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Le pourquoi et le comment [cliquer pour dérouler]
Je n’aimais pas trop l’idée. C’est moche, ces arbres ratiboisés, comme on les voit notamment en ville ou dans les jardins, avec leurs bourrelets qui ont l’air d’articulations enflées par des rhumatismes. On en aurait mal pour eux. Et vous m’accorderez qu’il est plutôt contre-intuitif de penser que débarrasser un arbre de toutes ses branches, tous les cinq à dix ans, peut lui faire beaucoup de bien.
Mais quand je n’aime pas une idée dont j’entends dire le plus grand bien par les meilleurs spécialistes du sujet, je n’en reste pas là. Je vais y voir de plus près.
Et une fois de plus, un constat : ce que faisaient nos ancêtres depuis des siècles, et qu’on a abandonné en se croyant plus malins qu’eux, avait plein de vertus. Y compris celle de procurer du bois de chauffage sans abattre l’arbre.
Il y a des savoir-faire qu’on a plutôt intérêt à ne pas perdre…
Marie-Pierre
Trois infos express [cliquer pour dérouler]
- Les arbres têtards ou trognes sont des arbres dont les branches sont coupées au ras du tronc, à intervalles réguliers de quelques années. Cette technique ancestrale permettait d’obtenir du bois de chauffage sans abattre les arbres ; les feuilles étaient utilisées pour la litière et pour nourrir les troupeaux. Elle est favorable à la biodiversité, permet de fortifier l’arbre et même de prolonger sa vie.
- Les trognes ont été abandonnées il y a une soixantaine d’années, avec l’évolution des techniques agricoles et des modes de chauffage. Mais les agriculteurs qui souhaitent retrouver plus d’autonomie et des méthodes plus respectueuses de l’environnement recommencent à s’y intéresser. Le Conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne a mené un programme d’inventaire des anciennes trognes existantes, de sensibilisation et de formations, dont la dernière a eu lieu fin février à Lapeyrouse, dans les Combrailles.
- Ce stage a permis à une dizaine de personnes de découvrir la longue histoire des arbres têtards, la façon de créer ou de restaurer des trognes, de les tailler, de les utiliser… Avec pour recommandation première d’opérer en fonction des besoins de la ferme. La partie « pratique » de cette matinée a permis de découvrir les choix d’arbres têtards de Sylvain Pouvaret, producteur d’arnica, d’assister à une démonstration de « remise en trogne » d’un frêne, et de contempler un majestueux tilleul, classé « arbre remarquable », potentiellement la plus ancienne trogne de France encore vivante.
On connaît les platanes ratiboisés en ville par des élagages sévères, qui donnent à certains boulevards des allures sinistres au sortir de l’hiver. Mais avant de devenir un phénomène urbain, les arbres têtards ou trognes ont été très longtemps une pratique agricole répandue. Et même si ça dérange un peu quand on aime que les arbres soient laissés tranquilles le plus possible, cette façon de tailler à ras certains arbres, à intervalles réguliers, apparaît vertueuse à plein d’égards, y compris pour les rendre plus résistants et prolonger leur vie.
C’est ce que s’efforce de faire savoir le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) d’Auvergne, à travers un projet qui aura duré deux ans et demi et qui se termine ce printemps. Il a multiplié les actions, allant d’un inventaire participatif à la mise en œuvre de chantiers de restauration, en passant par des conférences et des formations visant notamment à convertir des agriculteurs.
Tout se tient
La dernière session de ces rendez-vous avait lieu par une belle matinée de fin février dans les Combrailles, plus précisément dans le village de Lapeyrouse et sur les terrains de Sylvain Pouvaret, producteur d’arnica et administrateur du CEN.
Lieu tout indiqué parce que tout se tient : lui-même, néo-adepte de cette pratique, a commencé à la relancer et a repéré des arbres qu’il souhaite remettre en production de bois. Également membre du réseau Paysans de Nature, il a mobilisé d’autres productrices et producteurs de ce réseau dont le principe est de faire collaborer des agriculteurs avec des naturalistes et associations de protection du Vivant. Et aussi, comme décidément tout se tient, parce qu’il a hérité avec ses terrains d’un arbre remarquable : un tilleul de 400 ans environ, estime-t-il, qu’il a identifié comme « probablement la plus ancienne trogne de France encore vivante ».

Avant d’aller découvrir cette merveille et le projet agro-environnemental qui l’entoure, il faut commencer par comprendre ce qu’est une trogne, à quoi elle sert et comment la créer, la conduire, l’utiliser. Car cette pratique porte en elle toute une longue histoire, un imaginaire, un savoir-faire, une ressource économique et écologique. Autant dire la panoplie complète attachée à une mémoire à perpétuer.
Tailler sans tuer
Plaçons-nous pour cela parmi les participants de cette formation et écoutons Pierre Bordage, de la Mission Haies, chargé de la partie théorique de la matinée. La Mission Haies étant une association dédiée à l’accompagnement des agriculteurs et des collectivités dans la gestion des haies et des arbres champêtres. Exactement le public de cette formation.
« Les arbres têtards sont des arbres taillés de manière répétée pour obtenir du bois en gardant un tronc vivant », énonce-t-il, faisant référence au grand spécialiste Dominique Mansion, pour poursuivre avec ce complément de définition : ce sont des arbres façonnés par l’homme, dans une pratique ancestrale, vieillissants, et favorables à la biodiversité car excellents candidats à devenir des « arbres habitats ».

Couper les branches à la base ne tue pas l’arbre, qui est équipé pour soigner ses blessures : il produit un bourrelet pour les recouvrir, qu’on appelle improprement bourrelet cicatriciel, et qui limite l’intrusion des maladies et parasites. D’année en année, ce bourrelet s’épaissit et forme de gros nœuds ou « têtes de chats ». Si la coupe est bien pratiquée, les bourgeons dissimulés à la base de la branche, prêts à prendre la relève, se lancent dès la montée de sève printanière dans la reconstitution du houppier.
Longue histoire
L’histoire de ces trognes est connue et précisément datée, nous enseigne Pierre Bordage, qui précise d’emblée qu’elles « n’existent pas naturellement » et qu’elles sont nées au Moyen-Âge : « Elles ont pour origine une loi qui existe encore, stipulant que pour les arbres se trouvant sur les terres agricoles, le tronc appartient au propriétaire et les branches appartiennent au fermier. Celui-ci a ainsi commencé à récolter les branches pour se chauffer. » Et ça s’est perpétué…
Jusqu’à ce que les modes de vie modernes, le remembrement, l’élevage intensif et le chauffage au fuel pas cher fassent tomber en désuétude ces techniques de taille d’un autre âge. « Plus personne ne continuait à pratiquer cette taille dans le Puy-de-Dôme, où nous avons réalisé l’inventaire, me précise Lucie Le Corguillé, animatrice du projet pour le CEN. Certains agriculteurs rencontrés l’avaient vu faire par leur père, mais n’ont pas continué eux-mêmes. Donc leur abandon est parfois récent, mais ça n’existait plus. »
« Le tronc appartient au propriétaire et les branches appartiennent au fermier. »
Les têtards subsistants sont redevenus chevelus, presque des arbres ordinaires dans le paysage. Mais pour qui cherche à les identifier, ils restent reconnaissables aux boursouflures à hauteur du départ des branches, et à un port étrange : tronc trop court, branches trop maigres, poussant quasiment à la verticale.
Le bois et la feuille
À quoi servaient-ils du temps de leur utilité ? Et pourquoi leur redonner un usage ? « C’est un arbre qui va produire beaucoup de biomasse rapidement », explique Pierre Bordage. Y compris sur de jeunes arbres : après chaque coupe, ils redoublent d’énergie pour développer leurs branches. « Plus vous lui coupez la tête, plus vous prolongez sa phase de pousse juvénile, comme si vous aviez des branches adolescentes sur un tronc de vieillard », poursuit l’intervenant.


Il est donc précieux comme bois de chauffage, car il permet de récolter du bois sans faire mourir l’arbre. Les petits rameaux étaient utilisées en litière pour les troupeaux, et le feuillage destiné à les nourrir, autrefois séché pour la période hivernale, aujourd’hui encore dans certaines régions, « plutôt sous forme de feuilles fraîches, en fin d’été, pour économiser du foin, poursuit-il. C’est ce qu’on appelle ‘faire la feuille’. »
« Plus vous lui coupez la tête, plus vous prolongez sa phase de pousse juvénile. »
Tout plein d’intérêts, donc, pour les pratiques agricoles qui cherchent à renouer avec davantage d’autonomie. Ils apportent de l’énergie bois et, sinon de la litière, aujourd’hui du broyat pour pailler les cultures et une « feuille » bienvenue à l’heure où le dérèglement climatique réduit les quantités d’herbe et de foin.

Plus robuste, plus utile
On apprend bien d’autres choses en écoutant un exposé théorique sur ces arbres compagnons des humains. Par exemple que « les coupes répétées produisent des cavités, des creux, du bois mort à l’intérieur, qui offrent des habitats à une faune très diverse. » Seront cités les insectes saproxyliques (justement ceux qui se nourrissent de bois mort), les écureuils, les chauves-souris, les chouettes, des oiseaux diurnes qui trouvent dans ces bourrelets des bases stables pour construire leur nid…
Je vais passer vite sur les techniques de taille qui sont… très techniques. Retenons tout de même qu’on coupe les branches « environ tous les cinq ans sur un arbre jeune » et qu’il convient, pour être efficace, de ne laisser aucune branche : « Il faut tout couper, en faire un poteau ».

Il est possible de créer un têtard à partir d’un tout jeune arbre ou d’une ancienne trogne à « remettre en route », de choisir un arbre vieillissant dont cette taille radicale a le potentiel de prolonger la vie. Elle peut aussi les aider à lutter contre le dérèglement climatique ou contre les ravageurs, comme la chalarose du frêne qui déboule sur notre territoire.
« Il faut tout couper, en faire un poteau. »
Justement le frêne fait partie des essences qui se prêtent bien à cette pratique, tout comme le saule, le peuplier noir, le charme ou le tilleul. Pierre Bordage avertit que ça ne fonctionne pas du tout sur les arbres fruitiers, à l’exception des châtaigniers. « Sur les chênes : prudence. Sur les hêtres, je recommande plutôt de les conduire en cépées, ou autant que possible de les laisser tranquilles car ils sont fragilisés par le changement climatique », précise-t-il.
Sa conclusion, que reprend Lucie Le Corguillé, est de choisir les essences, les tailles et les coupes à effectuer « en fonction de l’état de l’arbre et des besoins de l’agriculteur ».


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Un doyen majestueux
La visite de la ferme de notre hôte allait nous en montrer quelques cas pratiques. Même si ce n’est pas la première trogne qui nous est présentée, faisons honneur au plus ancien : un majestueux tilleul, classé « arbre remarquable », qui trône au milieu des parcelles acquises par Sylvain Pouvaret pour cultiver l’arnica. Cet arbre au tronc court, mais de plus de 7 mètres de circonférence, avec sa couronne de branches élancées à l’assaut du ciel, a l’allure caractéristique d’une ancienne trogne, maintes fois ratiboisée, puis laissée sans taille depuis une soixantaine d’années.
Il va de soi qu’il ne sera pas remis en têtard, mais va poursuivre sa vie pluri-centenaire, au centre de cet espace où le végétal naturel est largement accueilli, et que le propriétaire a souhaité gérer en partenariat avec le CEN.
En s’approchant de ce doyen géant, on comprend mieux la notion d’arbre habitat. Une colonie de soldats, ces insectes en uniforme rouge et noir, s’est installée sur une petite zone du tronc où se développe un lierre timide. Plus haut à la jonction des moignons massifs et des branches plus fines, on devine de multiples creux, replis, cachettes, et même des réceptacles pouvant faire office d’abreuvoir. Plus haut encore dans la ramure, les premiers chants d’oiseaux et les marques laissées par le bec puissant des pics épeiches témoignent d’une occupation aérienne.

Selon les besoins
Aux alentours de cet ancêtre, sur un domaine de 4 hectares, Sylvain Pouvaret a choisi de mettre ou remettre en trogne une vingtaine d’arbres, dont certains très vieux et d’autres beaucoup moins. Il se dit d’abord attaché à l’intention de multiplier les micro habitats pour favoriser la biodiversité. Mais aussi, explique-t-il : « J’ai installé une chaudière à granulés et j’aimerais être plus autonome pour le chauffage. J’utilise aussi du broyat pour pailler mes cultures d’arnica. »
Plus ponctuellement, s’ajoute un intérêt spécifique à ébrancher un arbre ou un autre. Exemple avec ces deux grands arbres voisins, un chêne et un frêne, qui n’avaient jamais été conduits en trognes auparavant. L’agriculteur avait installé une serre à leur pied avec une intention précise : « Je l’ai placée ici pour l’arnica des montagnes, qui a besoin d’ombre. Mais l’ombre de ces deux arbres s’est révélée trop hétérogène pour convenir, d’où l’idée de les mettre en têtards, avec l’objectif de couper tous les 5 à 10 ans. »

Plus loin, c’est un chêne qui pousse très près d’un vieux muret, avec le dilemme de devoir couper des arbres ou sacrifier ce bâti patrimonial accueillant lui aussi une biodiversité spécifique. Ailleurs, le choix d’un arbre ou d’un autre répond à un plan de gestion raisonné, pour trouver le meilleur équilibre possible entre les nécessités de l’activité « paysanne », comme il le revendique, et l’accueil d’une faune et d’une flore sauvages les plus riches possible.
Comment tailler
On verra encore d’autres trognes et cépées vigoureuses dans des haies. Ou deux arbres isolés convertis en têtards il y a un an, mais dont les branches nouvelles n’ont fait que de timides poussées. « C’est un peu décevant. Peut-être étaient-ils déjà trop vieillissants ou malades », commente Pierre Bordage. Où l’on comprend que le Vivant n’est jamais une science exacte.

Dernier aspect pratique et non des moindres : les participants à la matinée de formation ont pu assister à une double démonstration de transformation d’arbres en trognes, grâce à la présence d’un arboriste. Thibaud Detoisien, à la demande du propriétaire, s’en est pris à une ancienne trogne, un frêne assez haut sur tronc, bon candidat pour procurer un volume de bois intéressant. Harnaché et muni de sa tronçonneuse, recoupant les branches en deux fois pour s’assurer de laisser des coupes nettes et propres, il a dénudé l’arbre en 20 minutes à peine. Laissant à son pied de quoi alimenter la chaudière pour une partie non négligeable de l’hiver prochain.
Et pour compléter la démonstration, Sylvain lui a fait tailler un tout jeune chêne, encore frêle, qui viendra agrandir la collection.
Il est intéressant de noter que cette formation a réuni des agriculteurs et (encore plus) agricultrices aux pratiques déjà très ouvertes à l’accueil de la biodiversité, et qui ne demandent qu’à ajouter celle des arbres têtards. Par exemple Hélène, productrice de plantes médicinales « sur une ancienne friche boisée, plus ou moins en forêt-jardin, avec des haies en libre évolution où une taille est nécessaire », expose-t-elle ; ou Flora, éleveuse, qui témoigne : « On a plein d’arbres pas taillés et on ne sait pas comment faire ».
« On a plein d’arbres pas taillés et on ne sait pas comment faire. »
Mais il y avait là aussi des représentants de la LPO et de la Chambre d’agriculture, signe que le sujet commence à mûrir. Et même une élue de la communauté d’agglomération de Montluçon, en charge de la biodiversité et de la gestion de l’eau, curieuse de se former à des approches qui peuvent contribuer à valoriser et préserver les zones humides.

Préserver un savoir-faire
Pour Lucie Le Corguillé, les deux années et demi de l’opération ont permis une sensibilisation efficace, au moins « pour le public des agriculteurs qui se posaient déjà des questions », et pour valoriser l’intérêt écologique de cette pratique. Le CEN Auvergne avait lancé le projet « parce qu’on était plusieurs à être curieux et intéressés par ce sujet, plein d’histoire, avec un intérêt écologique et paysager », explique-t-elle, ajoutant qu’il s’agissait aussi de profiter de l’opportunité d’un appel à projets, complété par le Fonds Vert et par la Région.
« Il ne s’agit pas de faire de la trogne pour faire de la trogne. »
« L’objectif était d’abord de ne pas perdre le savoir-faire, et de créer du lien autour d’une dynamique de renouvellement qui ait du sens, poursuit-elle. Car il ne s’agit pas de faire de la trogne pour faire de la trogne, mais de répondre à des besoins comme le bois, le broyat, le paillage… ou d’avoir une alternative à la coupe pour un arbre menaçant ou fragilisé. »
Objectif atteint aussi avec un inventaire participatif qui a permis de recueillir une abondance de données, témoins d’une pratique qui a été autrefois très commune : à ce jour (car la plateforme de recueil des informations reste ouverte), 6500 arbres ont été recensés dans le Puy-de-Dôme, dont 5800 dans des alignements qui favorisent la circulation de la faune.
Où l’on mesure que la trogne a un beau passé. Aura-t-elle aussi un grand avenir ?
| Pour en savoir plus sur le projet « Têtards et trognes aux pays des volcans », consulter la page dédiée sur le site internet du CEN Auvergne. Pour participer à l’inventaire, c’est ici. |
Reportage (texte et photos) Marie-Pierre Demarty, réalisé mardi 24 février. À la une : Thibaud Detoisien, arboriste, remet en trogne un frêne dont les tailles régulières avaient été abandonnées, sur les terres de Sylvain Pouvaret.
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