La famille Porteilla réinvente le sens de la vie à la ferme

Par

Marie-Pierre

Le

Benoît, Inès et Elie dans le jardin de la ferme Les Sens de la vie
Vie heureuse, mode d’emploi. Entre cueillette de plantes sauvages, permaculture et agritourisme, Benoît Porteilla et sa famille réinventent à Tauves un modèle modeste, autonome et accueillant.

Le pourquoi et le comment   [cliquer pour dérouler]

Après la ferme de Sarliève, voici un exemple très différent de modèle agricole, pourtant tout aussi alternatif.

Ici, c’est le mode de vie familial qui guide les choix. Et le plus radical de ces choix a été la décision de migrer de la plaine vers la montagne, de passer d’un des climats les plus secs de France à l’un des plus arrosés, sur les pentes ouest du Sancy. Et surtout, du périurbain envahissant à la campagne encore préservée.

Mais finalement, au-delà du dimensionnement, Sarliève et les Sens de la Vie se rejoignent sur la philosophie générale : celle d’une agriculture privilégiant les circuits courts et plus respectueuse du milieu naturel, alliée à une volonté d’approcher l’autonomie, que ce soit celle d’une famille intergénérationnelle ou de toute une métropole.

Benoît Porteilla a beau dire qu’il ne souhaite donner de leçons à personne et suit simplement le modèle qui lui convient, il y a quand même beaucoup à apprendre en allant observer son expérience, suivre une de ses sorties nature ou goûter sa cuisine.

Et pourquoi pas une leçon de bonheur ?

Marie-Pierre

Trois infos express   [cliquer pour dérouler]

  • Auparavant viticulteur et « gros paysan » à Dallet, Benoît Porteilla a pris la décision en 2020 de quitter la Limagne pour s’installer à Tauves, avec très peu de terres, un jardin nourricier en permaculture, de la cueillette de plantes sauvages, de la transformation en jus, limonades, infusions et pestos, mais aussi de l’accueil à la ferme et des sorties nature.
  • Elie et Inès, son fils et sa belle-fille, ont décidé de le rejoindre pour peu à peu prendre la relève. Ils infléchissent légèrement le projet tout en gardant la même philosophie, avec un peu plus de pédagogie et d’agritourisme, et en modernisant la communication.
  • La famille se rémunère très modestement, mais est autonome en eau, chauffage, assainissement et presque en alimentation. Un choix de vie qui a ses risques, mais aussi sa douceur, avec un mode de vie sain, sans pression, ouvert à l’accueil et aux rencontres.

C’est une ferme où il n’y a ni champs, ni troupeaux. Bizarre… Mais dans ce bout du monde entouré d’une verdure luxuriante, on tombe, éventuellement avant même de rencontrer la maisonnée, sur un artisanal poteau indicateur montrant la direction des toilettes sèches d’un côté, du « jardin punk » de l’autre. Faites quelques pas et vous découvrirez le jardin en question : un fouillis de végétaux d’où émergent quelques fruitiers, beaucoup de fleurs, des tuteurs artistiquement agencés pour les tomates, une table occupée par une multitude de plants à vendre. Et de surprenantes serres.

L’une est adossée à la maison pour profiter de la chaleur du mur. Une autre, vaste et à demi enterrée, est traversée par l’eau qui s’écoule directement d’une source. Chacune a manifestement été bricolée. « Les bâches sont récupérées chez des paysans car ils en jettent beaucoup », confirme Benoît Porteilla en me guidant à travers les allées très enherbées.

Le jardin punk de la famille Porteilla
Le jardin a l’air fouillis, surtout en ce printemps très humide, mais il produit en abondance fruits, fleurs, légumes, plantes sauvages…

Quand je lui demande ce que son jardin a de punk, il me précise que c’est sa belle-fille qui l’a nommé ainsi, puis raconte : « je laisse faire autant que possible. Il y a beaucoup de plantes sauvages. Les légumes se ressèment d’eux-mêmes. J’expérimente beaucoup… et je rate beaucoup. J’associe des plantes, je mets beaucoup de choses. »

« J’expérimente beaucoup… et je rate beaucoup. »

Benoît
Exemplaires en vente à la librairie des Volcans d’Auvergne

Il me désigne un « arbre à courges », en l’occurrence un vieux pommier qui a pris la foudre mais persiste à fleurir, sur lequel il fera grimper les tiges des cucurbitacées. Il insiste sur la multitude de fleurs : « c’est important pour favoriser la pollinisation… et pour orner le jardin. » Certaines ont d’autres fonctions : elles entrent dans la composition des tisanes et des sirops, se dégustent en pique-nique et bientôt dans les assiettes de la table d’hôtes, ou sont vendues sur les marchés à côté des infusions, pestos ou limonades. « C’est ma mère qui fait les bouquets », précise-t-il.

Panneaux toilette sèche, jardin punk, boutique
Ne cherchez pas l’étable ou les champs dans cette ferme un peu spéciale…

Reconversion

On verra encore le coin des poules. Puis nous descendons vers le bas de cette parcelle de 3500 m² pour voir de plus près le bassin d’assainissement où roseaux et autres plantes aquatiques filtrent les eaux usées de la maison pour la recycler en eau d’arrosage, système complété par les cuves de récupération d’eau de pluie provenant des toitures et par les trois sources qui irriguent le petit domaine.

Et les toitures ne manquent pas, car la ferme « Les Sens de la vie » (c’est son nom) est une ancienne ferme d’élevage avec ses étables et granges, aujourd’hui en reconversion. Car la famille Porteilla y déploie progressivement des infrastructures d’accueil : une jolie chambre d’hôte, une salle qui fait à la fois boutique, lieu d’accueil de groupes et désormais table d’hôte à la saison estivale. Benoît me fait passer la tête par la porte d’une ancienne grange qui sert d’atelier : « à terme on aimerait y aménager des dortoirs pour des randonneurs de passage ou pour des formations sur plusieurs jours », dit-il.

Benoît Porteilla devant la maison de Tauves
Benoît Porteilla dans son jardin de la ferme Les Sens de la Vie. « J’ai été un gros paysan, gagnant bien ma vie, dit-il. Mais ici je suis plus libre et plus autonome. »

On ne serait pas complet dans la description de la ferme si on ne mentionnait pas les annexes plus lointaines : 1500 m² de vigne et autant de vergers conservés du côté de Dallet, traces d’une migration récente vers le lieu que je visite, par-delà le massif du Sancy, dans un hameau de la commune de Tauves.

Car ce projet modeste et enchanteur ne s’est pas construit en un jour. Il est le fruit longuement mûri de Benoît Porteilla, ancien « gros paysan » comme il se définit, bourguignon formé au lycée viticole de Beaune, après une première orientation de cuisinier et deux ans à bourlinguer de par le monde. Pour finalement s’installer à faire du vin il y a 30 ans… en Auvergne. « C’est une petite annonce dans La Montagne pour reprendre une vigne à Dallet qui m’a fait venir. Avec ma compagne de l’époque également formée à Beaune, nous sommes venus voir et nous sommes tombés amoureux de ce village. D’abord avec elle puis seul, j’ai cultivé jusqu’à 16 hectares de vigne. »

Regroupement familial

Peu à peu, le vigneron se diversifie. Il exploite des vergers, commence à s’intéresser à d’autres cultures, aux plantes sauvages, à la transformation des fruits et légumes. Il ouvre même une auberge à Clermont (rue Breschet). Et s’engage notamment dans le réseau Civam Auvergne, dont il sera un temps président.

Puis il commence à rêver de mieux que cet environnement de plus en plus pavillonnaire où il dérange ses voisins quand il sort le tracteur au petit matin. Il a aussi quelques ennuis de santé. Surtout, sa ferme se fait grignoter. « J’ai commencé à perdre des terres du fait de l’urbanisation, car j’étais principalement en location. En 2019, il me restait moins d’un hectare : ce dont j’étais propriétaire », raconte-t-il.

« Je voulais à tout prix que ce soit à la montagne, pour trouver de la terre, de l’eau, pour revoir les étoiles. »

Benoît

Alors avec ses parents qu’il avait fait venir et avec son fils qu’il a en partie élevé seul, il décide de vendre tout ce qu’ils possèdent sauf la parcelle de vigne, pour recréer quelque chose de plus en adéquation avec ce qui fait pour la famille le sens de la vie… Tiens, tiens, on commence à comprendre le nom du domaine.

« Je voulais à tout prix que ce soit à la montagne, pour trouver de la terre, de l’eau, pour revoir les étoiles. Ça a été un gros coup de bol : le même jour en juillet 2020, nous avons trouvé la maison à Tauves et le vendeur pour celle de Dallet », se souvient-il. Le temps d’opérer les formalités des transactions et de rendre l’ancienne ferme habitable pour trois foyers avec chacun leur intimité, l’installation s’est faite en janvier 2021. « J’ai eu le bonheur d’entendre mon fils et ma belle-fille m’annoncer qu’ils démissionnaient de leurs boulots pour nous rejoindre, dans l’intention de reprendre la ferme. Car j’avais décrété que vers 55 ou 56 ans j’en finirais avec l’activité de paysan », poursuit-il.

Benoît Porteilla à l'entrée de la serre enterrée
La serre à demi enterrée conserve la chaleur et l’humidité, d’autant plus qu’elle est traversée par l’eau d’une des sources du terrain.

Complémentarités

Elie, le fils, et Inès, la belle-fille, ne l’avaient pourtant pas projeté initialement. « Je voulais faire sciences po ou de la communication mais juste avant le bac, j’ai eu un déclic. J’ai voulu faire quelque chose de concret et utile, qui puisse nourrir une famille. J’ai pas mal vadrouillé pour me faire mon idée de toutes sortes de modes de culture ou d’autres métiers. J’ai vu des cultures hors sol, des gens en mauvaise santé… ça m’a permis de me recentrer sur ce genre de culture plus proche de la nature que nous pratiquons ici », explique Elie.

« Juste avant le bac, j’ai eu un déclic. J’ai voulu faire quelque chose de concret et utile, qui puisse nourrir une famille. »

Elie
Inès et Elie Porteilla à l'étiquetage des pots
Inès et Elie installés dans la salle d’accueil de la ferme auberge pour étiqueter les pots de pesto. « On ne s’ennuie pas ; les tâches sont très variées », reconnaissent-ils, même si les échanges avec les visiteurs, la plantation d’arbres ou l’animation de classes vertes les enthousiasme davantage…

Quant à Inès, elle a étudié la biologie et s’est spécialisée dans les arbres et les végétaux. « Je suis plus portée sur la théorie, Elie et Benoît ont plus l’expérience pratique. On se complète bien », dit-elle, ce qui ne l’empêche pas de mettre la main à la pratique, sur les marchés, au jardin, à la cueillette…

Tandis qu’Elie est parti s’occuper des ruches et que Benoît me fait visiter le jardin, c’est elle qui sert ce monsieur arrivé à l’improviste pour acheter des plants de tomate. Puis elle s’éclipsera pour aller étiqueter les pots de pesto d’ail des ours : ils seront à vendre sur les prochains marchés, avec les limonades solaires, les jus de pomme relevés de sureau ou de gingembre, les sirops, les tisanes aux fleurs de la montagne…

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Saveurs sauvages

Si le jardin punk est généreux en légumes, fleurs, plants et fruits (plus ou moins) cultivés, la famille Porteilla a en effet étendu son rayon de production à toute la campagne environnante et aux pentes du massif du Sancy. « Je suis de plus en plus un ramasseur de plantes sauvages », estime Benoît. Elie et Inès suivent aussi ce chemin, aimant aussi la touche inattendue des boissons et conserves de la ferme, parfumées au cynorrhodon, au sapin, aux chatons de noisetiers… « Nous avons insisté pour développer la transformation et avoir un équipement plus professionnel. C’est notre côté chimistes ! Nous aimons ces recettes originales et nous sommes attentifs au goût, même pour les tisanes qui ne sont pas que curatives. C’est ce qui nous démarque », explique Inès.

« Nous aimons ces recettes originales et nous sommes attentifs au goût, même pour les tisanes qui ne sont pas que curatives. C’est ce qui nous démarque. »

Inès

Ce qui démarque encore plus la ferme des Sens de la Vie, c’est qu’elle produit aussi de l’accueil et du savoir. Outre la chambre d’hôtes – et la possibilité, pour les campeurs de passage, de planter leur tente et bénéficier des commodités contre… ce qu’ils veulent – la ferme accueille des ateliers autour du végétal. Le trio anime des sorties qui combinent observation des végétaux, cueillette, apprentissage de l’usage des plantes sauvages, découverte des méthodes de permaculture au jardin.

Une mauve de mauritanie
A la ferme Les Sens de la vie, on cueille et on met dans les assiettes ou les conserves les végétaux, cultivés ou sauvages, qui s’épanouissent dans le jardin. Ici une mauve de Mauritanie qui s’est invitée sous la serre enterrée, et dont Benoît m’invite à goûter une fleur.

Après sa retraite de paysan (d’ici à la fin de l’an prochain), Benoît prévoit de conserver une activité de guide accompagnateur en moyenne montagne, tout en occupant les fourneaux de la table d’hôtes en été. Inès et Elie, de leur côté, souhaitent développer encore ce volet pédagogie et agritourisme.

Planter beaucoup d’arbres

Ils ont engagé un projet de verger pédagogique avec l’école de Tauves pour planter des arbres – fruitiers ou pas – sur les terrains communaux. Ils prennent plaisir à transmettre aux enfants, sur le principe de la classe dehors, leur savoir, leur expérience, l’observation de la nature. La mission leur paraît assez importante pour qu’ils la mènent bénévolement. « En plus, ça nous a permis nous faire connaître et de nous intégrer facilement dans la commune », disent-ils. Le projet s’aligne aussi avec l’urgence qu’ils ressentent à planter des arbres, aussi bien dans les bourgs que dans la campagne, « parce qu’on en a beaucoup trop coupé », dit Elie, qui parle aussi d’extension du jardin en agroforesterie.

Prairies en bas du jardin de la ferme les sens de la vie
Au-delà du jardin, le paysage de prairies forme un vallon verdoyant. Inès et Elie aimeraient acheter une parcelle pour étendre le jardin, expérimenter de l’agroforesterie, peut-être installer des yourtes pour développer l’agritourisme. On aperçoit une des ruches qu’Elie a ajoutées à l’activité. « Le miel servira pour la confection des sirops », explique-t-il.

Côté accueil, ils veulent aussi développer les rencontres avec des classes vertes – « de la SVT grandeur nature », souligne la biologiste – ou les formations pour adultes sur trois jours, permettant de pousser plus loin la connaissance botanique théorique, l’observation, l’acquisition de savoir-faire ; un type d’accueil qui permettra aussi de maintenir une activité hors saison. Ils envisagent également de développer l’hébergement plus rustique « pour accueillir aussi, dit Elie, des baroudeurs de notre âge », alors qu’une toute nouvelle branche des chemins de Saint-Jacques depuis Orcival s’invite à leurs portes. Et pourquoi pas des yourtes ou des tiny houses pour un autre profil de touristes…

« On aimerait aussi créer des hébergements plus abordables pour accueillir aussi des baroudeurs de notre âge. »

Elie

Tous ces projets, dans l’esprit du jeune couple, doivent venir équilibrer le (modeste) modèle économique pour ne pas trop dépendre de la production végétale, avec ses fragilités climatiques et commerciales. « C’est l’idée de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier. Si on pouvait ne faire que les marchés de proximité, juste pour faire notre pub, ce serait le bonheur. On va encore faire les marchés à fond pendant deux ans, et essayer de faire en sorte que ce soient de plus en plus les gens qui viennent nous voir sur place », calculent-ils.

Vente de plants dans le jardin de la famille Porteilla
Des plants de légumes, fleurs, aromates prêts à la vente apportent un revenu au printemps, en attendant la saison estivale, période de la pleine production, des sorties nature et de l’accueil des touristes.

Passation merveilleuse

Quant à Benoît, il les regarde avec bienveillance amener leur touche au projet : « C’est une passation merveilleuse, douce, calme. Ils me bousculent beaucoup dans mes croyances, par exemple sur les aspects numériques. Mais je n’ai aucun problème à ce qu’ils fassent comme ils veulent et se fassent leur propre expérience », dit-il.

« L’exploitation est considérée comme non viable par l’institution mais nous en tirons de quoi faire vivre trois personnes. »

Benoît

L’essentiel est qu’ils se retrouvent sur les valeurs et sur un mode de vie que beaucoup pourraient trouver très alternatif. « Je suis passé du statut d’exploitant à celui de cotisant solidaire car je n’ai plus assez de terres, explique Benoît. L’exploitation est considérée comme non viable par l’institution mais nous en tirons de quoi faire vivre trois personnes. Nous gagnons peu d’argent mais nous sommes autonomes en eau, en chauffage, en assainissement et pour une très grosse part en nourriture. On sait que quoi qu’il arrive, on ne mourra jamais de faim ici. C’est un mode de vie qui nous permet d’être libres », dit Benoît, qui se garde de vouloir donner des leçons : « j’ai ma méthode, c’est celle qui me va », dit-il.

Avec un discours moins politique et plus pragmatique, Inès et Elie le rejoignent sur cette philosophie : « C’est un mode de vie plus qu’un travail. On va se dégager un peu plus d’un Smic mais nous sommes en autonomie, en accord avec nos valeurs et nos envies. C’est juste incroyable », disent-ils. Et ils ne cachent pas avoir trouvé le cadre idéal et la qualité de vie rêvée pour leur projet de fonder leur propre famille.

Et on peut rencontrer la famille Porteilla notamment sur les marchés de Tauves, de La Bourboule et de l'agglomération clermontoise... ou sur place à la ferme (fléchage à partir de la sortie de Tauves en direction de La Tour d'Auvergne)

Reportage Marie-Pierre Demarty, réalisé le 29 mai 2024. Photos Marie-Pierre Demarty. A la une : Benoît, Inès, Elie et le chien Tanesou. dans le « jardin punk » de la ferme.

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