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Le pourquoi et le comment [cliquer pour dérouler]
Raconter les faits qui m’ont marquée, donner des nouvelles de projets ou de personnes que je vous ai présentées, partager des trucs insolites, inquiétants ou heureux… Souvent, je me sens frustrée de ne pas écrire dans le « feu » de l’actu, le format et les (petits) moyens de Tikographie ne le permettant pas trop.
C’est pourquoi j’ai imaginé cet rubrique mensuelle, déjà testée en fin d’été. Je mets de côté ces petites nouvelles et chaque début de mois, je les compulse pour vous.
C’est une sélection un peu subjective, qui laisse de côté ce que vous avez sans doute lu partout, mais s’attarde sur ce qui fait sens et sur ce qui a pu passer inaperçu. C’est bien sûr centré sur notre territoire du Puy-de-Dôme.
Certaines infos ont un prolongement en février : ne manquez pas l’expo encore ouverte, les candidatures encore déposables et concours en cours.
Et si vous avez envie de me dire ce que vous pensez de cette petite innovation, j’en serais ravie.
Marie-Pierre
Un nouveau capitaine
1er janvier.- Le centre de recherche de Clermont de l’INRAE a un nouveau président, Jean-Yves Bechler, qui prend la suite d’Emmanuel Hugo. Il était depuis dix ans le directeur général du réseau des transports en commun de la métropole clermontoise, le SMTC. Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, spécialiste des politiques publiques d’aménagement du territoire et de transition environnementale, il est aussi passé par la DATAR et divers postes au ministère de l’Agriculture. Il prend donc la tête d’un organisme public de recherche sur l’agriculture, l’élevage, l’alimentation et l’environnement qui regroupe 14 unités de recherche et plus de 1000 agents. Focus ici sur un de ces labos, le PIAF, dédié aux arbres et copiloté par l’Université.
Eaux intercommunales
1er janvier.- C’était prévu par la loi : au 1er janvier 2026, la compétence sur la gestion de l’eau potable et l’assainissement devait obligatoirement être transférée des communes vers toutes les intercommunalités. Mais en avril dernier, la législation est revenue en arrière pour les communautés de communes. La com com Thiers Dore et Montagne avait anticipé sur ce transfert (nous l’avions évoqué ici) et tant qu’à faire, elle est allée au bout de l’idée. Cette année s’ouvre donc avec la création de « Eaux de TDM, la Régie des Eaux de l’interco ». Celle-ci gère pour l’instant l’eau potable et l’assainissement de six communes. Détails ici.
Joyeux anthropocène
5 janvier au 23 février.- Souhaitons à la Maison des Sciences Humaines de Clermont-Ferrand un joyeux 20e anniversaire. Cette structure universitaire d’appui à la recherche interdisciplinaire fête ce passage de cap en proposant un concours photo ouvert à l’ensemble des étudiantes et étudiants de l’Université Clermont Auvergne, sur le thème (pas si joyeux que ça mais malheureusement dans l’air du temps) : Regards sur l’Anthropocène. Le concours est ouvert jusqu’au 23 février. Plus d’infos et règlement ici. Tiens, puisqu’on parle de la MSH, (re)découvrez dans cet entretien un pan des travaux de sa directrice, Sophie Chiari, spécialiste de littérature anglaise où elle scrute les apparitions de la nature et de l’environnement autour des personnages.
Sancy mobile
5 au 26 janvier.- La communauté de communes du Massif du Sancy a ouvert durant ces trois semaines la consultation publique pour son plan de mobilité simplifié, qui doit guider la stratégie et les actions pour faciliter les déplacements durant les 10 prochaines années. C’est donc trop tard pour participer, mais les détails du PDMS sont encore consultables ici.
Le pic
6 janvier.- Premier (et pour l’instant unique) jour de pic de pollution de l’air à Clermont. Réjouissons-nous : du côté de Chamonix, ils sont déjà à 7 jours d’alerte rien que pour janvier. Tiens justement, on évoquait le sujet la semaine dernière.
Alice au pays des grands crus
8 janvier.- Vous aviez aimé l’article sur Céline Camilleri, plasticienne qui travaille la laine dans les Combrailles et en fait des sculptures de dentelle géantes ? Vous êtes frustrés de n’avoir pas pu voir ses œuvres « pour de vrai » ? Allez vous balader à Bordeaux et faites un passage au Museum, un bel endroit dédié aux sciences naturelles. En plus d’explorer les lieux, vous pourrez découvrir « Poursuivre Alice ». Cette œuvre de Céline, hommage à l’univers onirique de Lewis Caroll, accueille désormais les visiteurs de façon permanente à l’entrée des serres et salles d’exposition (accès par l’Esplanade Linné). C’est donc précisément « Alice au pays des merveilles du Vivant ».
Soirée robuste
8 janvier.- Quand trois associations locales se regroupent dans un collectif, elles peuvent réaliser de beaux moments de prise de conscience et de réflexion. À preuve la soirée proposée à Ceyrat par le collectif Ecologie et Partage sur le thème de la robustesse ou « Comment habiter un monde incertain ? ». Avec un invité de marque, le biologiste Olivier Hamant, qui a lancé et popularisé cette notion de robustesse des socio-écosystèmes. Il y avait donc du beau monde, et du monde (dans les 300 personnes), mais ce n’était pas une simple conférence. Dans une formule plus interactive, la présentation a été suivie d’ateliers, sur les thèmes alimentation, lieux de vie, travail et lien avec la nature (tout ce qu’on aime !). Et ça s’est terminé par une collation bien dans l’esprit robustesse et sans chichi, avec soupe, pain et fromage. Les cocktails dînatoires, ça devient tellement ringard !
Loup y es-tu ?
8, 11 et 17 janvier.- Trois attaques sur des troupeaux ont fait au total une dizaine de victimes (agneaux et brebis) à Aydat le 8 janvier, puis à Ceyssat le 11, et à Espinasse le 17. L’OFB a confirmé une « prédation avérée », et une possibilité « non écartée » qu’elle soit attribuable à un loup. Les éleveurs concernés seront indemnisés et accompagnés, ce qui ne compense pas forcément le traumatisme et on peut le comprendre. La préfecture publie le 27 janvier un point de situation rappelant les mesures en vigueur. Ce point précise qu’« en 2025, 18 constats de dommages ont été expertisés dans le Puy-de-Dôme, dont 3 pour lesquels la responsabilité du loup est non écartée. »
Les observations jusqu’ici établissent que le loup ne s’est pas encore installé dans le Puy-de-Dôme mais y fait des passages de temps en temps. Rappelons qu’il est une espèce protégée, qui se réinstalle en France après en avoir été éradiquée. Rien n’est simple, mais dans les pays où il n’a jamais disparu (dont l’Italie), on a appris à cohabiter avec lui.
Voyager sur place
Mi-janvier.- Comment faire vivre le tourisme tout en réduisant l’impact des transports ? Jamais à court de bonnes idées (on en avait relevé quelques-unes ici), la Maison du tourisme du Livradois-Forez a imaginé une solution : aller chercher ses touristes… à sa porte. Elle lance une campagne (sur la toile et sur les abribus de l’agglomération thiernoise) pour promouvoir les lieux et activités de loisir du territoire auprès des habitants. « Encourager les habitants à consommer localement est souvent plus efficace et plus durable que d’attirer des visiteurs venus de loin », justifie la promo de la promo. Il va de soi que le tourisme de proximité, à Tikographie, nous approuvons… et nous testons !
Les bonnes notes
15 janvier.- C’est bien d’agir pour l’environnement, mais c’est encore mieux si des organismes extérieurs le reconnaissent. Dans la série des bons points, on prendra note que le site Chaîne des Puys – Faille de Limagne, labellisé par l’Unesco, a reçu la meilleure note possible (« bon état ») de la part de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), annonce le Conseil départemental.
De son côté, Clermont Business School (ex-ESC) intègre le cercle des établissements labellisés par le CIRSES, qui se définit comme la « communauté d’acteurs du développement durable dans l’enseignement supérieur et la recherche. »
Un peu plus tard dans le mois, on apprend que le restaurant Les Fées Mères à La Bourboule décroche 3 macarons, le plus haut niveau du label Ecotable (et qu’il est le seul labellisé sur le territoire).
Bacholle et Biscotte
17 janvier.- Le village de Sauviat inaugure son tiers-lieu, La Bacholle, géré par la commune et l’association citoyenne Biscotte. Mais je ne m’attarde pas, j’ai tout raconté ici.
Mode de réemploi
19 janvier.- Ils et (surtout) elles sont une dizaine, réparties dans divers coins de France, à animer des collectifs ou des initiatives locales en faveur d’une mode responsable, où l’on préfère le durable, le cousu-maison, le réemploi… Elles et il se réunissent dans un collectif nommé A.N.I.M.E.R, comme « Acteurs Nationaux Indépendants pour une Mode Engagée et Régénérative ». Et iels se définissent comme « une union citoyenne des territoires engagés ». Tiens, tiens… parmi les fondateurs, on trouve une Clermontoise : Christine Couasnon, fondatrice du merveilleux café-couture Flax. Si vous ne connaissez pas cet endroit, poussez la porte du 27, rue du Port ou lisez Tikographie.
Dry january ou sobriété foncière ?

19 janvier au 13 février.- Si vous ne savez pas sur quel sujet vraiment important interpeller les candidats aux municipales, courez voir l’exposition « Sobriété foncière : des solutions sur-mesure pour s’adapter à la rareté des ressources et bien vivre dans nos territoires ». Un titre à rallonge pour une expo qui n’ose plus porter son nom d’origine « Cap sur le ZAN », vu que cette présentation pédagogique et itinérante est une initiative gouvernementale, et que l’objectif « zéro artificialisation net » n’est plus vraiment assumé par le gouvernement.
Il l’est tout de même encore par ceux qui promeuvent l’exposition, dont son commissaire Patrick Henry et les deux personnalités locales avec qui il a échangé au cours de la table ronde inaugurale, Stéphane Cordobes, directeur de l’AUCM, et Simon Teyssou, architecte, maître de conférences à l’ENSACF où se tient l’exposition. Leur inquiétude commune (et la nôtre) : comment faire accepter un changement radical de notre manière d’habiter le monde ? Originalités de l’expo : montrer des exemples concrets d’actions menées dans des localités de tous profils, et une vision qui part du sol, montré « en vrai » et dans sa profondeur, ce qui semble peu évident pour des urbanistes (on en avait discuté ici).
Toutes les infos sur l’expo, les dates des visites guidées et des temps d’échange sont ici.
Bien arrivés
21 janvier.- Ce n’est pas une info très locale, mais elle a été suivie de très près par un jeune Auvergnat, Corentin, dont je vous avais parlé ici. Transportons-nous donc en pensée à des milliers et des milliers de kilomètres au sud : ce 21 janvier à 20h50, après 80 jours d’expédition et 4000 km parcourus, la glaciologue Heidi Sevestre et l’explorateur Mathieu Tordeur ont atteint le point final de leur expédition, sur la côte intérieure de l’Antarctique. Au service de la science polaire, l’expédition Under Antarctica devient la première traversée française de l’Antarctique en kite-ski.
Quant à Corentin, il a participé, en tant que service civique de Témoins polaires, à la mise en relation et au suivi de l’expédition par de nombreuses écoles. Quelle meilleure façon de sensibiliser au dérèglement climatique et de promouvoir la science en faisant rêver ?
Toute ressemblance…
21 janvier au 7 février. – C’est le média Vert Eco qui l’a repérée. « Comment Nicole a tout pété » est une pièce de théâtre qui se joue en ce moment au Théâtre du Rond-Point à Paris, mise en scène par Frédéric Ferrer, de la compagnie Vertical Détour. Elle raconte dans toute sa longueur et toute sa langue (de bois ?) une réunion publique d’information fictive au sujet d’un projet de mine de lithium. Fictive ? Ben oui : elle se situe « à Echapières, quelque part entre Monfulon et Clerfont-Merrand ». Ce sont bien des lieux fictifs, ça…
Notez qu’après le 7 février, la pièce part en tournée dans divers coins de France. Mais pas en Auvergne. Dommage, elle aurait certainement fait un tabac.
Recrutement agricole
22 janvier au 15 février.– La vie d’une ferme citoyenne et expérimentale, organisée en coopérative et regroupant différents métiers agricoles, ce n’est pas toujours simple. La ferme de Sarliève, en périphérie de Clermont, a connu des phases compliquées, mais elle retrouve une belle dynamique. Traduction concrète : elle recrute ! Les candidatures sont encore ouvertes jusqu’à mi-février pour rejoindre et compléter l’équipe salariée, sur un poste à cheval sur les activités de boulangerie et de maraîchage. Détails de l’annonce ici.
Ils y vont
23 janvier.- La Plateforme Mobilité 63 et la communauté de communes Dôme Sancy Artense lancent une expérimentation inédite dans le Puy-de-Dôme : un véhicule électrique en auto-partage à la disposition des habitants. En milieu rural, il ne s’agira pas de l’utiliser au quotidien, mais d’aider les personnes sans voiture à être plus mobiles, d’encourager les familles à se passer d’une deuxième voiture, de familiariser les habitués des voitures thermiques à l’électrique et autres usages utiles là où les transports en commun sont rares. Ce nouveau service est intitulé « On y va ». La voiture est basée à Rochefort-Montagne et disponible en libre-service via une application. Mode d’emploi détaillé ici. Et pour une vue d’ensemble des projets mobilité développés par la Plateforme Mobilité 63 et ses partenaires dans tout le Puy-de-Dôme, on pourra relire cet article.
Dirigeants motivés
29 janvier.- Soirée conviviale et motivée, pour rassembler la communauté Convention des entreprises pour le Climat du Massif central, sous le patronage du fondateur de ce mouvement national, Eric Duverger. Laquelle communauté commence à être bien étoffée, après deux premières promotions d’entreprises ayant accompli l’ensemble du parcours destiné à les mettre sur la voie de l’entreprise régénérative. L’idée étant non seulement d’arrêter de contribuer à dégrader l’environnement et le climat, mais aussi de mener des actions pour régénérer leur état.
Au bilan de ces deux promos, présenté pour l’occasion, on relève qu’au terme du parcours 67 % des participants se disent motivés pour agir et seulement 3 % se sentent impuissants ; que 54 % qualifient leur entreprise de régénérative (mais 0 % à l’entrée du parcours), avec comme premier levier d’action « l’application des principes d’éco-conception ».
La cinquantaine d’entreprises ayant participé a maintenant sa feuille de route. Mais l’histoire n’est pas terminée : la soirée a marqué le coup d’envoi du recrutement de la troisième promotion. Ça vous tente ? Vous avez jusqu’à début mai pour candidater. Présentation, infos, candidature ici.
Combrailles vraiment durables
30 janvier.- L’assemblée générale de Combrailles durables, tenue à Loubeyrat, était un peu spéciale et très festive. La plus ancienne des coopératives citoyennes d’énergies renouvelables du Puy-de-Dôme fêtait son quinzième anniversaire. Et tant qu’à franchir un pas significatif, la soirée a marqué aussi la passation de relais de Nelly Lafaye, qui a passé 8 ans à la présidence. Promis, on fait un point sur tout ça bientôt. En attendant, vous pouvez relire ou découvrir l’entretien de Nelly dans Tikographie.
Festival de Reeve
30 janvier-7 février.- Comme de tradition, janvier se referme (et février s’ouvre) avec le Festival du Court-Métrage de Clermont-Ferrand. Ce qui est assez nouveau (depuis deux ans), ce sont les efforts réalisés par la manifestation internationale pour progresser en tant qu’« événement éco-engagé », labellisé REEVE. Je vous en parle un peu plus très bientôt… D’ici-là, bon festival à tous !
Collecte et rédaction Marie-Pierre Demarty. À la une : silhouette d’un loup – Photo Ray Hennessy / Unsplash
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