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Le pourquoi et le comment [cliquer pour dérouler]
Tikographie ne traite pas (ou très peu) les sujets qui dépassent le rayon d’action de notre territoire. Mais cela ne veut pas dire que nous n’y sommes pas sensibles. Ils nous affectent, nous questionnent, nous perturbent. De façon générale, nous avons choisi de nous concentrer sur ce que nous pouvons aller vérifier de près et que vous trouverez peu dans les autres médias, avec une forte dose de mise en valeur des initiatives qui peuvent nous aider à construire localement la résilience.
Mais quand c’est un des scientifiques les plus reconnus de notre région qui dit les choses, avec une vision haute et claire de ce qui ne va vraiment pas, on ne peut qu’avoir envie de partager ses dires.
Dans le principe d’une carte blanche, ce texte n’engage que son auteur. Mais nous ne sommes pas très loin derrière. Voilà pourquoi nous vous proposons ce « petit supplément du week-end ».
Marie-Pierre
Au seuil d’une nouvelle année, il est de coutume de faire des vœux, de bons vœux bien sûr, pour sa famille et ses proches, mais aussi pour la bonne marche du monde. C’est aussi l’occasion de dresser le bilan de l’année précédente, notamment pour les préoccupations sociales, culturelles et environnementales qui fondent l’existence de nombreuses associations.
« Globalement, l’année 2025 correspond à un recul historique de nos principales préoccupations. »
Dans tous ces domaines, aussi bien au niveau du bilan que des perspectives, force est de constater que nous sommes d’un optimisme très mesuré, même si les associations ont poursuivi et poursuivront leur travail de recherche, d’information, de pression et d’opposition si nécessaire. Globalement, l’année 2025 correspond à un recul historique de nos principales préoccupations et cela à tous les niveaux de décision.
Au niveau national
La protection du vivant recule. À titre d’exemple, la loi Duplomb, votée en 2025 sans décrets d’application pour l’instant, propose l’autorisation de pesticides néonicotinoïdes dont on sait qu’ils sont nocifs pour la santé humaine et environnementale, soutient l’agriculture industrielle et intensive dans ses plus mauvaises dimensions et réduit les recours possibles pour des projets dévastateurs.
La protection de la biodiversité est également le dernier souci de nos gouvernants. L’Office Français de la Biodiversité, pourtant organisme d’État, n’a ni moyens ni soutiens lorsque des membres des syndicats agricoles les plus réactionnaires et les plus violents saccagent ses locaux.
« La protection de la biodiversité est également le dernier souci de nos gouvernants. »
Sous la pression inconsidérée d’éleveurs, le loup, espèce pourtant protégée, peut maintenant, sous certaines conditions, être détruit depuis le 1er janvier 2026. Le renard continue à être classé ESOD, Espèce Susceptible d’Occasionner des Dégâts, alors qu’il rend des services incalculables pour les agriculteurs en limitant le développement des micro-mammifères.

Avec des procédés moyenâgeux, d’une cruauté indescriptible, les blaireaux peuvent encore être déterrés et achevés à coups de pioche et de pelle. Le respect du vivant semble bien éloigné des préoccupations d’un certain nombre de nos concitoyens et de nos gouvernants.
Au niveau européen
Une alliance entre la droite et l’extrême droite a permis un démantèlement sans précédent du Green Deal et un recul inconsidéré des normes de durabilité des entreprises et de devoir de vigilance, au travers du paquet législatif Omnibus. La commission européenne s’apprête également à légiférer pour permettre un recul historique de la lutte contre le réchauffement climatique.
Au niveau mondial
La plus grande démocratie du monde est maintenant conduite par un pseudo-dictateur imbu de sa personne, affairiste, cupide, climato-sceptique et irrespectueux du droit international. Cet individu qui ne croit pas à la science (!) a supprimé les crédits de tous les organismes qui, aux USA, s’occupent d’environnement, de biodiversité et de questions sociales.
« L’opinion personnelle est maintenant au-dessus de la réalité scientifique. »
Au niveau international, il a retiré la participation et les crédits des USA à de nombreux organismes indépendants qui œuvrent pour l’intérêt général, comme le GIEC par exemple.
Plus globalement, parallèlement à la trumpisation du monde qui risque de s’étendre en Europe au gré des élections à venir, on note une remise en cause des acquis scientifiques et de la science elle-même. L’opinion personnelle est maintenant au-dessus de la réalité scientifique.
Par ailleurs
Pour que le libéralisme effréné puisse se développer sans frein, au bénéfice de quelques-uns, il est demandé, notamment en France, la suppression de la plupart des normes et des règlements. C’est la porte ouverte pour que la loi du plus fort, ou du plus riche, s’impose au détriment de l’intérêt général.
Preuve supplémentaire du recul des préoccupations environnementales, depuis plusieurs mois maintenant, vous ne retrouverez plus les termes « environnement » ou « écologie » dans les discours des politiques de tous bords et dans la plupart des médias.
« La protection fonctionne quand on se donne les moyens de protéger les espèces et leurs habitats. »
Cela dit, on peut quand même signaler quelques bonnes nouvelles, même si elles sont très rares. Ainsi, le WWF France estime que les effectifs des populations de vertébrés protégés en France métropolitaine ont augmenté de 120% en moyenne depuis 1990. Lorsque l’on protège l’habitat des espèces en déclin, celles-ci ont des effectifs qui évoluent à la hausse (vautour moine, outarde canepetière, moineau domestique, etc.). La protection fonctionne quand on se donne les moyens de protéger les espèces et leurs habitats.
En résumé, il est clair que nous intervenons maintenant dans un contexte très défavorable, mais il faut admettre que ce serait encore bien pire sans le monde associatif. Cela nous oblige donc à poursuivre, avec résolution, notre engagement au service du progrès social, culturel et environnemental.
Christian Amblard, vice-président du GREFFE
Texte proposé par Christian Amblard le 27 janvier 2026. Photo à la une Christian Amblard : un vautour fauve dans le Sancy. « Lorsque l’on protège l’habitat des espèces en déclin, celles-ci ont des effectifs qui évoluent à la hausse. » Ou bien le vautour serait-il (malgré lui) une métaphore de certains comportements humains ?…
Les articles de la rubrique « carte blanche » sont librement proposés par des personnes de l’écosystème local déjà publiés dans Tikographie, et soumis à la validation de la rédaction.
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