Sauviat met le tiers-lieu au centre du village

Par

Marie-Pierre Demarty

Le

Le tiers-lieu La Bacholle à Sauviat, le jour de l'inauguration
Le village de Sauviat inaugurait samedi La Bacholle, tiers-lieu rural, fruit d'une coconstruction entre la municipalité et les habitants. Menu du jour : épicerie et café associatifs, espace de vie sociale, logement... et petits fours.

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Mais le modèle de tiers-lieu qui nous est familier est un espace purement urbain. Il déclenche les mises en relation, souvent professionnelles. Il entretient une effervescence née du brassage de personnalités aux profils les plus divers. Et de là naissent les projets multiformes, inventifs, audacieux qui construisent la ville de demain et s’efforcent de la maintenir vivable et accueillante (et c’est bien là-dessus que le thème du tiers-lieu rejoint les préoccupations de notre « média engagé pour un territoire vivable »).

Bon, mais voilà qu’émerge un tiers-lieu d’un nouveau genre : le tiers-lieu rural. Mis à part les jours d’inauguration, c’est dans l’ensemble beaucoup plus calme. Mais ça n’invente pas moins le village de demain.

A condition qu’il y ait des volontaires pour s’y impliquer, et à travers des propositions toutes simples comme un cours de yoga, une séance collective de tricot ou un point de vente de légumes pour le maraîcher du coin, le tiers-lieu rural est un rempart contre l’isolement et la perte de capacités ou de confort de vie, contre la désertification ou la cité-dortoirisation (pardonnez ce néologisme). Un lieu de résistance face à la vie fade devant la télé. Une fabrique de solidarités et de liens d’entraide (et c’est bien là-dessus que le thème du tiers-lieu rejoint les préoccupations de notre « média engagé pour un territoire vivable »).

Pour être témoin (et un peu partie prenante) de la difficulté à faire sortir des limbes un projet de tiers-lieu dans mon propre village, il m’a semblé intéressant de partager cette expérience aboutie de tiers-lieu rural. Et comme vous le lirez, j’ai pu constater sur place qu’elle a toutes les caractéristiques pour devenir inspirante.

Marie-Pierre

Trois infos express   [cliquer pour dérouler]

  • La petite commune de Sauviat (600 habitants), près de Courpière, inaugurait samedi son tiers-lieu, la Bacholle. Installé dans une maison contiguë à la mairie et rachetée par la commune, il a fait l’objet d’un projet de six ans, depuis les premières études sur les utilisations possibles du lieu jusqu’aux péripéties des travaux, en passant par la création d’une association de citoyens bénévoles, Biscotte, pour « Bistrot Commerce Terroir et Territoire ».
  • Le rez-de-chaussée sera occupé par une épicerie et un café associatifs, qui seront gérés par les bénévoles de l’association, avec obligation d’adhérer et de donner deux heures de bénévolat pour notamment bénéficier des produits locaux en vente, par un système de commandes et paiements en ligne. Le premier étage accueillera un espace de vie sociale géré par une animatrice et proposant de nombreuses activités favorisant le lien social, ainsi que du coworking. Enfin un appartement à louer a été aménagé au deuxième étage, pour répondre aux enjeux complexes d’offrir un habitat rural de qualité.
  • Le tiers-lieu, aménagé autant que possible en coconstruction avec les habitants et avec des options respectueuses de l’environnement, a été inauguré en présence de nombreux habitants, mais aussi d’élus des environs. Car il n’est pas réservé aux seuls habitants de la commune et se veut un équipement à disposition d’un territoire plus large, à l’échelle de la communauté de communes et du canton. Il peut aussi constituer un modèle inspirant pour les maires ruraux du voisinage qui rencontrent les mêmes problématiques d’isolement et de cohésion sociale.

La commune de Sauviat compte quasiment 600 habitants, mais ne les rassemble pas vraiment. Car sur ce territoire très rural qui marque l’entrée dans le Livradois et dans les gorges de la Dore, la population se répartit entre un petit bourg serré autour de l’église et du château, et une kyrielle de petits hameaux. Tout au nord, à l’opposé du bourg, elle englobe même un petit bout des faubourgs de Courpière. Les collines et les replats, le plateau, les promontoires et les à-pics qui plongent sur la Dore et le Miodet ne facilitent pas la communication. La route principale, qui file vers Ambert, ne fait que longer la commune tout à l’est. Les emplois, comme les commerces, sont à Courpière et surtout à Thiers, atteignable par une ligne droite de 20 kilomètres.

C’est dire si la cohésion des habitants n’est pas une évidence. Mais Rachel Bournier, maire volontariste, deuxième vice-présidente de la communauté de communes Thiers Dore et Montagne déléguée à la transition écologique et au développement durable, n’est pas du genre à baisser les bras. D’autant plus qu’elle est bien entourée, tant dans le conseil municipal que par des habitants engagés et heureux de participer à l’animation du village.

Créer de la vie

Il aura tout de même fallu six ans et beaucoup de péripéties pour aboutir à l’inauguration, samedi, de l’outil qui doit changer la vie du village : le tiers-lieu La Bacholle. Il va réunir une épicerie et un café associatifs, un espace de vie sociale (EVS) avec activités diverses et possibilité de venir travailler en coworking, et même un petit appartement. Il va surtout avoir pour mission de réunir les habitants, de leur permettre de se retrouver au quotidien et de créer de la vie dans le village.

« Il y avait ce bâtiment que la mairie a racheté. S’est posée la question : qu’est-ce qu’on en fait ? »

Cette histoire, comme beaucoup d’autres, commence par le facteur déclenchant qui a ébranlé tant d’habitudes : la crise sanitaire de 2020. Marie-Odile Ceroni, conseillère municipale et surtout, membre de la direction collégiale de l’association rassemblant les bénévoles du projet, raconte : « Pendant le covid, on avait aidé nos producteurs et à la suite, nous avons créé un marché qui a d’abord bien fonctionné, mais ça s’est essoufflé. Parallèlement, il y avait ce bâtiment que la mairie a racheté. S’est posée la question : qu’est-ce qu’on en fait ? »

Coupure symbolique du ruban par Rachel Bournier, maire, encadrée par la sénatrice Marion Canalès (à sa droite), le député Julien Brugerolles et le conseiller départemental Eric Dubourgnoux (à sa gauche), entourés par le conseil municipal, dont (tout à droite, tenant le ruban) Marie-Odile Ceroni, conseillère municipale et l’un des piliers de l’association Biscotte.

Le bâtiment en question, c’est une belle maison d’habitation en pierre et en pisé, sur trois niveaux. Idéalement placée à côté de la mairie, elle est curieusement siglée RF sur l’imposant linteau de l’entrée, alors qu’elle n’a jamais été un bâtiment municipal… Sans doute les initiales de son premier propriétaire. Quand la commune en a fait l’acquisition, elle était vide et en assez mauvais état. Il fallait de toute façon réaliser d’importants travaux.

Que faire ?

Il y a eu des réunions, des ateliers participatifs, des « accroche-porte », dont Marie-Odile m’explique le principe astucieux : « C’était des petites pancartes comme on en met sur la porte des chambres d’hôtel. Sauf qu’ici, on les a mises sur les poignées des portes d’entrée des maisons, en posant des questions et en précisant le jour où on passerait les reprendre : s’ils n’étaient pas là, les habitants pouvaient accrocher leurs réponses au même endroit. Nous avons eu un bon retour avec ce système. »

La commune avait racheté cette maison vide, en plein village, juste à côté de la mairie. Ensuite, il a fallu imaginer quoi en faire…

C’est au cours de ces diverses consultations que l’idée de créer une épicerie a émergé. « Sous quelle forme ? On ne savait pas encore… », poursuit l’élue. La maire a proposé de solliciter l’association Bouge Ton Coq. Une première étude a pu établir qu’un commerce en gérance ne serait pas tenable. Et l’association Biscotte (acronyme de Bistrot Commerce Terroir et Territoire) a été créée en décembre 2023, dans l’intention de transformer l’idée première en épicerie associative.

« Au début nous étions trois, se souvient Marie-Odile. Puis il y a eu des soucis avec les travaux et par ailleurs la présidente est partie. Comme personne ne voulait prendre sa suite, nous avons créé une gouvernance collégiale et nous avons continué à cinq. Aujourd’hui, nous sommes 39 bénévoles. C’est suffisant pour démarrer mais il faudra plus de monde pour ouvrir régulièrement et tenir dans la durée… Et je ne doute pas que certains auront envie de nous rejoindre à la suite de cette inauguration ! »

Enthousiasme et complexité

Mais n’allons pas trop vite, car les travaux, justement, se sont révélés plus complexes que prévu, notamment à la suite de la défaillance d’une des entreprises retenues. « Deux ans de retard », a soupiré Rachel Bournier dans son discours inaugural, en évoquant « les relations tempétueuses avec les artisans et la complexité de la vie de chantier. » Mais aussi, a-t-elle souligné, « une histoire collective pleine d’enthousiasme » et le plaisir de travailler ensemble, « sublimé par les bénévoles et facilité par des élus engagés et rigoureux ». Un bon carburant pour parvenir à mener le projet jusqu’à son terme malgré les aléas rencontrés en chemin.

Rachel Bournier, maire de Sauviat, n’a pas caché dans son discours les difficultés du parcours, mais elle savoure d’autant plus l’aboutissement du projet.

Samedi matin enfin, après le discours, il y a eu la coupure du ruban par la maire, entourée d’une sénatrice et d’un député, de son conseil municipal, avec face à eux les bénévoles et de nombreux habitants. « J’ai compté environ 200 personnes », se félicitait un des membres de l’association.

Ensuite, on a pu découvrir les lieux. Visitons…

Biscotte en rez-de-chaussée

Au rez-de-chaussée, c’est le domaine l’association Biscotte. Les bénévoles seront chargés d’animer l’épicerie et le café associatifs : deux pièces chaleureuses et accueillantes où l’on a déjà envie de se poser dans un des fauteuils moelleux côté bibliothèque, de s’installer à l’une des antiques tables en bois pour commander un verre, ou d’aller faire ses provisions parmi les bocaux déjà alignés sur les étagères. Dans la liste alléchante des fournisseurs, les habitants ont vite fait de relever des noms connus : les producteurs du coin, dans un rayon d’une trentaine de kilomètres.

La Bacholle côté café…

Mais pour profiter du café ou de l’épicerie, il sera nécessaire de devenir adhérent, pour une somme modique, et de consacrer au projet deux heures de bénévolat par mois. Et côté provisions, vous ne pourrez commander et régler vos courses que sur la plateforme internet MonEpi. Condition nécessaire pour bénéficier d’un statut associatif non concurrentiel, avec des produits à prix coûtant, et pour éviter les inconvénients d’un échange d’argent et d’une gestion trop complexe.

La double activité sera dans un premier temps ouverte les samedis matin, m’explique Marie-Odile. Un rapide calcul lui permet de me préciser que cette matinée hebdomadaire d’accueil mobilisera tout de même huit personnes à chaque fois, en comptant les préparations de commande. On comprend la nécessité de recruter davantage en vue d’ouvrir un deuxième créneau, envisagé les mercredis après-midi, pour accueillir les parents pendant les activités des enfants. Volontaires bienvenus : vous serez répartis dans les groupes de travail où les bénévoles ont commencé à découvrir les ficelles d’une activité dont aucun n’est spécialiste.

… et la Bacholle côté épicerie.

Pouvoir d’agir et intergénérationnel

Pour découvrir les espaces du premier étage, il faut contourner le bâtiment et emprunter l’escalier qui part de la cour de la mairie. C’est Alexandra Gourgner qui vous accueille, pendant l’inauguration, mais aussi dès que le bâtiment sera complètement fonctionnel. Pour l’heure, il manque encore quelques meubles, mais l’animatrice de l’espace de vie sociale est déjà en poste depuis deux ans. Car elle a été embauchée, précise-t-elle, « quand le lieu devait initialement ouvrir, il y a deux ans. Malgré le retard, nous avons commencé tout de même, dans d’autres lieux, car ça s’appelle ‘espace de vie sociale’ mais c’est plus une dynamique qu’un espace. »

« Ça s’appelle ‘espace de vie sociale’ mais c’est plus une dynamique qu’un espace. »

La dynamique en question, reconnue et cofinancée par la Caisse d’allocations familiales, a pour objectif général de favoriser le vivre-ensemble. « Plus spécifiquement ici, nous avons identifié le besoin de développer le pouvoir d’agir et de rompre l’isolement, explique l’animatrice. C’est pourquoi nous développons des activités rassembleuses, intergénérationnelles ou favorisant l’interconnaissance. Par exemple des ateliers couture, strap-booking, ou du yoga. Nous voulons aussi créer des ateliers numériques. Et nous prévoyons d’avoir un point numérique avec un ordinateur et une photocopieuse. » L’arrivée de la fibre optique, justement en cours de déploiement dans la commune, tombe à pic pour encourager les personnes peu familières d’internet à s’initier.

Le rôle d’Alexandra sera à la fois de gérer le lieu, d’encourager les initiatives, d’accueillir les demandes, d’orienter les habitants selon leurs besoins.

Dans la future salle d’animation, Alexandra renseigne les visiteurs lors de l’inauguration, en s’appuyant sur un diaporama qui retrace en images les étapes du projet, des réunions participatives aux travaux.

Une belle salle aux poutres apparentes, pas trop grande afin de rester chaleureuse, a été aménagée pour accueillir aussi bien des réunions que des activités manuelles, de bien-être, associatives… Elle est complétée par des recoins qui pourront accueillir des personnes en coworking. « Nous avons déjà des personnes intéressées : des autoentrepreneurs qui ne peuvent pas travailler chez eux car ils ont des familles. Nous n’avons pas encore déterminé sous quels systèmes d’abonnement ou de réservation nous allons les accueillir. Ce sera à étudier en fonction des premiers besoins », poursuit Alexandra.

« C’est donc une opportunité supplémentaire de maintenir de la vie dans le village. »

Quant au dernier étage, mansardé, encore vide mais dont on perçoit le potentiel, il s’agit d’un appartement ordinaire, si ce n’est qu’il partage une entrée commune avec l’espace de vie sociale. Ce logement, qui sera prochainement à louer, s’ajoute à d’autres opérations de réhabilitation de maisons dans le bourg et répond à un autre souci que l’animatrice me détaille : « Il y a un enjeu de logement rural de qualité, car la situation de l’immobilier est tendue en raison de la nécessité de limiter l’artificialisation et de la présence de nombreuses résidences secondaires. C’est donc une opportunité supplémentaire de maintenir de la vie dans le village. »

Sur une autre expérience réussie de tiers-lieu, à une échelle un peu plus importante, lire aussi le reportage : « Médiathèque de Lezoux : les héros ne sont pas fatigués »

« Conversation x Maxime Fritzen »

Pour inaugurer notre nouveau format, nous avons la joie de recevoir Maxime Fritzen, co-directeur de l’Union des Épiceries Solidaires (UGESS).

Jeudi 12 févier (18h-19h) à la librairie des Volcans à Clermont – tous publics, gratuit et en accès libre

Financé à 80 %

Maintenant que nous avons visité les lieux, il reste à préciser quelques informations non négligeables pour qui veut comprendre (ou reproduire) toute la vertu du projet.

Tout d’abord, Rachel Bournier a rappelé dans son discours, le « choix de la sobriété » et du respect de l’environnement : « en optant pour une rénovation plutôt qu’une construction neuve, en privilégiant le réemploi et les solutions écologiques », comme le chauffage de tout le bâtiment par une chaudière à pellets, ou l’isolation en laine de chanvre et laine de bois.

Rachel Bournier a souligné les choix volontaristes du projet : que ce soit en matière d’environnement ou de coconstruction participative.

Ensuite, la mobilisation des soutiens et des accompagnements. Sur un budget de 700 000 euros, l’élue a indiqué que la commune avait pu réunir 80 % de financements apportés par l’État, la Région et le Département, ainsi que l’apport en ingénierie de projet de l’association nationale Bouge Ton Coq, dont la vocation est résumée sur son site internet, notamment en ces termes : « Nous accompagnons les collectivités, les bénévoles et les partenaires locaux pour faire émerger des projets utiles, simples et durables. »

D’autres soutiens à la commune sont venus renforcer l’élan collectif, comme la labellisation Villages d’avenir, ou l’appui de l’association InSite pour accueillir des volontaires en mission de service civique.

Un projet pour le territoire

Enfin, la Bacholle est aussi, selon les belles formules du discours de Rachel Bournier, « une pierre dans un édifice plus important », au centre d’« une petite république qui s’émancipe ». Le tiers-lieu apparaît comme un outil central pour l’action collective dans la commune, mais aussi au-delà. Marie-Odile souligne ainsi que « des habitants des communes environnantes se sont engagés dans l’association, et il est bien spécifié que le lieu n’est pas que pour les Sauviatois. On espère que des gens viendront de plus loin, au moins pour des concerts ou des événements. »

La maire, elle aussi, soulignait que « l’espace de vie sociale travaille pour un territoire, et s’inscrit dans un réseau à l’échelle de la communauté de communes. » Il sera un relais d’autant plus précieux que les problématiques auxquelles il répond sont largement partagées dans les zones rurales et montagnardes du Livradois-Forez.

« Il est bien spécifié que le lieu n’est pas que pour les Sauviatois. »

S’il fallait s’en persuader, le nombre d’élus des environs présents à l’inauguration et la précision des questions qu’ils ont posées en témoignaient. C’était le cas, par exemple, du maire de Saint-Victor-Montvianeix et d’un candidat de sa prochaine liste, en recherche d’inspiration pour leur propre projet de tiers-lieu. Un projet qui semble avoir encore plus de sens dans une commune dont les données géographiques racontent à elles seules la difficulté à créer une cohésion : « Notre territoire est très étendu et pour 260 habitants, nous avons une soixantaine de hameaux et pas de centre », résument-ils.

Place à l’action des habitants

Quant à Eric Dubourgnoux, conseiller départemental des Monts du Livradois, il a récolté des informations sur le quatrième espace de vie social labellisé dans son canton, pour pouvoir orienter les habitants qui viennent le voir lors de ses permanences. « Avec ces structures, on anticipe sur des problèmes qui pourraient devenir plus graves », se réjouissait-il en découvrant les lieux et les services.

Le temps du verre partagé et des petits fours : un avant-goût de la convivialité qui doit présider à la destinée de la Bacholle.

Et maintenant ? Passé les petits fours, il reste une dernière ligne droite avant l’ouverture « pour de vrai ». Les derniers équipements à installer, y compris une belle enseigne en cours de finition. Surtout, indispensable formalité, la visite de la commission de sécurité est attendue pour très bientôt. « J’aimerais qu’on puisse ouvrir le 1er février, mais je ne me risque plus à annoncer une date. On a eu trop de reports à annoncer… », confie Marie-Odile.

« On anticipe sur des problèmes qui pourraient devenir plus graves. »

Et Rachel Bournier, que j’interroge vers la toute fin de l’événement de lancement sur son appréciation de ce moment charnière, conclut : « C’est l’étape de la passation de relais à la population. On a accompli un bout du chemin et livré un bâtiment fonctionnel. Je suis heureuse d’avoir embarqué dans ce projet des habitants qui se sont structurés. Il y a eu une vraie coconstruction de la politique publique et la municipalité va continuer à être partenaire et facilitatrice. Mais le changement qu’apportera le lieu ne va pas venir de nous ; mon souhait est qu’il vienne d’habitants de plus en plus nombreux du territoire, y compris au-delà de la commune. »

Pour en savoir plus et pour s’informer du fonctionnement et de la date d’ouverture, on consultera le site de la mairie de Sauviat, ainsi que la page Facebook de l’association Biscotte.

Reportage (texte et photos) Marie-Pierre Demarty, réalisé samedi 17 janvier 2026. À la une : le tiers-lieu La Bacholle le matin de son inauguration, au moment où les gens commencent à se rassembler..

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