrètement, le festival se métamorphose.

Mais elle est en route, progressant un peu plus chaque année. Trois membres de l’équipe organisatrice veillent particulièrement sur cette démarche : Fabien de Macedo, régisseur général, Laurent Crouzeix, responsable du marché du Court, et Céline Beaune, assistante régie éco-événementielle.

Leur outil principal pour parvenir à une démarche structurée et cohérente est le label « événement éco-engagé » du REEVE. L’intérêt de cette démarche est de proposer une amélioration progressive, allant chercher des marges d’amélioration dans tous les aspects de l’activité. Le festival clermontois en a passé la première marche en 2023, validée par la mise en place de 30 actions d’éco-responsabilité. Les éditions 2024 et 2025 ont atteint le niveau 2 « en transition » avec 58 engagements. Cette année, le dernier niveau « expert » est visé. Il nécessite d’atteindre au moins 75 engagements.

La RSE illustrée

Parallèlement, la réflexion s’est étoffée avec l’intégration du festival dans la première « promotion climat », un dispositif du Damier pour travailler collectivement à la mise en place d’une stratégie climat, bilan carbone compris.

Hier matin, Céline et Fabien, accompagnés par Anne-Laure Grivaud, consultante qui accompagne le festival dans cette démarche, accueillait justement une délégation de structures culturelles locales – salles, festivals et autres événements, ainsi que le Damier – ayant participé à ces promos climat. Le petit groupe venait voir in situ et en plein rush de l’événement comment le défi est relevé. Je me suis glissée dans le groupe.

Pour comprendre ce qu’est le Damier, cluster des entreprises artistiques et culturelles, et son engagement environnemental, lire aussi l’entretien : « Sous la conduite de Nathalie Miel, le Damier porte un ambitieux projet de transformation de la filière culturelle »
Fabien de Macedo (à gauche) et Céline Beaune (au centre), nos guides de visite, ici dans le Marché du Film court.

Nous avons fait le tour des lieux, à commencer par le Marché du Film court, où les producteurs et distributeurs du monde entier viennent se rencontrer dans le plus important événement de l’année dédié à ces échanges. En ce dernier jour où il était ouvert, le gymnase qui l’accueillait était relativement calme.

Puis au fil de la matinée et alors que les festivaliers commençaient doucement à se rassembler dans les halls et les files d’attente, nous avons visité les coulisses et les espaces publics ; puis la boutique installée en face, dans le patio de la librairie Les Volcans.

Petit à petit, nous avons réuni les pièces du puzzle RSE (ou responsabilité sociale et environnementale) du festival. Voici celles que j’ai relevées.

1. Décor en réemploi

Le Marché du Court, c’est un plein gymnase de stands. Dans ce genre de salons, chacun vient habituellement avec son mobilier, ses habillages en bâches de plastique à usage plus ou moins unique, ses goodies, ses petits événements attractifs avec apéros servis dans de la vaisselle jetable.

Pas question d’imposer quoi que ce soit, mais à Clermont, le pli est pris de proposer des alternatives que chacun est libre d’adopter. Le « pack mobilier éco-conçu » est proposé depuis trois ans : panneaux, banques et présentoirs en bois, fabriqués en Haute-Loire, installés par l’agence locale Kube qui les réutilise dans d’autres événements tout au long de l’année, et qui apportent une unité chaleureuse au décor.

Du mobilier en bois, fabriqué localement et réutilisable.

« Cette année, nous avons proposé un avantage à ceux qui l’adoptaient, avec une accréditation offerte. Environ 50 % des stands ont choisi cette option », indique Céline. « On aimerait à terme que tous les exposants suivent, mais c’est difficile. Comme une bonne partie de nos points faibles, c’est lié à des habitudes très ancrées. Pour l’instant on reste dans l’incitatif ; on ne veut pas faire plus car ces stands sont leur outil de travail et ont des aspects pratiques tels que des meubles qui ferment à clef, des mobiliers personnalisés… Et le but n’est pas d’imposer des choses, on préfère qu’ils appliquent parce qu’ils comprennent », complète Fabien.

« Le but n’est pas d’imposer des choses, on préfère qu’ils appliquent parce qu’ils comprennent. »

Certains exposants ont opté pour un compromis, comme l’Animation Festival Network qui a gardé ses équipements mais a fait réaliser tout l’habillage de son stand en tissu, afin qu’il soit réutilisable.

Le tout posé sur une moquette indispensable pour protéger le parquet neuf du gymnase. Mais plutôt qu’une moquette neuve, celle-ci a été récupérée d’une entreprise, et sera encore réutilisée ensuite.

2. Boire et manger

C’est bien beau d’inciter les gens à venir avec leur gourde, mais s’ils ne peuvent pas la remplir facilement, ça ne fonctionne pas. Même les robinets des toilettes ne sont pas toujours adaptés. Au festival et au marché, des fontaines à eau sont à disposition. Les responsables RSE du festival préféreraient des fontaines pérennes distribuant de l’eau du réseau d’eau potable. Mais ceci relève, disent-ils, « d’une discussion de long terme avec la collectivité : il faut du temps, des travaux, un budget. » Et quand bien même on y parviendrait, « certains de nos visiteurs viennent de pays où l’eau du robinet n’est pas potable et ce sera difficile de leur en faire consommer. »

Pour le reste, la case « boisson et restauration » dépendant directement du festival concerne surtout les nombreux pots, réceptions et autres petits événements dans le grand. Côté Marché du Court, les exposants ont la possibilité d’en organiser aussi. Et le festival leur facilite les choses pour le faire bien. Liste de traiteurs vertueux, vins naturels locaux, gobelets réutilisables, produits de proximité…

Le festival affiche aussi une certaine fierté à avoir poussé son brasseur attitré à utiliser une colle d’étiquette permettant de laver plus facilement les bouteilles et donc, de les réutiliser.

Les foodtrucks installés place des Salins ne sont pour l’instant pas choisis et accueillis par le festival et ne participent pas à la dynamique de responsabilité environnementale.

Et pour ses hôtes qui sont libres de se restaurer où bon leur semble dans Clermont, le festival communique une liste d’établissements qui pratiquent une cuisine bas carbone et proposent un menu végétarien. « Avec ces recommandations, que pratiquent aussi d’autres événements, nous impulsons une dynamique qui est incitative pour le tissu des commerçants locaux », se réjouit Fabien.

Restent les foodtrucks installés place des Salins, qui ne participent pas à la dynamique en question, mais dont le choix, pour l’instant, n’appartient pas à l’organisation du festival. Des discussions sont en cours avec la Métropole pour que ça change.

Pour découvrir un autre acteur de l’événementiel éco-responsable, lire aussi le portrait : « Comment Rémi Bonin questionne l’impact des grands festivals »

3. Tri, recyclage, réemploi, récup…

Pour ne pas participer au tri durant le festival, il faut y mettre de la mauvaise volonté. Réceptacles à biodéchets, poubelles différenciant recyclable et non-recyclable, cendriers, conteneurs à verre sont disposés partout où les déchets concernés sont susceptibles d’être jetés. Et le festival contractualise avec les différentes filières pour évacuer ces différents flux de matières.

Seau à biodéchets, accompagné de ses compères poubelles de tri, à disposition des usagers du Marché du Film.

Pour les biodéchets, la solution n’est pas loin : juste à l’opposé de la place des Salins, l’association Terra Preta les récupère pour le compostage de son petit jardin au milieu du béton. Et ses seaux blancs, bien connus dans le quartier, ont pris place y compris dans le marché du court avec sa fréquentation cosmopolite.

Céline se fait une joie d’annoncer le système mis en place pour les mégots, ces déchets à très longue durée si facilement jetés à même le trottoir. « Nous avons contractualisé avec l’entreprise TchaoMégot, qui les collecte pour les recycler dans le bâtiment… ou en doudounes. Le problème, c’est que leurs sacs sont trop grands pour la production du festival, et le recyclage ne peut pas se faire sur des mégots récupérés depuis plus d’un an. Mais nous avons mutualisé avec d’autres structures pour remplir le sac : le Damier pour son événement Lux, les Nuées ardentes, bientôt la Copé. »

« Nous sommes censés être à zéro plastique mais ce n’est pas vraiment possible. »

Le plus gros des déchets concerne le papier, malgré une réduction drastique de l’affichage. « Nous avons un contrat avec une entreprise de cette filière, qui nous fournit un bilan annuel et un bilan spécifique au festival. Ça diminue chaque année », poursuit Céline.

Le sac de récupération des mégots sera rempli en un an, grâce à une mutualisation avec d’autres événements clermontois.

Le plastique est lui aussi en diminution mais toujours présent. Notamment dans les coulisses de la régie. « Nous sommes censés être à zéro plastique mais ce n’est pas vraiment possible de s’en passer complètement. Car il est plus léger que d’autres contenants et présente des avantages en termes de sécurité. Par exemple pour emballer le contenu des palettes de façon solide ou en grands bacs pour transporter des choses. Mais on a quand même bien réduit. Nos catalogues ne nous arrivent plus conditionnés sous plastique », explique le régisseur général.

Enfin, même la signalétique des salles est devenue totalement réutilisable d’une année sur l’autre, car le millésime a disparu. L’an dernier, le festival avait quand même apposé son logo… et voilà qu’il a été changé juste après ! Leçon retenue. Le plus : ces panneaux totalement neutres peuvent même servir pour une autre manifestation.

Une signalétique des salles neutre, pour pouvoir la réutiliser d’année en année.
Lire aussi le reportage : « Terra Preta parie sur l’avenir des biodéchets de la ville »

« Conversation x Maxime Fritzen »

Pour inaugurer notre nouveau format, nous avons la joie de recevoir Maxime Fritzen, co-directeur de l’Union des Épiceries Solidaires (UGESS).

Jeudi 12 févier (18h-19h) à la librairie des Volcans à Clermont – tous publics, gratuit et en accès libre

4. Venir de près ou de loin

Pas facile, pour un événement de réputation mondiale, de réduire son empreinte carbone. Les délégations qui arrivent du monde entier ne vont pas pouvoir venir à bicyclette ! Même quand on vient d’Europe, les liaisons en train pour Clermont ne donnent pas très envie d’abandonner les moyens de transports plus carbonés.

Comment faire ? « Tout ce qu’on peut tenter, c’est d’inciter les structures ou délégations à réduire le nombre de personnes présentes. Mais ce n’est pas facile, car le Marché du Court est le plus gros événement de l’année. On commence aussi à dialoguer avec d’autres festivals qui ont lieu à des dates rapprochées, à Rotterdam et à Berlin, pour encourager les festivaliers qui viennent de loin à grouper leur déplacement. Mais ce n’est pas simple », dit Fabien.

Au moins, depuis quatre ans, le festival clermontois évalue et sensibilise. Anne-Laure, qui a la charge d’organiser ces enquêtes, explique : « Nous travaillons sur la base de données des accréditations, ce qui nous permet une analyse d’empreinte carbone assez fine. Cela nous sert pour calculer nos impacts à compenser. »

« Cette année, le thème ‘Asie du Sud-Est’ a fait remonter le bilan carbone. »

Car la compensation est le moyen qui a été trouvé de répondre à cette problématique : « Depuis trois ans, nous avons un partenariat avec la LPO ; nous lui reversons des sommes qui sont allouées à des actions de protection de la biodiversité en proximité. L’an dernier, c’était pour soutenir des agriculteurs qui mettent en place des mesures environnementales. L’équipe a même participé à un chantier de creusement d’une mare », raconte Céline.

Il est cependant difficile de constater une trajectoire d’amélioration du bilan carbone. « Ça fluctue d’une année sur l’autre en fonction des thématiques de programmation, explique Fabien. Par exemple cette année, le thème ‘Asie du Sud-Est’ a fait remonter le bilan. Pour bien faire, il faudrait alterner entre des focus lointains et l’année suivante, peut-être des pays plus proches. Cela nécessite une vision encore plus globale où on inclut la programmation dans la stratégie RSE. On y travaille… »

Un moyen efficace d’encourager le covoiturage… et la créativité.

L’évaluation ne s’arrête pas aux voyages en avion des invités. Durant toute la semaine, les festivaliers sont conviés à répondre à des questionnaires sur leurs pratiques : provenances, modes de transports, et autres attitudes en termes de restauration, de numérique, etc. 

Car le numérique n’est pas toujours la solution à tout. Les organisateurs ont définitivement observé que malgré les multiples applis disponibles, le bon vieux tableau blanc dans le hall de la Maison de la Culture est le meilleur moyen de mise en relation pour favoriser le covoiturage.

5. Transports lourds et légers

Il n’y a pas que des gens à transporter dans un festival. Tout le matériel de régie, le mobilier, la restauration et les boissons, les catalogues, etc. Croyez-vous que ça se transporte en semi-remorque ? Au Court de Clermont-Ferrand, un petit camion de 20 m³ est ce qui s’utilise de plus gros, et uniquement pendant le temps de montage de l’événement. « Nous essayons d’inciter notre partenaire à passer aux véhicules électriques. C’est un gros investissement mais il commence à y penser », dit Fabien.

Pour les transports de matériels durant le festival, presque tout se fait avec ce vélo-cargo.

Et pendant le festival ? Le principal véhicule utilisé, prêté par une entreprise du Brézet, est un (gros) vélo-cargo à assistance électrique, dont la remorque fermée peut contenir une palette entière. Pas aussi maniable qu’un VTT de base, mais il est dimensionné pour emprunter les pistes cyclables, évitant la perte de temps dans les bouchons, et il fait le job pour aller de la Jetée à la Maison de la Culture et autres lieux du festival. Et même pour traverser la rue et apporter un stock de réassort à la boutique du festival sans ajouter à la fatigue.

6. Sensibiliser et accompagner le festivalier

Avez-vous remarqué ces bénévoles en casquette verte qui circulent aux abords des salles ? Et qui ont tenu un stand mardi et jeudi dans le hall de la Maison de la Culture ? Ils sont là pour gérer les biodéchets. Et surtout pour vous expliquer tout ce que fait le festival en matière d’environnement, pour vous aider à faire votre part, vous rappeler qu’on peut éviter les bouteilles en plastique ou les mégots par terre, et vous faire répondre au questionnaire RSE. Cette « Brigade verte » est constituée de volontaires dépêchés et formés au sujet dans le cadre d’un partenariat avec l’association Unis-Cité.

Le stand de la Brigade verte, dans le hall de la Maison de la Culture, permet de présenter la démarche environnementale et sociale du festival.

Et parce que dans « responsabilité sociale et environnementale », il y a aussi « social », un autre stand est en place chaque après-midi dans le hall de la Comédie. De ce côté, c’est l’association Bici Social Crew et sa « Brigade du kiff » qui opèrent. Pour veiller aux éventuelles problématiques de violences sexistes et sexuels, pour distribuer aussi bien des préservatifs que des bouchons d’oreille. Pour accueillir toute personne qui se sentirait en détresse dans la foule de ces huit jours intenses.

Plus tard, une fois l’effervescence retombée, les bénévoles recevront eux aussi un questionnaire, pour s’assurer qu’ils ont bien vécu l’expérience et pour repérer les points d’amélioration. « Le taux de retour est intéressant et les résultats sont plutôt positifs », souligne Anne-Laure.

7. Et avec quoi je repars ?

Comme toute visite guidée qui se respecte et sans obligation d’achat, terminons par une escale à la boutique du festival. Pour découvrir que l’éco-conception et le réemploi se glissent jusque dans les souvenirs proposés. Notamment sous deux formes.

Vous souvenez-vous de l’immense bâche que le festival s’était offerte l’an dernier pour s’afficher sur le pignon des pistes de Cataroux ? Elle a été confiée à l’entreprise d’insertion Green Couture pour être transformée en une multitude de sacoches et pochettes d’ordinateur. Des pièces uniques tout ce qu’il y a de plus collector.

À peine moins stylées, d’autres productions en tissu plus léger, réalisées par le café-couture Flax, ont permis de trouver une nouvelle vie à divers stocks de tissus marqués de visuels du festival. Le reste de la boutique vient de producteurs locaux… ou pas. « C’est une boutique en transition », reconnaît Céline.

Dans la boutique du festival, des sacs et pochettes réalisés à partir de l’immense bâche affichée l’an dernier au carrefour des Pistes.

Tout cela et le reste plus ou moins visible du public. Mais l’essentiel, pour l’équipe du festival, est que la démarche prenne du sens. « Nous avons commencé à nous pencher sur ces questions vers 2018, en constatant les volumes de déchets, explique Fabien pour conclure. Mais on ne savait pas trop comment s’y prendre et par où commencer. Nous avons trouvé la labellisation de REEVE qui nous correspondait bien et qui nous a permis de structurer la démarche. Mais il faut rester humble. Au début on s’imagine qu’être écologique, c’est tout ou rien. Mais on n’est pas parfait. C’est difficile à communiquer car c’est une démarche de progrès. Et nous progressons… »

Pour plus d’infos sur la démarche éco-responsable du festival, consulter la page dédiée sur le site officiel.

Reportage (texte et photos) Marie-Pierre Demarty, réalisé jeudi 5 février 2026. À la une : La Maison de la Culture, haut-lieu d’un festival de renommée mondiale… avec une empreinte carbone en conséquence.

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