Les limites planétaires du global au local, avec Antoine Giret

Chercheur engagé dans la redirection écologique, Antoine est basé auprès de l’école des Mines de Saint-Etienne. Il travaille notamment avec les acteurs institutionnels et économiques de la Loire pour les faire « rentrer » dans les limites planétaires.


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Ressenti de l’auteur

D’un entretien d’opportunité (je passais à Saint Etienne pour un super concert électro – Thylacine, petite pub gratuite) où j’ai profité de mon temps libre pour rencontrer un acteur local engagé, je suis sorti de l’échange avec Antoine très inspiré sur la question des limites planétaires appliquées aux territoires. C’est vrai qu’on dit souvent « le climat est un problème mondial », ce qui revient souvent à ignorer que les effets en seront différenciés d’un endroit à un autre.

Dans notre Massif Central de moins en moins « château d’eau », et qui s’achemine vers un nouvel été très sec et très dur, comment adapter la logique et la mécanique des limites planétaires, notamment celles du cycle de l’eau mais aussi de tous ses huit autres corollaires, effondrement de la biodiversité, appauvrissement des sols, etc ?

L’approche pratique et engagée d’Antoine – notre bref temps d’échange m’a laissé l’impression d’avoir parlé à un vrai « chercheur militant » – relayée par l’équipe du MSc Design et Stratégie de l’Anthropocène (issue de l’ESC Clermont), est probablement une piste pour prendre les choses en main dans une vraie logique de redirection, c’est à dire de remise en cause radicale de notre modèle socio-économique.

Damien

Les principaux points à retenir

  1. Les limites planétaires, au nombre de neuf, permettent de mettre en avant la systémique des enjeux environnementaux et de dépasser le simple objectif de décarbonation. Chaque limite est associée à des variables de contrôle, des seuils à ne pas dépasser et une « capacité de charge » du système-Terre. C’est un cadre indépassable de travail et d’action pour Antoine.
  2. Ce dernier travaille directement auprès d’organisations et d’acteurs territoriaux qui se demandent comment adapter les limites planétaires à leur échelon. Là, Antoine note que les organisations et notamment les entreprises sont sensibles à la question du risque pour leur activité, porte d’entrée intéressante pour parler des limites.
  3. Son approche est donc celle de la « redirection écologique« , qu’il distingue de la transition. Si cette dernière se contente, selon lui, de « faire différemment ce qu’on fait déjà », la redirection implique une remise en cause des causes et non pas des symptômes. C’est une approche plus radicale, qui questionne les usages et les besoins, et qui envisage de « ne pas forcément faire »
  4. Au sein de son laboratoire, il travaille avec une grande variété de chercheurs sur la question de la redirection écologique des organisations. Il apprécie de travailler sur le terrain, ce qui apporte du « concret » aux données observées et permet de participer à une dynamique locale de transformation. Là, il essaie de faire des limites planétaires un outil d’aide à la décision. Cela impacte le périmètre géographique des organisations (et leur pertinence géophysique, par exemple), mais aussi les notions d’empreinte environnementale des territoires – prenant en compte les interactions et dépendances avec d’autres territoires dans la chaîne de valeur.
  5. Il est pour tout cela nécessaire d’accompagner la réflexion et la projection des organisations, souvent prisonnières de modèles de pensée classiques. Antoine veille à leur faire faire le « pas de côté » nécessaire. Selon lui, ce décalage peut être facilité par une contrainte réglementaire issue d’une collectivité pilote, mais aussi par une contrainte physique inéluctable, souvent liée au dérèglement climatique et environnemental. Le Covid-19 en a été un bon exemple.
  6. Pour conclure, la contrainte des limites planétaires peut être un bon moteur de changement pour la société et l’économie, estime Antoine. Le changement actuel de paradigme – sur l’abondance, la liberté, et notre rapport à la nature – vont accentuer l’instabilité du climat et de notre environnement. Seules des transformations radicales opérées par les acteurs sociétaux permettront de s’y adapter, même si Antoine craint la non-préparation de certaines zones du globe et le différentiel d’impact. Il nous encourage à progresser dans la notion de sobriété et même d’abandon, et d’éviter de toujours chercher l’innovation et la création pour résoudre des problèmes.

L’intervenant : Antoine Giret

Enseignant-chercheur à l’UMR Environnement, Ville et Société au sein de l’Ecole des Mines de Saint-Etienne

Né dans les Deux-Sèvres, Antoine a vécu une « vie sobre » selon ses propos. « C’était normal de faire attention à ce que l’on consomme », résume-t-il. Il suit une formation en DUT génie thermique et énergie à Poitiers, puis un DEA en maîtrise de l’énergie. Il réalise une thèse sur les échanges thermiques appliqués à l’industrie (notamment sur le refroidissement des alternateurs des éoliennes).

En 2009-2010, il travaille au sein de la ville de Pamiers sur les économies d’énergie, à travers de nombreuses mesures pratiques. « La carotte était plutôt économique » se souvient-il.

En 2010, Antoine rejoint un cabinet sur l’efficacité énergétique des bâtiments et l’impact environnemental à Lyon. Il travaille sur les « performances techniques et environnementales » de la construction résidentielle, jusqu’en 2017. Il participe notamment à l’élaboration de la norme de construction RE2020.

Après un projet entrepreneurial d’application numérique dédiée aux ménages en précarité énergétique (Kooleko), il suit le MSc Design et Stratégie de l’anthropocène lors de sa première promo en 2020-2021. Il apprécie particulièrement l’axe « redirection » de la formation. S’ensuit une expérience d’enseignement sur le low tech et une mission d’accompagnement de Lyon Parc Auto sur leur projection dans la ville de demain.

Le 1er octobre 2022, Antoine rejoint l’Ecole des Mines de Saint-Etienne comme enseignant-chercheur sur la redirection écologique des organisations, les limites planétaires et la résilience territoriale. Il y travaille au sein de l’UMR [Unité de Recherche Mixte] Environnement, Ville et Société avec des agents du CNRS, de grandes écoles et d’universités. « C’est un laboratoire multidisciplinaire, technique et sociologique » résume Antoine. « On se retrouve sur des terrains communs ». Il y travaille auprès d’acteurs locaux comme le SCoT Sud-Loire, mais aussi des entreprises industrielles.

Contacter Antoine via sa page LinkedIn

Information sur notre prochain événement

Tu travailles spécifiquement sur la redirection écologique des organisations et les limites planétaires. Pourquoi ces dernières sont-elles un cadre de réflexion pertinent selon toi ?

Parce qu’elles poussent, par exemple, à aller au-delà de la simple décarbonation. Dès le début, les limites planétaires ont été posées comme un outil pédagogique pour sensibiliser les acteurs socio-économiques à la notion de systémique. Il n’y a pas que les émissions de CO2 comme enjeu majeur ! Si on décarbone nos activités, ce qui est nécessaire, mais qu’on continue à imperméabiliser des parkings, ça ne changera rien aux impacts sur la biodiversité par exemple.

Comment appliques-tu les limites planétaires dans la redirection écologique ?

En quelques mots, à chaque limite – neuf thèmes de préoccupation – correspond une ou plusieurs variables de contrôle, comme les émissions de CO2 pour le changement climatique. Des seuils à ne pas dépasser sont associés à chacune de ces limites. On parle aussi de “capacité de charge” du système-Terre. Ce dernier dispose de trois principaux processus régulateurs : le changement climatique, la couche d’ozone et l’acidification des océans.

« Il n’y a pas que les émissions de CO2 comme enjeu majeur ! »

Si une variable dépasse le seuil associé, cela peut avoir un impact sur la limite planétaire considérée mais aussi sur les autres processus. Les limites planétaires sont souvent représentées avec des zones d’incertitude ou de danger sur trois niveaux – vert (espace de sécurité), orange (zone d’incertitude, risque accru), rouge (niveau dangereux, risque élevé). 

L’approche avec la redirection écologique consiste justement à veiller à garder toujours en tête ce cadre des limites physiques du système-Terre. 

Lire l’entretien : Diego Landivar : « La résilience doit modifier en profondeur les politiques publiques. »

Les organisations avec lesquelles tu travailles parviennent-elles à intégrer cet outil ?

En tout cas, de plus en plus se demandent : “comment ne pas avoir d’impact néfaste sur les neuf limites via mes activités ?”. Cette notion d’impact et de prise de conscience peut être difficile car on a l’impression qu’à son échelle, ça ne change rien. Pourtant, le monde n’est que la somme de “presque-riens”…

Il faut certes travailler sur ce « déclic volontaire ». Mais, souvent, les notions de vulnérabilités, de dépendances et de risques face au dépassement de ces limites planétaires touchent plus facilement à des problématiques très concrètes pour les organisations qui perçoivent un danger potentiel dans leurs activités. Par exemple, des risques d’approvisionnement de matières premières. Cet aspect « risque » est donc une porte d’entrée intéressante pour la sensibilisation aux enjeux – notamment dans les entreprises privées. 

C’est le Stockholm Resilience Center qui a développé le schéma aujourd’hui très utilisé des neuf limites planétaires / Crédit visuel : Stockholm Resilience Center (DR)

Néanmoins, tu milites pour une vraie “redirection”, que tu distingues de la “transition” écologique…

Il me semble que la radicalité du concept de « redirection écologique » lui fait s’intéresser davantage aux causes qu’aux symptômes. Le terme « transition », tel qu’il est employé aujourd’hui, consiste juste à tenter de faire différemment ce qu’on fait déjà et qu’on veut conserver – en espérant moins polluer par exemple. Mais, il ne remet pas en cause l’activité en tant que telle, et se contente souvent de délocaliser cette pollution ailleurs ! 

Par exemple, on cherche un carburant alternatif pour son moteur, mais on continue à rouler en voiture. Il n’y a donc pas de questionnement sur l’usage, et ce qui nous amène par exemple aujourd’hui à « avoir besoin » d’une voiture pour se rendre au supermarché en périphérie de la ville. Tout a toujours un impact : ici ou ailleurs, maintenant ou plus tard, rien n’est neutre ni parfaitement propre !

« La radicalité du concept de « redirection écologique » lui fait s’intéresser davantage aux causes qu’aux symptômes. »

Avec la redirection, on intègre cette dimension dans le raisonnement : la notion de “ne pas forcément faire” les choses ou comment s’en passer, y renoncer plutôt que de chercher uniquement à les améliorer par de l’optimisation ou de l’efficacité. 

La redirection écologique acte donc le fait que nos fonctionnements – surtout dans les pays occidentaux – ne sont pas compatibles avec les limites planétaires. La seule solution est de revoir toute la chaîne de valeur, de questionner les usages, les besoins. Et aussi d’arriver à définir des protocoles d’arbitrages démocratiques sur ce qui doit être maintenu ou non, et sous quelles conditions de soutenabilité.

Lire l’entretien : Pour Timothée Parrique, « la décroissance n’est pas un gros mot »

Justement, c’est ce sur quoi tu travailles avec le SCoT [Schéma de Cohérence Territoriale] Sud-Loire, à Saint-Etienne. Que t’apporte ce type de projets ?

Nous travaillons effectivement souvent , au sein de l’Ecole des Mines de Saint-Etienne et plus globalement au sein de l’UMR [Unité Mixte de Recherche] Environnement Ville Société, avec des acteurs de territoire qui, d’une manière ou d’une autre, s’intéressent de plus en plus au concept des limites planétaires : ville, métropole, agence d’urbanisme, industriels… 

« L’avantage des projets locaux est qu’on peut plus facilement aller sur le terrain, voir comment se concrétise la donnée »

L’avantage des projets locaux est qu’on peut plus facilement aller sur le terrain, voir comment se concrétise la donnée et confronter nos approches de recherche à des problèmes [pratiques]. C’est toujours mieux que de ne lire que des rapports même si ça reste complémentaire ! Enfin, on est plus ancré à la réalité, et c’est toujours motivant de participer à la dynamique locale.

Comment appliques-tu la notion de limites planétaires sur un territoire ?

En effet, la question serait de comprendre par exemple ce que voudrait dire la phrase : “le SCoT Sud-Loire doit respecter les limites planétaires”. Le cadre initial ayant été pensé au niveau planétaire, il s’agit d’évaluer la possibilité de le rendre opérationnel à l’échelle d’un territoire. Autrement dit, comment faire une “descente” d’échelle, du global au local ? Le but serait de faire des limites planétaires – et de leur déclinaison locale – un outil d’aide à la décision, ou du moins de sensibilisation, pour des acteurs du territoire.

Lire l’entretien : « Aider les élus à se projeter sur le long terme », la mission de Marie Fernandez Madrid dans le Sancy

Il vient par exemple la question des “limites locales”. Selon les endroits, il est très probable qu’elles ne soient pas toujours représentatives des limites globales – notamment pour la biodiversité ou l’eau. Des enjeux de définition de périmètres apparaissent aussi : le SCoT a un découpage administratif, qui n’a pas de sens géophysique : l’eau qui coule d’un bassin versant ne connaît pas la frontière administrative.

On travaille aussi avec des approches de type “empreinte environnementale” : on comptabilise non seulement l’empreinte des acteurs sur leur territoire, mais en tenant compte aussi de celles de la production exportée et de la consommation importée. Les analyses de cycle de vie sont aussi très intéressantes : elles apportent des éléments de méthode précis et donnent par exemple une lecture plus exhaustive de l’impact environnemental de toute la chaîne de valeurs de nos biens de consommations et de services.

« On observe un réel frein dans la vision du futur que se font les gens. »

Enfin, la « territorialisation » des limites planétaires soulève aussi quelques questions d’ordre éthique. C’est presque le sujet le plus compliqué : comment répartir cette capacité de charge issue des limites planétaires – par exemple, un budget CO2 à ne pas dépasser – entre plusieurs territoires, ou au sein même du territoire, selon leurs interactions et services rendus ? Ramener l’exigence territorialisée à un budget moyen de CO2 par habitant ne serait pas forcément le plus « juste » entre une zone d’activité industrielle ou artisanale sans habitations et une zone de lotissement où se concentrent les habitants.

Cette vision très transversale est-elle à la portée de toutes les organisations ?

Cela peut être difficile. J’avais par exemple travaillé pour un gestionnaire de parkings de l’agglomération lyonnaise en 2021-2022. Il s’agissait d’imaginer leur activité dans dix ans avec beaucoup moins de voitures en ville : que faire du foncier et de ces surfaces de parcs de stationnement souterrains ? Comment changer le modèle économique, les process, etc. ?

On observe un réel frein dans la vision du futur que se font les gens. Mes commanditaires auraient largement préféré une simple substitution des voitures thermiques en électriques, sans changement ni transformation du modèle global ! Revoir tout leur fonctionnement jusqu’à remettre en cause ce qui fait leur raison d’être depuis des décennies – gérer le stationnement des voitures- c’est très compliqué…

Antoine a travaillé sur la question des gestionnaires de parkings à Lyon et de leur projection dans un monde sans voiture, ou presque … / Crédit photo : Antoine Giret (DR)

Comment favoriser cette approche de redirection radicale, dans ce cas ?

J’ai l’impression que ce qui pousse les organisations à faire le “pas de côté” nécessaire passe souvent par la contrainte. Cela tient en deux axes. D’abord, une pression législative, réglementaire ou des politiques de villes différentes et ambitieuses, comme ce qui se passe à Lyon ou ailleurs.

« J’ai l’impression que ce qui pousse les organisations à faire le “pas de côté” nécessaire passe souvent par la contrainte. »

Ensuite, une prise en compte des contraintes physiques inéluctables, comme celles qui arrivent sur les stations de ski avec de moins en moins de neige, ou celles liées au Covid – qui a d’ailleurs durement touché l’activité des parkings, avec les magasins et aéroports fermés et le développement du télétravail. C’était un accélérateur de changement, même s’il n’a pas été homogène.

Tu restes globalement intéressé par le levier économique pour se transformer…

Malheureusement, force est de constater que la “carotte” économique reste toujours efficace comme moteur de transformation. Mais elle est aussi aujourd’hui le principal frein à l’action par des enjeux de compétitivité, par exemple.

J’avais ainsi travaillé entre 2009 et 2010 dans une petite collectivité sur les économies d’énergie. C’était une micro-approche, via l’éclairage public, la gestion des bâtiments, la température de la piscine, etc. La facture d’énergie était alors le principal levier d’action pour engager des transformations, quand les initiatives, par exemple, de préservation de la biodiversité n’étaient que des sujets du service communication.

La redirection intègre beaucoup plus la notion de remise en cause des usages, voire de renoncement, que la transition, selon Antoine / Crédit photo : Antoine Giret (DR)

Tu estimes donc que la contrainte, induite par les limites planétaires, peut nous faire progresser…

Nous vivons un moment de basculement, où l’on passe d’un paradigme de l’abondance à un paradigme de la sobriété ou de la pénurie, de la nature menacée à la nature menaçante… nous nous dirigeons vers un monde beaucoup plus fluctuant, avec notamment des extrêmes climatiques qui nous paraissent aujourd’hui aberrants et exceptionnels, mais qui vont devenir de plus en plus courants. 

Dans certaines régions du globe, ça peut être très compliqué. En France, ces aléas peuvent être relativement atténués, selon le degré de préparation et le moment où on applique les changements. Mais des transformations radicales restent indispensables ! Certains s’y prendront bien en avance, d’autres le feront dans l’urgence. Mais l’inertie d’action des pays peut-être moins exposés directement ne sera pas sans conséquences sur les autres moins bien lotis.

En cela, je rejoins Emmanuel Bonnet quand il parle de “futurs plausibles”. Les limites planétaires sont un ensemble de contraintes indépassables. Ce “cadre des possibles” est à prendre en compte dans l’imaginaire de nos futurs et pas une simple variable qu’on pourrait repousser par des innovations technologiques. 

Lire l’entretien : Pour Emmanuel Bonnet, « le futur doit avant tout être vivable et plausible »

Est-ce un appel à plus de sobriété ?

En effet, il nous faut progresser dans cette notion de sobriété, et même d’abandon. C’est le sens des questions telles que « est-ce que je peux faire sans ? faire moins ? faire plus simple ? pourquoi est-ce que je dois faire ? est-ce que je peux faire avec ce qui existe déjà ? ». 

Ce n’est pourtant pas dans notre manière de penser, car on a une tendance systématique à vouloir créer des choses nouvelles pour « résoudre des problèmes » plutôt que de chercher d’abord à simplifier, à retirer le superflu ! C’est donc très difficile de supprimer une activité ou une partie d’activité, de prendre le problème à la racine.

« On a une tendance systématique à vouloir créer des choses nouvelles pour « résoudre des problèmes » »

On le voit, par exemple, dans le sujet du traitement des déchets : on « innove » avec un emballage recyclable – et pas forcément recyclé – alors qu’on pourrait se passer de nombreux emballages dans bien des cas. Néanmoins je pense que chaque petit pas compte. Il faut montrer l’exemple, et même si chacun progresse à sa vitesse, il arrivera un moment où une bascule culturelle plus générale pourrait s’opérer dans le bon sens.

Pour aller plus loin (ressources proposées par Antoine) :
Comprendre – l’ouvrage « Terre et liberté » de Aurélien Berlan, « qui requestionne la question de liberté. » pour Antoine. « La vraie liberté serait l’autonomoie sur ses moyens de subsistance », et non pas la capacité de faire ce que l’on veut.
Agir – prendre garde à la spirale du silence. « Cela revient à être en accord avec soi-même », insiste Antoine. « Quand personne n’ose se prononcer par peur d’être déviant de la norme, le discours dominant ne peut être considéré comme représentatif. Il faut alors avoir une capacité à exprimer son ressenti, ses vraies valeurs, et dépasser la crainte de sortir de la norme ».

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Propos recueillis le 1er décembre 2022, mis en forme pour plus de clarté et relus et corrigés par Antoine. Crédit photo de Une : Stockholm Resilience Center (DR)