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Le pourquoi et le comment [cliquer pour dérouler]
J’ai découvert Amandine d’abord par son spectacle. Comme je le raconte dans l’article, c’était à l’occasion de l’inauguration d’une exposition dont le sujet me paraissait bien dans la ligne de ce qui me semble important à valoriser. J’ai évoqué brièvement l’expo ici, elle était assez intéressante, mais une brève me semblait suffisante pour envoyer mes lecteurs la voir s’ils étaient intéressés. J’allais surtout à cette inauguration pour entendre ce que les participants de la table ronde inaugurale avaient à dire sur le sujet : Patrick Henry, le commissaire de cette exposition, Stéphane Cordobes, directeur de l’AUCM, et Simon Teyssou, architecte et ancien directeur de l’École d’archi où ça se passait. C’était intéressant aussi, mais ce n’est pas dans les habitudes de Tikographie de relater toutes les tables rondes qui nous intéressent (hormis celles que nous organisons, bien sûr).
Et puis avant la table ronde, il y a eu cet Ovni : « Chicon-la-Vallée ».
Non seulement c’était intéressant, mais c’était aussi drôle et ingénieux, pédagogique sans être ennuyeux, très léger tout en parlant de choses graves et importantes. Et tellement plus original que des panneaux d’exposition ou une table ronde, pour dire à peu près la même chose.
Vous vous en doutez, ça m’a donné envie de rencontrer cette improbable comédienne-urbaniste.
Et de continuer à manger des yaourts.
Douceur garantie dans les deux cas… Et nous avons tant besoin de douceur !
Marie-Pierre
Trois infos express [cliquer pour dérouler]
- Originaire du nord de la France, Amandine Fluet a installé sa compagnie de théâtre, La Voyette, à Clermont il y a un an et demi. Avec une formation et un début de parcours en urbanisme, elle veut sensibiliser par le spectacle aux questions et problématiques d’urbanisme, en utilisant l’humour et le masque, en investissant l’espace public et les lieux de débat sur les territoires.
- Son spectacle « Chicon-la-Vallée » raconte l’histoire d’une ville moyenne aux prises avec ses difficultés et les injonctions contradictoires pour en sortir : désertification, étalement urbain, déclin économique, fausses solutions… Le spectacle donne à voir l’évolution de la ville grâce au déploiement d’une armada de pots de yaourts. La comédienne seule en scène endosse de nombreux personnages parodiés avec finesse grâce à l’expérience de son ancien métier. Surgit aussi une belle figure carnavalesque : la ville elle-même, personnifiée sous les traits d’une dame bourgeoise légèrement extravagante, portant masque et perruque de comédie.
- Deux autres spectacles annoncés par la compagnie : l’un, prêt à la diffusion, sur l’irruption de la nature dans les problématiques de l’urbanisme, l’autre, en répétition, sur la ville à hauteur d’enfant. Amandine s’adapte aussi à des demandes sur-mesure et pratique la médiation culturelle, un volet important dans son rapport au territoire et l’ancrage de son travail dans la réalité du vécu des gens.
Chicon-la-Vallée est la ville moyenne type. Avec son centre ancien groupé autour de son clocher, ses habitants ancrés là depuis des générations et ses nouveaux venus, ses jeunes qui s’en vont, ses familles qui s’agrandissent et qui aspirent à emménager dans un petit pavillon avec jardin. Et donc ses lotissements qui s’étalent ici, sa zone commerciale qui fleurit là, ses immeubles qui poussent comme des champignons après la pluie…
Chicon-la-Vallée est aussi une dame aux allures bourgeoises, avec sa perruque toute en boucles, son tailleur chic et son petit carré de soie autour du cou. Affublée d’un beau masque de comédie, elle défend son attractivité en chantant, mais accuse les douleurs d’une ville provinciale qu’on a trop vidée, puis trop remplie, qu’on a défigurée à grands renforts de béton, à qui on a demandé tout et son contraire…

Chicon-la-Vallée est encore un assortiment de pots de yaourt figurant une maquette évolutive et très didactique : petits suisses colorés pour le centre-ville, yaourts nature uniformes pour les alignements de pavillons, gros pots de fromage blanc pour les supermarchés. Et cette gourde au milieu de l’agglomération ? « Ça, c’est l’église », précise la comédienne en la replaçant au centre après s’être permis une rasade d’eau au milieu du spectacle.
Personnages bien campés
Car « Chicon-la-Vallée » est d’abord un spectacle. Imaginé, emmené, animé, incarné par une comédienne seule en scène, Amandine Fluet, fondatrice de la compagnie La Voyette. Seule en scène ou en n’importe quel endroit qui peut en tenir lieu : une place de village ou une école, une salle des fêtes, un café… Car le spectacle, très drôle, a aussi une vocation pédagogique : celle de raconter les problèmes, incohérences et dérives de nos façons d’occuper l’espace, d’artificialiser les sols et d’étaler sans retenue nos constructions humaines.
Pour ma part, je l’ai vue dans un amphi de l’École d’Architecture de Clermont, face à un public bien particulier constitué d’un « gratin » de spécialistes de l’urbanisme et de l’aménagement urbain, réuni pour le vernissage d’une exposition sur la « sobriété foncière »… Public pas facile, mais il a manifestement apprécié, y compris le passage où Amandine parodie tour à tour la pléiade de personnages parmi lesquels ils se sont peut-être reconnus : le maire, le préfet, le bureau d’études, l’architecte des Bâtiments de France et tous ceux qui donnent leur avis pour l’élaboration d’un plan local d’urbanisme.

Avec une justesse des personnages que tout le monde aura relevée sous la drôlerie. Et pour cause : il y a un peu plus de dix ans, Amandine travaillait dans un bureau d’études d’urbanisme des Hauts-de-France, sa région d’origine. Elle a été, durant six ans, un de ces personnages qu’elle s’amuse aujourd’hui à caricaturer, et qui côtoyait tous les autres.
Elle y a travaillé d’abord avec enthousiasme, après avoir découvert le métier durant un stage et bifurqué dans ses études : « Je l’avais perçu comme une activité complète pour faire de la politique au sens noble, pour faire bouger les lignes », se souvient-elle.
Quitter le bureau
Quelques années et plans locaux d’urbanisme plus tard, les désillusions sont à la hauteur de l’enthousiasme initial : « Je racontais des choses absurdes. Par exemple, aller porter le discours sur la réduction de la place de la voiture individuelle, que je partage, mais qui n’a pas de sens quand la gare la plus proche est à 45 minutes. Je ressentais que ces politiques étaient de plus en plus coupées du terrain, et par ailleurs, je constatais plein de formes d’écœurement, parce que les gens du terrain n’ont pas la main pour faire bouger les choses. »
« Je racontais des choses absurdes. »
À cette époque, Amandine compense ses frustrations en s’essayant au théâtre amateur, aux côtés de plein de gens différents : « C’était magnifique », dit-elle, alors que nous en discutons quelques jours après l’inauguration de l’expo, à la pause de son dernier jour de résidence : elle était accueillie pour une semaine à la Comédie de Clermont pour travailler à son prochain spectacle.
Car entre-temps, Amandine a franchi le pas. Elle abandonne son bureau d’études en 2015 et « sur un coup de tête, ce qui n’est pas du tout dans mes habitudes », précise-t-elle, elle monte à Paris pour deux années de formation au théâtre et à la création artistique.
Raccourci
Comme souvent quand ça se passe bien entre camarades de promotion, elle participe ensuite à la création d’un collectif où elle se sent assez vite en décalage avec des comédiens intéressés par d’autres formes de recherches artistiques. Amandine, pour sa part, est restée un peu urbaniste et un peu idéaliste : « J’adore toujours le métier d’urbaniste, sinon j’arrêterais d’en parler. »

Mais elle veut en parler autrement, plus exactement faire bouger les lignes d’une autre manière. « J’avais une grosse envie de parler d’aménagement du territoire. Je voulais aussi donner du sens à la médiation, travailler à des projets de territoire mettant la relation aux habitants au centre de la démarche. C’était tellement évident que mon entourage m’a poussée à créer ma compagnie. En plus, j’ai eu l’opportunité d’un contrat local d’éducation artistique. » Il s’agit d’une résidence immersive, bien financée, y compris sur la préparation, avec une exigence dans le rapport aux habitants qui lui convenait bien. Ça se passait dans le paysage des corons et des terrils de l’agglomération d’Hénin-Carvin. Et c’était en 2020, histoire de corser par une pandémie le démarrage d’un projet artistique singulier.
« J’adore toujours le métier d’urbaniste, sinon j’arrêterais d’en parler. »
Ainsi est née la compagnie La Voyette, du nom qu’on donne dans le bassin minier lensois aux petits chemins à travers champs… ou aux raccourcis à travers les ruelles et passages discrets entre les maisons. Amandine avait trouvé son raccourci vers la sensibilisation aux choix d’urbanisme et à leurs conséquences.
Chicon-la-Burlesque
La suite est à la fois classique et très spécifique. Amandine enchaîne la création de plusieurs spectacles, les résidences ancrées dans un territoire, les interventions sur-mesure. Il y a quatre ans, elle opère à titre personnel quelque chose comme un rapprochement de conjoint et s’installe dans le Puy-de-Dôme. Sa compagnie prend officiellement le même chemin un peu plus tard, en 2024.
« Le masque, par son côté carnavalesque, permet de libérer la parole. »
Et Amandine, entre les hauts et les bas, fait surgir notamment Madame Chicon-La-Vallée, d’abord dans le spectacle qui porte son nom, créé en 2021. Puis la dame-ville s’en échappe pour s’en aller intervenir avec son nez de bois, sa voix haut perchée et ses émotions de ville moyenne déboussolée, dans des contextes singuliers : un séminaire de cadres de collectivité, des écoles, des concertations d’habitants. « Elle est partout, elle est à elle seule tout un univers. Elle a même fait une fausse interview pour une revue d’urbanisme très sérieuse », rigole la comédienne.

Ce succès reflète ce que la compagnie souhaite défendre et partager : « Le masque, par son côté carnavalesque, permet de libérer la parole. On se moque des gens, mais gentiment, pour mieux passer à autre chose au-delà de nos absurdités. Avec cette entrée en matière, le dialogue est plus facile », constate la comédienne.
Susciter l’empathie
Il s’agit pour elle et son équipe de « faire comprendre le bien commun » et d’amener les personnes à comprendre les ressentis : « C’est plus facile de créer de l’empathie pour une ville moyenne personnifiée que pour du béton. Et on invite les spectateurs à se mettre à la place des autres », ajoute Amandine.
Recette pour y parvenir : distribuez les rôles. Au début du spectacle, qui commence comme une sorte de conférence d’urbaniste, la comédienne désigne des petits groupes de spectateurs qui auront à faire entendre la voix des habitants de Chicon : qui les nouvelles familles, qui les jeunes, qui les habitants historiques.
« Y’a plus de place, ça ressemble plus à rien ! »
Une façon ludique de mieux comprendre les besoins contradictoires de gens qui se côtoient sans se connaître, qui répondent à des trajectoires personnelles sans voir qu’elles peuvent percuter d’autres aspirations, sans comprendre que l’extension urbaine rogne sur les terres nourricières ou sur les espaces naturels. « Y’a plus de place, ça ressemble plus à rien ! » se désespère Madame Chicon à un moment du spectacle, démunie face à l’invasion des pots de yaourt.
Du vécu
Les pots de yaourts, comme le masque, « c’est l’idée de mon metteur en scène, Pierre Yvon », précise Amandine. Mais c’est elle qui a écrit le spectacle, où elle balaie avec tant d’humour et avec une grande clarté toutes les problématiques rencontrées par son ancienne corporation, et tous les slogans qui ont accompagné les modes du développement urbain. On passe du temps de « la ville à la campagne, où tout le monde est heureux », à celui de l’étalement pavillonnaire, puis du « temps de la résilience » à grands renforts de « rénovation, réhabilitation, requalification, revalorisation » à la « création d’un nouveau métier : le manager de centre-ville », et ainsi de suite.
Une fois tombé le masque, quand Madame Chicon-la-Vallée a laissé la place à Amandine Fluet, celle-ci observe : « Dans les réactions en fin de spectacle, j’entends souvent des gens me dire ‘Untel m’a traîné là mais c’est très vrai’, ou ‘ça me rappelle mon enfance’ ou ‘c’est mon vécu’. La prise de conscience se joue sur le fait que ça concerne tout le monde et c’est ce que je cherche. Ce spectacle, c’est la porte d’entrée pédagogique de la compagnie. »
« À un moment, la faune et la flore vont demander à avoir voix au chapitre. »
Car outre les projets sur-mesure, La Voyette a d’autres propositions dans sa manche. Ne serait-ce que le spectacle « Le Contournement », dont on voit bien aussi de quel vécu de nombreuses communes il s’inspire. Ce projet n’a pas pu prendre son envol pour des raisons personnelles sans rapport avec son intérêt, mais il n’a pas dit son dernier mot. « J’aimerais vraiment le reprendre. C’est une fable écologique pour quatre comédiens, qui jouent une multitude de personnages. Ça commence par un conseil municipal, avec le maire, le DGS, le président du Département… Et à un moment, la faune et la flore vont demander à avoir voix au chapitre », pitche Amandine avec gourmandise.
Venez avec vos adultes
Pour l’heure cependant, elle vient donc de finir une phase de répétition d’un autre projet, qui s’intitule « Kids rule the street » ou comment appréhender la ville à hauteur d’enfants. Elle l’a travaillé avec un chorégraphe, Franck Sammartano, et un musicien, Julian Le Garrec, mais aussi avec des conseillers artistiques bien raccords avec l’esprit de la compagnie : quelques enfants volontaires. « C’était une belle expérience, dit-elle. Nous avons voulu le coconstruire avec eux et nous avions lancé un appel disant ‘Venez avec vos adultes’, histoire d’inverser les rôles jusqu’au bout. »

Le spectacle aura aussi la particularité d’être conçu pour l’espace public : logique, quand on travaille des sujets d’urbanisme. Là aussi, une caractéristique de La Voyette : la compagnie questionne toujours cet aspect de « comment faire du théâtre aujourd’hui », comme le décrit Amandine : « C’est essentiel de réfléchir à ce qu’on raconte, comment on le raconte et où. Nos spectacles sont à chaque fois tout-terrain, avec peu de décor, des pratiques de sobriété… »
« Nous avons la liberté de pouvoir tout dire. »
Cette agilité lui permet de s’immiscer, avec ou sans le masque de Madame Chicon-la-Vallée, jusque dans des réunions animées par des collectivités, même quand les élus se font doucement bousculer par son intervention. Comme dans ce bilan théâtralisé d’une politique de la ville où elle se souvient avoir croqué des personnages avec une pointe de malicieuse ironie. « Il n’y avait pas que du positif, mais les élus qui nous invitent ne sont pas dupes. Ils comprennent plus de choses que ce qu’ils peuvent dire et ça les soulage plutôt qu’on les dise pour eux. Nous avons la liberté de pouvoir tout dire », explique-t-elle.
Comment la ville tient
Et voilà comment l’ex-urbaniste a retrouvé, à défaut de faire bouger les lignes, la jubilation de pouvoir pointer du doigt les errances et dérives de notre propension à artificialiser le monde. Comme dans ce passage où Madame Chicon-la-Vallée, dans le spectacle du même nom, égrène les fausses bonnes idées qui sont loin d’être toutes fictionnelles : « Un éco-quartier dans la forêt ? Remplacer une route sur deux par des plantations ? Implanter un gros entrepôt logistique ? Un centre administratif ? La smart city ! La gratuiterie ! Peindre toutes mes façades en rose ! »

Après ses six premières années de compagnie quasiment spécialisée sur l’aménagement du territoire, La Voyette pourrait bien aussi s’ouvrir à d’autres sujets, élargir la focale. Ne serait-ce que parce que les petits chemins et raccourcis la mènent aussi vers des ateliers d’écriture, des lectures théâtralisées et des activités de création littéraire qui n’ont pas toutes l’urbanisme pour sujet. « On n’exclut pas de faire autre chose, précise Amandine. Mais nous restons tout de même sur une réflexion autour de la notion d’habiter. »
« Ce qui fait choc aujourd’hui, ce ne sont plus les images violentes, c’est la douceur. »
Exemple avec une résidence qu’elle a menée à Cusset sous forme de carte blanche sur le sujet « qu’est-ce que Cusset ? » La réponse, elle l’a trouvée en s’immisçant dans la vie de la cité, avec des protocoles d’observation qu’elle s’est fixés. « Je suis allée dans tous les endroits de la ville ; j’ai fait la tournée des services techniques, des femmes de ménage, des cantinières, etc. J’ai cherché les petites choses du quotidien des personnes qui maintiennent la ville en vie. » Il en est résulté un long texte présenté lors d’une « contre-nuit des musées ».
Et un peu plus de clarté, s’il en était besoin, dans ce qui fait l’essence de son projet artistique, entre théâtre, clown, musique et travail du corps pour faire comprendre le monde. Projet qui se dessine dans les propos d’Amandine en conclusion de notre rencontre : « J’aimerais explorer ce qui fait qu’une ville tient. Il s’agit d’être dans des images chocs. Mais ce qui fait choc aujourd’hui, ce ne sont plus les images violentes, c’est la douceur, l’attention. C’est moins spectaculaire mais c’est le plus important : le soin, le lien, le dialogue. »
| Pour plus d’infos, consulter le site de la compagnie La Voyette. Prochaines représentations : « Chicon-la-Vallée » le 9 avril à la Médiathèque de Riom et le 13 mai à l’Espace à Thiers. Création de « Kids rule the streets » en mai 2027 au théâtre de Cusset. |
Reportage (texte et photos) Marie-Pierre Demarty, réalisé mardi 27 janvier (spectacle) et vendredi 13 février (entretien). À la une : Amandine Fluet, sur la terrasse du bâtiment de la Comédie de Clermont alors qu’elle y termine une résidence de travail de son prochain spectacle, dans un décor très « étalement urbain ».
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